ACCOMPAGNEMENT DES MEDECINS GENERALISTES EN POSTE DANS LES ZONES RURALES AU BENIN : L’ultime recours pour faciliter l’accès aux soins spécifiques

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ACCOMPAGNEMENT DES MEDECINS GENERALISTES EN POSTE DANS LES ZONES RURALES AU BENIN
L’ultime recours pour faciliter l’accès aux soins spécifiques

L’accès aux soins de santé des populations rurales est une quadrature du cercle en République du Bénin compte tenu du manque criard de médecins spécialistes. Les quelques rares que dispose la Nation exercent uniquement dans les grandes métropoles comme Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Ce qui fait que les médecins généralistes employés dans les centres de santé des zones rurales deviennent malgré eux des spécialistes de tas pour répondre à la demande de la population. A travers une interview que Ayélé Bonita Mensah, Présidente de l’Association des Médecins Généralistes Communautaires du Bénin (Amgcb), a accordé à votre quotidien, elle préconise un accompagnement de ceux-ci pour mieux faciliter aux populations rurales l’accès aux soins de santé de qualité. Lisez plutôt.
Wahabou ISSIFOU

Daabaaru : De façon générale, quelle appréciation peut-on faire aujourd’hui de l’accès des populations aux soins de santé dans nos localités ?

Ayélé Bonita Mensah : je parlerai plutôt de l’accès des populations rurales aux soins de santé: La médicalisation des zones rurales dont nous sommes les acteurs principaux a permis d’installer des médecins généralistes communautaires dans des zones rurales où l’accès de ces populations dans une structure de santé agréée était difficile car cette dernière étant situé à des kilomètres de ces populations , donc l’initiative du gouvernement de rapprocher les soins de qualités à cette population à réduire cette distance et donc par ricochet favorisé l’accès aux soins de santé.

Vous êtes la présidente de l’Association des Médecins Généralistes Communautaire du Bénin. Présentez-nous votre association ?

Le programme de médicalisation des zones rurales a permis d’installer plusieurs (une trentaine) de médecins généralistes communautaires dans les départements du Borgou, de l’Alibori et de la Donga. Pour que ces médecins ne se sentent pas isolés ils ont décidé de s’associer d’où l’Association des Médecins Généralistes Communautaires du Benin (AMGCB en 2013. Cette association est dirigée par un Bureau Exécutif composé de 5 membres: Un(e) président (e), un(e) Vice président (e), un(e) trésorier (ière), un(e) Secrétaire Général (e), un (e) Secrétaire Général(e) adjoint(e). Ce Bureau a un mandat de 3 ans renouvelable une fois et il a pour rôles de: fédérer ses membres que sont tous les Médecins généralistes communautaires, servir d’interface entre le médecin généraliste communautaire et ses partenaire, permettre au Médecin de mieux s’intégrer dans sa communauté, faire le plaidoyer de la Médecine communautaire.

Quelles sont les actions qu’on peut mettre à votre actif ?

Mon Bureau et moi avons été sollicité par certains de nos partenaires pour l’installation de nouveaux médecins dans des centres où certains de nos collègues ont préféré démissionner pour plusieurs raisons, j’aimerais vous dire que le programme a débuté en 2009 et a pris fin en 2015 permettant l’installation d’une trentaine de Médecins généralistes; aujourd’hui on compte 21 Médecins. Alors sur demande de ses partenaires le Bureau a procédé à la sélection et à l’installation de 4 nouveaux Médecins où la demande a été sollicitée. Le Bureau a créé une ambiance de confiance et de bonne collaboration entre le Médecin et sa communauté d’une part et ses partenaires d’autre part. Un plaidoyer a été vers d’autres partenaires pour la continuité de ce programme de médicalisation des zones rurales.

Alors, quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans l’exercice de vos activités ?

La démission de certains collègues, ce qui amène l’association à refaire un long processus pour installer un nouveau médecin afin d’assurer la qualité des soins et donc respecter le partenariat avec nos partenaires; la réticence de certains élus locaux à accepter un médecin dans leur commune, l’absence de communication avec certains partenaires (pas de réponses aux nombreux mails que le Bureau leur envoie), les promesses non tenues.

Vous êtes en collaboration avec plusieurs partenaires notamment la coopération Suisse, Adecob (Association pour le Développement des Communes du Borgou), l’Apida (l’Association pour la Promotion de l’environnement dans le Département de l’Alibori) dites nous, qu’est-ce que ces partenaires vous apportent-ils concrètement ?

Ces deux partenaires que vous venez sont de nouveaux partenaires, aucune action palpable n’a pas encore été réalisée par ces partenaires. Nous venons juste de franchir l’étape de présentation du programme et de visite des centres Médicaux communautaires, visite qui a permis à ces partenaires de s’imprégner et de s’accaparer de l’idée, de l’objectif et de l’intérêt de la médicalisation des zones rurales. Donc ils ont promis nous accompagner en réhabilitant certains centres, construire certaines infrastructures nécessaires aux centres, aider à installer d’autres médecins dans leurs communes d’intervention… Donc pour le moment nous sommes à l’étape des promesses et nous avons foie qu’elles se concrétiseront.

Nous sommes déjà à la fin de l’entretien, un appel à l’endroit des gouvernants pour l’amélioration de l’accès des populations aux soins de santé dans nos communautés.

La médicalisation des zones rurales est un programme très bénéfique à la population rurale et donc par ricochet aux communes car une population malade est synonyme de baisse de production de la commune. Alors nous exhortant les gouvernants ( surtout les élus locaux) à accompagner le Médecin dans sa fonction en l’aidant a faire le boulot pour lequel il a été appelé, je veux dire par là qu’il faille qu’ils renvoient les faux prestataires de soins qui s’installent anarchiquement dans leurs communes et augmentent le taux de mortalité chez les enfants âgés de 0 à 5 ans.

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Santé

Comments

  • Bonjour ! Je suis jeune médecin , les gens comme ont envie de travailler pour leur pays et d’aider pour ceux a quoi ils ont été formé ! J’ai été demandé des gardes dans un hôpital de zone du plateau et vous avez combien il paye les 24 heures de gardes ?? 12000 FCFA
    J’étais choqué et démoralisé , tu quittes porto novo ou je ne sais ou pour venir faire garde dans le plateau a 12000, franchement c’est ecoeurant

    Manal 5 octobre 2018 4 h 36 min Répondre

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