EDITO : Alokpo tente de se noyer dans un verre d’eau

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Alokpo tente de se noyer dans un verre d’eau

Le procès qui mérite d’être appelé le procès du siècle continue de tenir les béninois en haleine. Le vendredi 4 décembre dernier, le pasteur Michel Alokpo, chargé de mission du ministre de l’intérieur Armand Zinzindohoué au moment des faits, et berger de l’ancien président de la République Boni Yayi, s’est invité à la barre en qualité de sachant.

Devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet), le pasteur Michel Alokpo a voulu apporter ses connaissances dans cette affaire de spoliation des millions de béninois en complicité avec des autorités étatiques. Dans sa déposition, le pasteur a manifestement confondu la cour à une assemblée de croyants qui n’exigerait aucune preuve avant de croire au nom de la foi. L’homme de Dieu s’est vite poussé dans des allégations qui exigeraient de lui de preuves convaincantes. Visiblement, le pasteur serait venu laver de tout soupçon sa brebis Boni Yayi et plonger l’ancien ministre de l’intérieur dont il fut le chargé de mission. Le pasteur Alokpo semble confirmer par ses allégations que l’ancien ministre Armand Zinzindohoué aurait effectivement reçu de l’argent de la part des promoteurs de Icc-Service. Il a précisé avoir en son temps attiré l’attention du ministre sur plusieurs de ses actes qui le compromettraient à l’avenir. De même, pour le pasteur Alokpo, Émile Tègbènou serait un distributeur automatique de billets de banque pour les activités politiques de la fille d’Abou Salomon Yayi (cousin de l’ancien président de la République). «Émile Tègbènou ne donne jamais, moins de dix millions», dixit l’homme de Dieu. Ces allégations qui créent de la sensation dans ce dossier demandent d’ailleurs assez de preuve pour emporter la conviction du juge. Dans le cas échéant, elles pourraient créer de gros ennuis à leur auteur.

Cette semaine, l’ancien Agent Judiciaire du Trésor (Ajt) lors de la crise, Séverine Lawson serait à la barre. L’absence de cette dernière jusqu’à présent dans ce dossier devant la Criet ne permet pas la manifestation de la vérité, surtout face aux dépositions de l’ancien procureur général qui désignait cette dame, entre temps présidente du comité de suivi de la crise Icc-Service, comme l’un des cerveaux de ce coup économique qui a mis en fumée des centaines de milliards de francs cfa.

En tout cas, ce procès ne fait que commencer et beaucoup de surprises restent à venir.

Edouard ADODE

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