EDITO: Journalisme ou communication?

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La liberté de la presse est un facteur qui détermine l’indépendance des pouvoirs dans un Etat. Elle conditionne même le sérieux des organes de presse et les rend plus efficaces, productifs et ainsi leur permet de participer activement au développement de leur pays. Au Bénin, les rôles dévolus à la presse sont, l’information, l’éducation et la distraction. Lorsque ces différentes missions sont assumées convenablement par la presse, l’on pourrait se vanter de disposer d’une presse libre au service du développement. Tel n’est malheureusement pas le cas au pays de Bio Guerra. A ces trois missions à elle confiées, la presse béninoise s’est trouvée une quatrième qui semble prendre le pas sur les trois autres pourtant fondamentales, cruciales et légales, il s’agit de la communication.
Au Bénin, la presse a en effet tendance à faire plus de communication que de l’information. Les journaux parlés des radios et ceux télévisés sont faits de plus de communication que d’information. La Une des journaux ainsi que leurs colonnes sont faites de publi-reportages ou d’actions de charmes au profit des hommes politiques que de vraies informations. Les comptes-rendus, reportages, publi-reportages sont devenus nos genres préférés. Les sujets d’investigations sont laissés au profit d’analyses subjectives, teintées à la couleur de telle ou telle partie au détriment du peuple.
Les journalistes béninois sont pour la plupart devenus des griots au service des hommes politiques. Ils ont pour la plupart, chacun en ce qui le concerne, un homme politique qu’ils servent et protègent contre vents et marrées. Ils deviennent à la fois des avocats et porte-paroles de leurs protégés.
Par ailleurs, les organes de presse sont des entreprises. A ce titre, ils sont appelés à faire des profits et évidemment faire face aux dépenses liées au personnel et aux charges de l’entreprise. Tout est donc bon pour renflouer les caisses de l’entreprise. C’est l’autre pan de la situation qui pollue le milieu. Au nom de l’argent et rongés par les droits fiscaux, ils sont nombreux, ces promoteurs d’organes qui sont obligés et prêts à signer le pacte avec le diable et chanter ses gloires. D’où la dominance de la communication dans la presse béninoise.
Comment en sortir ? bien malin qui pourra y répondre…

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