ÉDITO : Yayi enfin détrôné !

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ÉDITO

Yayi enfin détrôné !

Le vendredi 27 décembre dernier, le peuple béninois a eu droit au quatrième discours de Patrice Talon sur l’état de la nation. Au cours de cet exercice constitutionnel, un ministre a particulièrement marqué les cœurs par un geste à la limite inédit et insolite. Il s’agit du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, Gaston Dossouhoui.
Au moment où le chef de l’État passait en revue les performances historiques de l’agriculture béninoise en 2019, le ministre n’a pas pu contenir ses larmes qui ont coulé librement devant les caméras. Un fait extraordinaire qui a ramené à l’idée de chaque béninois, les larmes de l’ancien président Boni Yayi qui, à plusieurs reprises, a été la seule autorité béninoise qui ait eu à pleurer publiquement.
Même si aujourd’hui, les larmes de Dossouhoui suscitent assez d’interprétations malgré les explications du ministre qui s’est justifié par le fait qu’aucun ministre n’a jamais été félicité par le chef ; il est très important de souligner que Boni Yayi a désormais un dauphin en la matière. Il ne sera plus cité comme la seule autorité à avoir publiquement coulé les larmes.
Ainsi, on peut retenir donc que les larmes d’une autorité en public ne sont pas autant sacrées que celles d’un bébé qui naît ce jour. Elles traduisent tout simplement la profondeur de l’émotion face à certaines réalités de la Nation. Elles peuvent traduire également le degré de patriotisme des uns, et le regret d’avoir mal servi des autres. Seuls les auteurs des lames peuvent savoir si elles sont de crocodile ou d’un saint.
Cependant, la sincérité de Dossouhoui est à reconnaître puisque ses efforts pour l’autosuffisance alimentaire du Bénin ne sont plus à démontrer. Il se distingue d’ailleurs par sa compétence dont les fruits se manifestent à présent. Car, il fait partie des rares ministres de l’agriculture qui donnent priorité au terrain qu’au bureau. Ainsi, il passe le clair de son temps dans les champs du Bénin profond avec des stratégies bien peaufinées dont les fruits font aujourd’hui la joie de tout le peuple.
Dossouhoui a pleuré, Yayi réconforté.

Edouard ADODE

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