INTERDICTION DU SYSTEME DE JOURNEE CONTINUE PAR LE MEMP : Salimane Karimou dans un combat non prioritaire, inopportun et inutile . Qu’il règle d’abord le problème des aspirants, des effectifs pléthoriques et de manque de salles de classes

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L’un des secteurs qui a du mal à décoller depuis l’avènement de la rupture est l’éducation. Les différents ministres qui se sont succédés à la tête des ministères des trois ordres de l’enseignement peinent à trouver le remède efficace pour asseoir une éducation de qualité au Bénin. Le ministère des enseignements maternel et primaire n’est pas exempt de ces difficultés qui ne font que rabaisser le niveau des apprenants au jour le jour. Au lieu de se concentrer à résoudre ces difficultés qui sont plus perceptibles dans l’enseignement public, le ministre Salimane Karimou se lance à la trousse de certaines écoles privées sous prétexte qu’elles pratiquent le système de journée continue. Un combat légitime mais non prioritaire, inopportun et inutile.

En effet, à travers un communiqué radio en date du 23 octobre 2021, le ministre des enseignements maternel et primaire a fait savoir que « malgré les multiples rappels à l’ordre, de nombreux établissements privés violent des dispositions contenues dans le décret fixant les conditions générales de création ou d’ouverture, d’extension, de scission, de gémination, de transfert, de fermeture, de changement de dénomination et de fonctionnement des établissements privés des enseignements maternel, primaire et secondaire du 16 juin 2007 ». Il a donc invité les directeurs départementaux à lui faire parvenir la liste des établissements qui pratiqueraient le système de journée continue.

Karimou se trompe de priorité

Si le communiqué du ministre Salimane Karimou n’a rien d’illégal, il se pose tout de même un problème de priorité. Dans un contexte où des écoliers du public suivent des cours sous les arbres, des cabanes avec des effectifs pléthoriques, le cadrage du système des établissements privés, bien lotis avec des enseignants de qualité et affichant des résultats meilleurs à ceux du public, n’est pas une priorité.

Ce à quoi Karimou devait s’atteler

Le ministre des enseignements maternel et primaire devrait plutôt penser à résoudre le problème des aspirants que l’Etat exploite sans leur garantir un minimum social et de bonnes conditions de vie et de travail. Ces enseignants qui ne sont pas payés pendant les vacances, n’ont aucune garantie sociale et dont les noms peuvent être éjectés de la base de données du jour au lendemain. Salimane Karimou devrait plutôt penser à sortir les enseignants du public de leur misère en leur offrant des cadres agréables pour l’exercice de ce noble métier.

Ce qui échappe peut-être au ministre

Au lieu que le ministre des enseignements maternel et primaire s’en prenne aux établissements qui adoptent le système de journée continue, il devait au contraire aller à leur école et penser à généraliser ce système qui est mille fois plus avantageux pour tous les acteurs.

En effet le système de journée continue permet aux parents d’économiser d’argent et de temps. Ces derniers n’ont que deux tours à faire par jour au lieu de quatre pour le système que prône le ministre. Ceci leur permet de vaquer à d’autres occupations et réduire les risques d’accident. Pour l’enfant qui va une fois à l’école et rentre à 14h, il se repose très bien et a le temps nécessaire pour réviser les leçons et dormir très tôt. Pareil pour l’enseignant qui dispensera son cours en journée continue et peut consacrer une bonne partie de la soirée à bien préparer le cours du lendemain ou au meilleur des cas mener une autre activité pour joindre les deux bouts.

Cette guerre que déclare le ministre des enseignements maternel et primaire aux établissements qui appliquent le système de journée continue est une perte de temps et un combat stérile qui contribuera à embrouiller certains écoliers déjà habitués à ce système. Le ministre doit plutôt évaluer ces établissements privés et voir s’ils fournissent de bons résultats ou pas. S’appuyer simplement sur les dispositions d’un décret n’est pas la bonne idée, surtout que le Chef de l’Etat Patrice Talon s’affiche dans une dynamique de mieux faire les choses.

Barnabas OROU KOUMAN BOK

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Comments

  • Le ministre et ses cadres n’ont pas analysé les avantages du système. Au lieu de faire deux aller retour, les enfants en font un seul. C’est moin fatiguant pour les apprenants. Il faut plutôt évaluer le système. Les enfants de ministres et autres cadres vont à l’école en voiture, parfois de l’Etat. Ils ne peuvent jamais comprendre la peine des enfants de pauvres qui font le trajet à pieds. Vivement que l’État revoit les choses.

    BOCCO 4 novembre 2021 8 h 23 min Répondre
  • C’est vraiment bien dommage que des intellectuels de ce rang là ne comprennent pas qu’on doit surpasser les tendances conformistes et rechercher quotidiennement l’innovation qui favoriserait le développement à tous les niveaux. La loi qu’il cite date depuis quand ? Il n’est pas temps de s’inspirer de ces écoles et comme suggéré dans l’article ou faire au mieux des cas une évaluation préalable pour voir les avantages du système ? Qu’ils ignorent la condition de l’enseignant dit Aspirant s’en est une chose mais aller jusqu’à chercher à empêcher l’avancement de ceux qui réfléchissent pour mieux servir le peuple s’en est une autre. On en a marre. Aspirant je suis et c’est presque la goutte d’eau qui fait déborder le vase de voir ces leaders divaguer comme ça et cherchant à enfoncer le système entier à tout prix.

    PONTI Jules 5 novembre 2021 0 h 46 min Répondre

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