LÉGISLATIVES DE 2023 AU BENIN : Les attentes des populations pour des élections apaisées

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Il n’est un secret pour personne qu’en Afrique en général et particulièrement au Bénin, l’organisation des élections est souvent marquée par des violences pour plusieurs raisons. À titre illustratif, les élections législatives de 2019 au Bénin ont été une tragédie qui est à jamais gravée dans la mémoire des populations. À quelques mois d’une nouvelle échéance électorale, l’ombre du doute et de la crainte semblent s’installer peu à peu dans la pensée des populations. À cet effet, le quotidien Daabaaru a réalisé une vox populi pour recueillir les attentes des populations en ce qu’il concerne les différents acteurs pour une élection apaisée. Lisez plutôt. 

Auriol AKPAKI (Stg)

« Moi, l’action que j’attends du gouvernement pour qu’il y ait des élections législatives apaisées, c’est qu’il y ait un dialogue national où tous les partis politiques sans distinction sont entendus et sont écoutés. Il faudrait qu’on puisse laisser les gens exprimer leur mécontentement, leurs avis par rapport à la situation, qu’on puisse écouter les gens et qu’on puisse voir dans quelle mesure on peut satisfaire leurs demandes. Il faudrait permettre à chacun de se sentir concerné et impliqué. Également, cette fois-ci, le gouvernement doit faire beaucoup d’efforts pour qu’il n’y ait pas d’exclusion. Si c’est des pièces ou autres documents qui pourraient conduire à l’exclusion d’un parti, que le gouvernement déjà au dialogue puisse en parler à chaque parti afin qu’ils puissent se mettre au pas. Que le ministère de l’intérieur et l’organe en charge de l’organisation des élections y mettent de la volonté pour assister les partis dans leur démarche pour aller aux élections. Il ne faudrait pas qu’on rejette certains partis pour des fautes mineures. Les partis politiques quant à eux, doivent sensibiliser leurs bases. Ils doivent ensuite s’apprêter, apprêter leur dossier à partir de maintenant pour qu’il n’y ait pas des irrégularités plus tard. Il faut qu’ils veillent à ce que leurs militants n’expriment pas leur mécontentement par la violence. Aux populations, le conseil que je donnerai, c’est que le monde passe et chaque époque qu’on vit passe. Il faudrait qu’on prenne de la hauteur face aux situations. Qu’on priorise l’intérêt général au détriment de l’intérêt personnel », Frédice A., un citoyen travaillant dans une Ong à Parakou.

« En premier lieu, j’attends des élections libres. Que le gouvernement permette à tous les partis de participer librement contrairement à 2019. Que dès maintenant les conditions soient communiquées au grand public afin que tous les partis puissent s’y conformer. Et surtout qu’il arrête d’intimider les populations avec l’envoi des chars un peu partout dans le pays tout comme si nous allons en guerre. En deuxième lieu, les partis politiques doivent chercher à remplir les conditions qu’il faut pour participer aux élections et arrêter d’inciter la population à la violence. Arrêter les tapages et les choses qui peuvent conduire à la violence. On dit qu’on veut représenter le peuple pour pouvoir défendre ses droits mais en même temps on l’invite à se tuer. Généralement, lorsqu’il y a de tuerie, c’est le peuple qui subit pendant que les représentants disparaissent. Et enfin, que la population aille voter dans la paix et dans la tranquillité. Qu’elles ne cherchent pas à prendre des armes et que leur volonté se fasse voir à travers le résultat des urnes », Mouhamed W., un étudiant à l’Université de Parakou.

« Le gouvernement, pour des élections législatives apaisées, doit savoir écouter la jeunesse, et savoir la mettre dans des conditions où chacun aura sa place et se sentira concerné. Cela évite tout type de conflit qui se prépare déjà. Les partis politiques à leur tour, pour contribuer au maintien de la paix, doivent savoir aussi écouter les populations et la jeunesse. Ils doivent gagner la confiance des populations. Qu’ils discutent et favorisent le dialogue plus que la violence. Aux populations aussi, je dirai que ce n’est pas en faisant du bruit et en cassant des choses publiques, qu’elles vont se faire entendre. Car nous n’en avons pas beaucoup. La population doit agir avec dignité et sens de responsabilité. La population et surtout la jeunesse doit éviter de se faire manipuler avec de maigres sommes d’argent et seulement de belles paroles. Car tout ce qui est cassé c’est encore à nous de reconstruire. Donc, en cassant tout et en s’adonnant à la violence, c’est nous qui perdons à coup sûr », Sonia T., conseillère clientèle dans une entreprise à Parakou.

 

 

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