NOUVELLE PROCÉDURE DE DÉLIVRANCE DU CERTIFICAT DE RÉSIDENCE : Une belle réforme qui souffre d’insuffisances

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Nouvelle procédure de délivrance du certificat de résidence au Bénin. Ce sont désormais des certificats de résidence sécurisés qui seront délivrés aux populations par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (Anip). Cette nouvelle réforme confère une grande responsabilité aux chefs de quartiers et de villages.

En effet, lors d’une séance de formation des Unités Communales d’Identification des Personnes (Ucip) du département du Littoral le 15 novembre 2022, la cheffe de service suivi-évaluation de l’Anip Zita Balley, a fait savoir que le certificat de résidence sera délivré suivant une procédure en deux étapes. La première étape consiste selon ses propos rapportés par Banouto, en la délivrance de la fiche de résidence. Cette pièce sera délivrée par le chef de quartier ou de village contre une somme de 500 Fcfa. La seconde phase consiste en l’enregistrement électronique de la fiche par l’élu local.

Ainsi, cette décision est salutaire quand on sait que le Bénin est depuis quelques années, en plein dans le numérique avec la digitalisation des services publics.

Cependant, quand on en vient au fond de la décision, on est tenté de dire qu’elle manque de stratégie et est en déphasage avec la réalité du terrain. C’est une évidence qu’au Bénin, le niveau intellectuel n’est pas un paramètre de choix des élus locaux. Ce sont généralement des personnes élues en fonction de leur côte de popularité et leur bon rapport avec la population. L’on se demande alors comment ces élus qui pour la plupart, sont illettrés parviendront à renseigner et enregistrer la fiche de résidence qui selon l’Anip doit se faire de façon électronique. Comment demander au chef d’un quartier de Cobly par exemple, qui a même de la peine à utiliser un téléphone à touche en plein 21ème siècle, de se servir de la technologie pour renseigner une fiche ? A-t-on pensé au niveau intellectuel de ces élus en prenant cette décision ?

Au cas où ces élus se feraient assister par un collaborateur ou proche dans cette tâche comme l’a recommandé l’Anip, que gagnerait en retour cet assistant qui devra se rendre toujours disponible pour les populations demandeuses du certificat de résidence ? Est-ce le chef de quartier qui a de la peine à gagner un salaire en tant qu’élu, qui prendra en charge cet agent circonstanciel ou devra-t-il faire du bénévolat ?

Autant de questions que l’on se pose et qui doivent être analysées par l’Anip pour que la réforme soit parfaite.

Samira ZAKARI

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