RECRUDESCENCE DES CAS DE VIOLS SUR MINEURES AU SEIN DU CORPS ENSEIGNANT : Modèle hier, l’enseignant, aujourd’hui un cas social ?

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À Banikoara dans le département de l’Alibori, une mineure a été violée jusqu’à déchirure par un directeur d’école. La scène horrible s’est passée il y a environ deux semaines dans l’arrondissement de Kokey où la victime séjournait pour ses vacances scolaires. Cette affaire révélée par le quotidien Daabaaru a été fortement relayée par plusieurs autres médias et déplorée d’abord, parce que le viol a été commis sur une mineure en situation de handicap mais aussi, à cause du statut du violeur qui était censé protéger sa victime. Et pourtant, le viol sur mineures connait malheureusement depuis un moment, une nouvelle ascension dans la corporation enseignante. Avant le cas de Banikoara, plusieurs autres dont celui de l’enseignant déposé en prison le 14 juin dernier pour avoir violé une de ses anciennes écolières de 10 ans il y a de cela 2 ans ont fait la Une de plusieurs journaux. Selon les informations relayées par les médias, les faits se seraient produits dans une école privée à Godomey dans la commune d’Abomey-Calavi. Autant de cas que l’on ne peut citer.

L’enseignant qui depuis la nuit des temps est reconnu comme un modèle dans la société du point de vue comportemental est en train de perdre considérablement sa valeur. L’éducateur censé accompagner la promotion des filles à l’école se présente aujourd’hui comme un frein à leur évolution. Des cas de viols sur mineures sont de plus en plus récurrents dans les communes. Leurs cibles sont généralement les petites de moins de 18 ans encore innocentes qu’ils attirent dans leur filet en usant de leur titre d’enseignant. D’autres encore plus violents utilisent la force face à ces âmes sans défense qui ne demandent qu’à être protégées. Un phénomène pourtant puni par la loi, qui prend l’allure de la normalité à tel point qu’on se demande ce qui peut en être la base.

Les probables raisons

Au-delà de sa fonction de transmetteur du savoir, l’enseignant a pour rôle d’inculquer des valeurs cardinales de vie en société aux enfants placés sous sa responsabilité. Ainsi, le secteur de l’enseignement était naguère une corporation embrassée par vocation. Mais le constat aujourd’hui est que la vocation a laissé place à ce qu’on peut appeler “ la recherche d’une porte de sortie”. Face au chômage ambiant qui n’est plus un secret au Bénin, certains trouvent en l’enseignement une opportunité pour fuir leur statut de chômeur. Ainsi, la conscience professionnelle n’est pas pour eux, un principe sacro-saint à respecter dans ce secteur. Ils n’hésitent pas du coup à s’adonner à toutes les pratiques déviantes dont les viols. Par ailleurs, avec la précarité qui touche depuis quelques années ce secteur, certains enseignants développent facilement des vices qu’ils n’arrivent plus à contrôler. À cela s’ajoute le manque de formation de nombre d’enseignants surtout sur le plan de la psychologie pour résister à la tentation dans le métier. Ils ont du coup, des difficultés à contrôler leurs pulsions sexuelles et s’en prennent aux âmes innocentes qu’ils sont censés protéger, pour satisfaire leur libido.

C’est une pratique qui n’honore pas le corps enseignant qui pourtant est une profession très noble. Il urge que la loi soit appliquée avec la dernière rigueur pour décourager ces enseignants violeurs qui ternissent l’image du métier et constituent un obstacle à l’épanouissement de la petite fille.

Samira ZAKARI

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