ROYAUTÉ À KOUANDÉ : Qui pour succéder au défunt roi Bagana Sorou ll ? . Tout sur l’ordre de succession et les lignées en compétition

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Au royaume de Kouandé, le processus de succession au trône se fait suivant une règle pré-établie que sont tenus de respecter les membres du collège des sages lors de la désignation. En effet, après le règne de Ouorou Ouari ll (1883-1897) quatre lignées sont reconnues éligibles au trône de Kouandé, trône auquel ils accèdent de façon rotative. Il s’agit selon Pierre Séké secrétaire à la cour royale, respectivement des Ouorou Ouari dont sont issus les “Sorou”, des Souanrou dont sont issus les “Fico”, des Dogo et des Sourou. Ainsi, en suivant cet ordre établi selon la tradition, il reviendrait à la lignée des Souanrou de prendre le trône après le décès du roi Bagana Sorou Il.

Les critères de choix du roi

Tout comme dans l’administration républicaine, la chefferie traditionnelle fonctionne sur la base des critères bien définis. Ainsi, n’est pas roi qui veut mais celui qui respecte les conditions. Dans un document rédigé, Pierre Séké natif de Kouandé, a fait savoir que toute personne aspirant au trône royal à Kouandé doit obligatoirement avoir le sang royal. Elle doit être issue d’une dynastie régnante et être le fils ou petit fils d’un roi.

Cependant malgré ces règles connues, le processus de désignation entamé depuis le décès de l’ancien roi, il y a 8 mois, peine à aboutir.

Ce qui cloche

En considérant ces critères et l’ordre précédemment cité, les Fico dont le candidat reconnu est René Stanislas Fico étant de la lignée des “Souanrou” serait éligible au trône. « Je suis le fils du 12ème roi Bagana Tounko Cessi Maurice Orou Fico. Actuellement, c’est les “Kpaï” qui ont le tour de prendre le pouvoir et vu que j’en suis un, je suis normalement dans mon plein droit de déposer ma candidature et d’être désigné », a laissé entendre le prétendant lui-même.
À en croire le secrétaire à la cour royale Pierre Séké, « c’est les descendants de certaines lignées recalées depuis les années 1900 qui réclament aujourd’hui le tour tandis que les Souanrou tiennent à respecter l’ordre de succession ». Il s’agirait selon des sources, de deux lignées dont les “Guiriboussiké” qui au moment où ils régnaient auraient eu la réputation d’enterrer vivant les hommes pour des erreurs commises. Une pratique qui leur aurait coûté le retrait depuis des décennies, de leur lignée de celles habilitées à briguer le pouvoir.

De son côté, le candidat de la lignée des Bagana Dogo, Hubert Séro Kpéra soutient que les Fico ne sont pas éligibles pour avoir déjà siégé au trône de la reine mère “Gnon Kogui”. « Moi j’observe comment les choses vont se passer puisque j’ai déjà dit ce que j’ai à dire lors du conseil. Si les Fico veulent faire les choses selon les règles, ils ne peuvent plus venir aspirer au trône royal puisque avant l’actuel reine mère, celle qui siégeait était de la lignée des Souanrou. Et c’est bien écrit noir sur blanc qu’une lignée ne peut pas siéger à la fois au trône de roi et de reine et eux-mêmes le savent. C’est pour cela qu’au décès du roi Bagana Sorou ll, ils avaient demandé à leur sœur de démissionner de son poste de reine mère mais celle-ci avait refusé avant de décéder. Les voilà qui aujourd’hui aspirent encore au trône royal. Ce n’est pas juste », a-t-il expliqué.

Ces incompréhensions et désaccords ont conduit à la suspension du processus de désignation jusqu’à ce jour. Cependant, le président du collège de désignation, Sa Majesté Fôsounon (roi du village de Fô) pense que les “Fico” issus de la lignée des “Souanrou” sont dans leur droit de prendre le pouvoir même si les membres du collège de désignation sont, de leur côté, partagés entre respect de la tradition et l’établissement d’une erreur.

Il faut rappeler que 11 candidatures sont enregistrées après la démission d’un candidat notamment du roi de Guilmaro.

Samira ZAKARI

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