UNE VIE UN METIER : Mama Bio Gounou Chabi fait le récit de ses 30 ans passé au Coteb

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UNE VIE UN METIER

Mama Bio Gounou Chabi fait le récit de ses 30 ans passé au Coteb

Celui qui est à l’honneur cette semaine dans la rubrique ” une vie un métier” est un ancien agent du Coteb plus précisément de la section mécanique. Le Coteb qui pendant ses années de gloire a contribué au renforcement du tissu économique de la cité des Koburu.

Ainsi Mama Bio Gounou Chabi a intégré la maison Coteb dans les années 1970-1971 à sa création, suite à un recrutement lancé pour répondre au besoin en personnel de cette société d’État. « A sa création, le Coteb était à la recherche des personnes ayant une formation dans la mécanique pour s’occuper de l’entretien des machines. C’est comme ça donc j’ai rédigé ma demande et je suis allé déposer puisque je répondais au profil ». Une fois engagé, Mama Bio Gounou Chabi a été envoyé au service de production des serviettes où il a travaillé dans une bonne ambiance avec ses collègues et a su mettre son expérience à profit pour l’atteinte de bons résultats à l’époque. En tant que mécanicien, ce brave homme chevronné avait pour mission, « l’entretien et le suivi des machines qui fabriquaient les serviettes et on était en même temps les ouvriers qui veillaient au processus de production depuis le début jusqu’à l’obtention du produit fini. On était en quelque sorte ceux-là même qui fabriquaient ces serviettes ». A en croire le mécanicien à la retraite, le Coteb a beaucoup participé à la création d’emploi pour la jeunesse du septentrion et de tout le Bénin dans diverses spécialités et de là à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Et la mécanique comme tout métier d’ailleurs a ses avantages mais aussi des difficultés.

Et parlant des avantages, Mama Bio Gounou Chabi a confié qu’il était à 18 000F Cfa comme salaire mensuel, ce qui lui permettait de subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Les difficultés quant à elles, étaient surtout d’ordre technique avec la panne des machines de travail. Des difficultés qui arrivaient à être réglées grâce à la promptitude des responsables de cette usine. Mama Bio Gounou Chabi a au cours de sa carrière connu des moments heureux comme malheureux. Comme période positive, cet ancien agent du Coteb parle de sa nomination comme responsable de la section de production de serviettes. « Les blancs qui au début étaient à la tête du Coteb privilégiaient les personnes bonnes en pratique. Et moi sans vouloir me jeter des fleurs, j’étais très bon dans mon domaine. Ce qui a permis ma nomination au poste de responsable du compartiment de confection des serviettes », a-t-il fait savoir en précisant qu’il y avait environs 35 machines de production dont il devait s’occuper.

Cependant, il faut notifier que cette promotion de Mama Bio Gounou Chabi lui a valu plusieurs jaloux dans le rang de ces collègues. « j’ai été désagréablement surpris de voir que ma nomination à ce poste a fait naître un sentiment de jalousie dans le rang de mes collègues. Ces derniers allaient jusqu’à me saboter auprès de nos chefs en racontant que moi je ne savais pas lire, que je n’étais pas bon en théorie ». Malgré tout, ce dernier a pu accompli sa mission au sein de cette maison avec honneur et loyauté jusqu’à sa retraite en 2001.

Mama Bio Gounou Chabi haut de ces 30 années d’expériences professionnelles, conseille la jeunesse à faire preuve de sagesse et d’humilité dans l’exercice de son métier. « J’invite les jeunes à respecter leurs aînés, leurs patrons partout où ils seront. Qu’ils ne se disent pas, je suis enfant de tel ou de tel personne donc je vais me comporter comme je veux. Non, la jeunesse doit prendre conscience et travailler de façon sérieuse ».

Pour finir, nombreux sont aujourd’hui les cadres du Bénin qui pendant toute leur enfance étaient de vrais consommateurs des produits du Coteb notamment les habits, les serviettes, les tenues kaki, les treillis. Et c’est compte tenu de ce grand rôle qu’a joué cette maison de textile pour l’économie du pays que Mama Bio Gounou Chabi a invité le gouvernement béninois à revoir la situation de cette société qui selon lui ne mérite pas d’être abandonnée de la sorte.

Samira ZAKARI

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