UNE VIE UN METIER : Retour sur 30 ans de carrière d’enseignant de Séraphin Dossoumou

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Depuis tout petit, il avait un amour fou pour la nature. Etre en contact avec l’environnement était la chose qui lui faisait plus plaisir. Une fois grandi, il décide alors de vivre sa passion, en devenant professeur certifié des Sciences de la Vie et de la Terre (Svt). Pendant 30 ans de carrière, Séraphin Dossoumou puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est donné pour mission de transmettre le savoir aux apprenants qui étaient sous sa responsabilité, dans la discipline qu’il enseignait. Pour le compte de la rubrique ‘’Une vie Un métier’’, votre journal est allé à la rencontre de cet éducateur qui livre tout, sur sa carrière professionnelle. Lisez plutôt.

Daabaaru : Pourquoi avoir choisi faire carrière dans l’enseignement ?

Séraphin Dossoumou : Je dirai que j’ai embrassé l’enseignement en tant que professeur d’Svt par passion. Tout jeune, j’avais un amour particulier pour la nature. Quand j’étais sur les bancs, j’aimais me balader dans la nature, admirer les plantes, les fleures. Ainsi, après mon Bac, je devais aller à l’extérieur, précisément dans un pays de l’Est pour poursuivre mes études en stomatologie. Mais, il y a un oncle qui s’est opposé à ce que j’aille dans ce pays. C’est comme ça, j’ai décidé de poursuivre mes études au pays pour devenir prof des Svt.

Comment et quand êtes-vous devenu professeur des Svt?

En effet, j’ai été candidat à un poste de l’enseignement secondaire en 1983.Suite à mon recrutement, j’ai pris service au Collège d’Enseignement Général de Bembèrèkè, dans la même année pour enseigner d’abord les mathématiques et la biologie, aujourd’hui appelée Svt. Cette année là, j’avais le niveau Bac+2. La formation étant transversale, j’ai rapidement évolué dans ma carrière d’enseignant des Svt, à travers des examens et formations professionnelles, pour devenir d’abord professeur adjoint titulaire avec mon Brevet d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement Secondaire (Bapes) en 1995 et en suite, professeur certifié des Svt après ma formation de requalification professionnelle à l’Ecole Normale Supérieure (Ens) de Porto-Novo.

Comment étaient vos débuts dans cette fonction?

Comme dans toute entreprise et dans toute œuvre humaine, mes premiers moments dans la fonction enseignante n’étaient pas les plus reluisants. C’était parfois des moments de joie, des moments de peur. Peur, de peut être mal faire et joie de bien faire. Mais avec ma formation de requalification, j’ai rapidement pris le pli et tout allait bien pour le bonheur de mes élèves.
Quels sont les avantages de votre métier
Comme avantages liés à mon métier d’enseignant, je dirai que ce métier comporte des avantages incalculables qu’on note une fois admis à la retraite. Pour ma part et sans fausse modestie, j’ai fait en son temps de mon mieux dans l’exercice de ma fonction et surtout dans un esprit d’impartialité. Et aujourd’hui, beaucoup de mes anciens élèves sont devenus de haute personnalités qui sont prêts à m’aider dans tous les domaines. L’enseignant est celui qui façonne, qui forge le cadre de demain. Il est un transmetteur du savoir. Et rien ne fait plus plaisir à celui-ci de voir les enfants qu’il a forgé, devenir des personnalités respectées par la Nation. Je suis fier d’avoir contribué à ce que sont aujourd’hui, mes anciens élèves. Je ne regrette pas d’avoir choisi ce métier qui commande le respect.

Parlez-nous des difficultés liées à votre métier ?

En effet, nous ne pouvons pas parler des avantages et occulter les difficultés. Il faut noter que c’est avec toutes les peines de ce monde, que nous avons pu décrocher la formation des formateurs. Par ailleurs, il faut noter que la mise en route de l’Approche Par Compétence (Apc), a provoqué de manque de matériels. On n’était pas prêt à s’engager dans cette procédure d’Apc parce que le matériel faisait cruellement défaut. L’enseignant en dehors de son rôle de transmetteur de savoir, était également appelé à inculquer des valeurs de bonne conduite dans la société, à ses apprenants. Ce qui n’était pas facile car, on recevait des enfants d’horizons diverses avec des éducations différentes. Il fallait donc tenir compte de tous ses paramètres, dans l’exécution de notre mission sacerdotale. Toutefois, nous avons su très tôt minimiser ces difficultés, en passant pour un enseignant qui cherche à s’affirmer, en prenant en main sa classe par l’imposition de la discipline. Il fallait savoir en son temps, servir le bâton et la carotte.

Quel a été le jour le plus heureux de votre carrière ?

Le moment le plus heureux de ma carrière, est ce jour où je suis passé de professeur adjoint, à professeur certifié après ma formation à l’Ens de Porto-Novo. Je parlerai aussi de ce jour, précisément le 1er octobre 2014 où, j’ai été appelé à jouir de ma paisible retraite, accompagné de ma tendre épouse et de mes progénitures.

Qu’en est-il du moment malheureux de votre carrière ?

Je n’ai vraiment pas souvenance de cette période négative ou malheureuse de ma carrière. Je dirai que la vie de l’homme sur terre, est faite de haut et de bas. Il faut savoir transformer les moments de peine en périodes de joie. C’est ce que j’ai fait pour affronter tous les obstacles qui se sont dressés sur mon chemin.

Quel regard portez-vous sur la qualité de l’enseignement aujourd’hui ?

La qualité de l’enseignement souffre aujourd’hui, de la pléthore des effectifs dans les salles de classes. Ce qui fait que, les enseignants sont étouffés et n’arrivent pas à donner le meilleur d’eux-mêmes. Dans certaines régions, on constate même l’inexistence des salles de classes et l’absence de professeurs qualifiés dans d’autres régions. L’enseignement est bafoué et confié à des inexpérimentés. C’est vraiment regrettable.

Quel est votre message à l’endroit des jeunes qui veulent vous emboîter les pas ?

Je voudrais seulement paraphraser un ancien ministre de l’éducation nationale. Je veux nommer ainsi avec tous les respects dus à son rang, le professeur Karim Dramanou qui disait, je cite, « on ne vient pas dans l’enseignement pour être riche mais pour être au service de toute l’humanité ».

Votre mot de fin ?

Si je dois dire un mot, je dirai tout simplement que, « maître demeure toujours un maître, même s’il n’atteint pas la taille d’un maître ». Je veux dire par là que l’enseignant mérite respect à tous égards.

 

Propos recueillis et transcrits par Samira ZAKARI

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