Pour marquer sa participation à l’initiative ‘’16 jours d’activisme contre les Violences Basées sur le Genre (Vbg)’’, le jeune Aristide Franck Tossou, une plume engagée vous plonge derrière l’écran, là où se jouent des drames silencieux contre la gent féminine et pourtant bien réels. Dans cet univers numérique où les mots peuvent blesser comme des coups, ‘’Francky le poète’’ prête sa voix à toutes ces femmes victimes de harcèlement, d’humiliation et de violences en ligne. À travers son slam engagé, le jeune poète rappelle l’urgence d’agir, de protéger, de soutenir et de reconnaître que la violence numérique est bel et bien une violence et qu’aucune femme ne devrait y faire face seule. Découvrez ci-dessous l’intégralité de son message poignant. Lisez plutôt.
Freud ADJAKOU (Stg)
Derrière l’écran
Il y a une fille…
Une sœur…
Une mère…
Assise seule, le visage mangé par la lumière d’un écran clair.
Elle rit un peu pour cacher ses tremblements,
Elle rêve un peu pour survivre au jour venant,
Elle croit encore au monde,
Elle croit encore aux gens,
Comme si la bonté pouvait arrêter le tourment.
Mais écoute…
Avant que tout bascule, tout se déroute,
Elle était juste une âme qui dansait sur la route,
Une main légère déposant ses mots en toute joute,
Une voix qui voulait exister,
Un cœur qui battait pour résister.
Puis les ombres sont arrivées,
Silencieuses, glacées,
Des mots tranchants comme des lames cachées,
Des regards invisibles qui percent et frappent,
Qui jugent, détruisent, qui la clappent.
Les pixels deviennent des crocs,
Les commentaires des coups,
Les photos volées deviennent des barreaux,
Et personne n’entend ses sanglots derrière son écran si clos.
Elle pleure,
Des larmes qu’on ne voit pas, qui demeurent,
Des nuits sans sommeil, des cauchemars qui la meurent,
Des blessures numériques qui rongent son courage,
Et qui pèsent sur son âme comme un lourd héritage.
Elle se tait,
Pas parce qu’elle n’a rien à dire, mais parce que tout peut nuire,
Chaque mot devient un risque, chaque publication une brisure,
Chaque notification est un coup dur qui l’épuise.
Et pourtant…
Elle continue d’espérer,
Elle continue de croire qu’un jour quelqu’un saura l’aider,
Qu’une main la prendra, qu’un cœur la défendra,
Qu’enfin la violence numérique ne gagnera pas.
Moi…
Moi, Francky,
Je prends sa peine comme on prend un enfant fragile et si franc,
Je porte son cri, sa peur et son silence dans ma voix,
Je transforme sa douleur en force et en éclat.
Je refuse qu’elle tombe seule,
Je refuse qu’elle souffre dans l’ombre qui roule,
Je refuse ce monde où l’on détruit sans détour,
Où l’on regarde et détourne son regard chaque jour.
Tous unis avec l'Institut National de la Femme ,
Debout pour nos sœurs, nos filles, nos mères avec flamme,
Pour que chaque mot cruel soit remplacé par l’action,
Pour que chaque larme devienne rivière de solidarité et passion,
Pour que l’ombre numérique ne puisse jamais éteindre leur lumière et leur raison.
Et quand le monde numérique voudra la faire tomber,
Nous serons là, ensemble, forts et invincibles,
Pour dire : « Tu n’es pas seule, tu ne le seras jamais.»
Francky le poète



