Revenir à l'accueil
Adoption de la Cps par les ménages: moins de paludisme, moins de dépenses

Adoption de la Cps par les ménages: moins de paludisme, moins de dépenses

Face à la recrudescence du paludisme, la Chimioprévention du Paludisme Saisonnier (Cps) s'impose comme une stratégie préventive incontournable en période des pluies. Destinée à protéger les enfants de moins de 5 ans, cette méthode permet de prémunir les plus jeunes contre les formes graves et mortelles de la maladie, ainsi que contre les cas d'anémie.

Une protection sanitaire aux multiples avantages

La Cps est une stratégie de lutte contre le paludisme. Selon la sage-femme Nafissa Sido, en service au Centre de santé Communal de Malanville, « les principaux bienfaits de l'administration de ces médicaments résident dans la prévention efficace du paludisme et de l'anémie chez les enfants ». Au-delà de l'impact sanitaire direct, cette démarche représente un avantage économique majeur pour les parents. « Elle réduit de manière considérable les infections, le traitement préventif, évite aux familles de dépenser de fortes sommes d'argent pour soigner leurs enfants malades, leur permettant ainsi de réaliser des économies substantielles », a fait savoir la sage-femme.

Les médicaments distribués sont pris à trois différentes doses chez les enfants de 3 à 59 mois et les médicaments sont constitués de deux molécules dont l'Aq (Amodiaquine) et la Sp (sulfadoxine-pyriméthamine). « La plaquette comprend 4 comprimés dont un Sp de la couleur blanche et 3 comprimés de couleur jaune appelés Aq. La prise est composée de l'administration du comprimé Sp et 15 min après on administre un comprimé Aq, les deux restants sont administrés par les parents deux jours successifs », a indiqué Moussiliatou Ibrahim, agent distributeur. Malgré son efficacité avouée, le respect quotidien de ce schéma sur trois jours n'est pas toujours simple à suivre, bien que les distributeurs fassent le nécessaire sur le terrain.

Perception communautaire et défis sur le terrain

La compréhension et l'adhésion de la communauté varient d'une personne à une autre. « Si certaines familles saisissent l'importance cruciale de cette campagne pour la santé des enfants, certaines personnes croient à tort qu'il s'agit d'un moyen pour les agents de santé d'augmenter la fréquentation des services médicaux », a déclaré Nafissa Sido. Au niveau des distributeurs, les difficultés sont entre autres. Selon Moussiliatou Ibrahim, « de nombreuses réticences ont été observées au départ, d'autres parents se sont catégoriquement opposés à l'absorption des comprimés par leurs enfants mais maintenant l'activité se déroule bien ».

Témoignage d'une mère sur les bienfaits de la Cps

Pour montrer le bon exemple, la voix des habitants engagés est utile. Lokoklounon Florence, témoigne des bienfaits de l'initiative, « Je peux dire que c'est une excellente chose. Cela permet à nos enfants de tomber moins malades et durant cette période je ne constate plus de cas de paludisme chez mes enfants. La prise de ces produits aide vraiment les enfants ». Concernant les mères qui hésitent encore, la Cps constitue une barrière indispensable pour prévenir le paludisme. « J'invite toutes les mères à donner les produits à leurs enfants. Le paludisme ne prévient pas, et ce traitement permet de renforcer la santé des enfants. C'est une bonne occasion à ne pas rater surtout en cette période des pluies », ajoute-t-elle.

La Chimioprévention du Paludisme Saisonnier (Cps) demeure une stratégie précieuse pour protéger la santé des enfants en période de pluies. Elle permet non seulement de préserver durablement les plus jeunes des formes graves du paludisme et de l'anémie, mais aussi de soulager considérablement le budget des ménages.

Fardiath HOUNTENI KPANA (Stg)

À lire aussi