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Affaire apologie de coup d’état : Le député soumaïla sounon boké a plaidé non coupable devant la Criet

Affaire apologie de coup d’état : Le député soumaïla sounon boké a plaidé non coupable devant la Criet

Arrêté dans le cadre de la tentative de coup d’État déjoué à Cotonou le 7 décembre 2025, le député Soumaïla Sounon Boké a comparu pour la première fois devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet), ce mardi 13 janvier 2026, rapporte le média Banouto. À la barre, l’élu a été appelé à répondre des faits qui lui sont reprochés.

Poursuivi pour « harcèlement par le biais d’une communication électronique et incitation à la rébellion », le parlementaire a plaidé non coupable. Vêtu d’une tenue traditionnelle blanche, recouverte d’un gilet de détenu, le député de la 2ᵉ Circonscription Électorale (Ce), membre du parti Les Démocrates (Ld), s’est présenté avec sérénité devant la Criet. C'était en présence de ses avocats. Soumaïla Sounon Boké a été interpellé à la suite de la tentative de coup d’État survenue le dimanche 7 janvier 2025. Selon l’accusation, il aurait publié le message « C’est la fête » dans un groupe WhatsApp, le matin même des événements, laissant penser qu’il se réjouissait de l’attaque des institutions par des militaires mutins.

À l’audience, le député a rejeté toute intention malveillante. Il a fait savoir que le message incriminé avait été envoyé par erreur. « Le message est parti par inadvertance », a-t-il affirmé, expliquant qu’il était destiné à un autre groupe de discussion consacré à l’organisation d’une fête entre amis. Il a précisé que le message avait été envoyé alors qu’il se trouvait à son lieu de sport. Soumaïla Sounon Boké

L’élu a également déclaré qu’il ne pouvait en aucun cas, se réjouir d’un coup d’État. « Je me vois mal de louer ce coup d'État. Ce coup de force n’était pas opportun, parce que le président Patrice Talon n’avait plus que quatre mois à passer à la tête du pays », a-t-il déclaré, avant de solliciter la clémence des juges. « Le sort de ma carrière sera décidé par vous. Je vous jure, je ne vous en voudrai point », a-t-il plaidé.

Les avocats du député, Me Kpadonou et Me Aboubacar Baparapé, ont introduit une demande de mise en liberté provisoire de leur client. Me Baparapé a évoqué les garanties de représentation de son client, rappelant que celui-ci est un élu du peuple. Selon la défense, Soumaïla Sounon Boké ne présente aucun risque de fuite et reste disposé à répondre aux convocations de la justice. Le ministère public s’est toutefois opposé à cette requête. Le substitut du procureur spécial a demandé le rejet de la demande de liberté provisoire. À l’issue des réquisitions, la Cour a renvoyé l’affaire au 24 février 2026 afin de statuer sur cette demande et de poursuivre les débats.

Il convient de rappeler qu’en ouverture du procès, les avocats du député ont soulevé une exception de nullité de la procédure. Selon eux, l’arrestation, les enquêtes préliminaires et le mandat de dépôt délivré contre leur client n’auraient pas respecté les règles de procédure en vigueur.

Freud ADJAKOU (Stg)

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