ATINKPON
Chronique d’un artiste révélé par son incompétence
Au delà d’un fait insolite, la musique traditionnelle du Bénin notamment le rythme Tchinkounmey séduit le monde entier. Ceci par le fait d’un artiste, il s’agit du chanteur Atinkpon. Ce nom n’est plus inconnu dans le monde. Pour avoir très mal chanté en anglais et sur le rythme traditionnel Tchinkoumey, Atinkpon est très vite devenu célèbre. Une triste célébrité qui pose un problème de goût des mélomanes béninois et du monde aujourd’hui. Tout porte à croire que l’on fait la promotion de la médiocrité que celle de l’excellence.
Anglais approximatif, chanson en plein dans le dégammage, qualité de l’œuvre non convaincante, bref, ce morceau qui fait le tour du monde aujourd’hui, est l’expression d’un désert de compétence artistique.
« Because, because, because…», ce mot anglais est un extrait du refrain du célèbre morceau qui fait le tour du monde à travers les réseaux sociaux. Dans un anglais décousu avec un accent à peine acceptable par les anglophones, Atinkpon fait une déclaration d’amour à son bien aimé. Au prime abord aucun producteur ne pouvait miser sur ce morceau qui apparemment semble être ridicule. De plus, le scénario du clip est d’une qualité qui laisse à désirer. Pourtant c’est cette production qui attira l’attention des mélomanes ici au Bénin et à l’international surtout d’abord à l’international. Ce morceau auquel les béninois n’ont pas taillé d’importance au premier abord, est devenu le chou gras de grandes vedettes à l’international, qui n’ont pas hésité à joindre leur voix au texte de Atinkpon. Cet anglais qui n’a rien de différent de celui d’un bon débutant en anglais au Bénin ouvre des portes à l’artiste.
Même si au premier abord le clip était partagé dans le but de se moquer de l’artiste, la raillerie a pris une tournure sérieuse qui augure de beaux jours pour Atinkpon et son groupe. Son morceau a eu plus de promotion qu’un morceau de Kalamoulaï ou de Fanicko. De grands artistes, tel que Mix 1er, vont interpréter une partie de la chanson lui donnant encore plus de buzz.
C’est clair, le béninois n’aime plus la qualité mais plutôt le ridicule. Pendant que des artistes se tuent à produire des œuvres de qualité, l’on décide de tailler d’importance à un travail bâclé qui ne devait même pas provenir d’un spectacle de journée culturelle des établissements primaires.
Il sera de l’intérêt de Atinkpon de saisir cette occasion pour s’améliorer et proposer mieux à ses « fans » circonstanciels.
Barnabas OROU KOUMAN



