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Baisse de performance de l'upr aux communales et législatives dans le Nord: comment le déficit de communication a joué contre le « baobab »

Baisse de performance de l'upr aux communales et législatives dans le Nord: comment le déficit de communication a joué contre le « baobab »

Les élections communales et législatives de 2026 ont livré leur verdict, et avec lui une réalité difficile à ignorer. L’Union Progressiste le Renouveau (UPR) a enregistré une baisse notable de performance dans plusieurs circonscriptions électorales. Si de nombreux facteurs peuvent expliquer ce recul, le déficit de communication politique apparaît comme l’un des éléments déterminants.

Une communication verrouillée, à contre-courant des réalités du terrain

L’un des choix stratégiques majeurs du parti a été d’interdire toute forme de communication mettant en avant les candidats, y compris dans le cadre d’élections de proximité. Or, dans ce type de scrutin, l’électeur ne vote pas uniquement pour un sigle ou une idéologie, mais avant tout pour un visage, une présence, un homme ou une femme qu’il connaît et en qui il se reconnaît. En refusant aux candidats la possibilité de se présenter, de défendre leur vision et d’aller à la rencontre des populations à travers une communication visible et assumée, le parti a privé ses propres acteurs d’un levier essentiel de mobilisation.

La normo-communication face aux électeurs indécis

L’UPR a misé sur une communication institutionnelle, standardisée, parfois distante, là où les électeurs indécis ont besoin d’être rassurés, convaincus et touchés. Or, en politique électorale, on vote souvent pour ceux que l’on voit, que l’on entend et que l’on sent proches de ses réalités quotidiennes. Cette normo-communication s’est révélée peu efficace face à un électorat de plus en plus exigeant et sensible à la proximité, à la régularité du message et à l’incarnation du discours politique.

Quand la communication fait la différence : des exemples parlants

Les résultats observés dans certaines zones confirment cette analyse. Dans la 1ʳᵉ circonscription électorale, des candidats comme Labiou Amadou, Issa Salifou et d’autres, qui ont su communiquer, s’exposer et échanger avec les populations, ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

Le même constat s’impose dans la 2ᵉ circonscription électorale, où Bio Sarako Tamou, grâce à une communication active et ciblée, a pu capter l’attention des électeurs et consolider son ancrage local. À l’inverse, les candidats du Bloc Républicain ont, dans l’ensemble, déployé une communication impactante, visible et offensive, réussissant à emballer les électeurs et à les rallier massivement à leurs causes.

Une leçon politique à méditer

Ces élections doivent servir de leçon aux états-majors politiques. La normo-communication n’est plus un avantage dans un contexte de compétition électorale accrue. La politique n’est pas une secte où les décisions et les actions se font en catimini ou uniquement à l’endroit des initiés. Au contraire, l’action politique doit être publique, lisible et accessible, afin que chaque citoyen dispose de l’information nécessaire pour faire un choix éclairé.

Il est temps pour les chefs de partis politiques de comprendre que la visibilité des candidats, la proximité avec les populations et la liberté de communiquer ne sont pas des menaces, mais des atouts. Sans une communication adaptée aux réalités du terrain, même le plus grand des baobabs peut voir ses racines fragilisées. La politique moderne exige de la transparence, de l’audace et de la présence. À défaut, le silence finit toujours par coûter cher dans les urnes.

La Rédaction

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