DECOUVERTE : Elifaz, la nouvelle coqueluche du rire au Bénin « Pour moi la musique et l’humour c’est ma vie » ; dixit l’artiste

5 ans ago | Written by
24 337 vues
0 0

DECOUVERTE

Elifaz,la nouvelle coqueluche du rire au Bénin

« Pour moi la musique et l’humour c’est ma vie » ; dixit l’artiste

Slameur et humoriste, il est l’un des plus jeunes de sa génération. Elifaz comme nom d’artiste, il était parti pour être un footballeur professionnel. Mais du retour au pays dans le championnat national, les réalités étaient tout autres. Engagé et déterminé, ce jeune talent a tout de suite pris son destin en main en continuant ses études. Ainsi, par la magie des choses, Vodisfait Elifaz Gérard Houndékpondji, va devenir celui là qui offre des spectacles époustouflants. Son dernier en date du samedi 3 août dernier au Cinéma le Bénin à Cotonou où les spectateurs ont été tous émerveillés par son talent. C’était génialissime. Et pour en arrivée là, Elifaz a cravaché dur. Il livre ici ses débuts dans le Slam comme dans l’humour, son regard sur la musique et l’humour au Bénin, ses projets à court, moyen et à long terme et bien d’autres.

Daabaaru : Dites-nous comment êtes-vous arrivé à la musique et à la comédie?

Elifaz : Au départ je voulais être producteur d’artiste, et aussi je suis un grand timide ; donc j’avais un peu peur d’être au devant de la scène. Nous étions en 2006 (après mes années foot), quand j’ai fait la rencontre d’Evrard Miguelito (frère de petit Miguelito). Il était à la recherche d’un producteur et sur un coup de tête j’ai accepté travailler sur son projet. Malheureusement, après l’enregistrement du premier single les choses ont mal tourné et nous avons tout arrêté. Par la suite, mes parents ont souhaité que je me fasse former si je veux faire carrière dans ce milieu, je suis donc allé m’inscrire en option son à L’institut Supérieur des Métiers de l’audiovisuel (Isma) et pendant la formation, j’ai travaillé sur les projets de Fréderic Mawata (artiste musicien tchadien). Le déclic est venu de Serge Koffi (Africanews) qui m’avait fait écouter grand corps malade (que j’ai aimé) et j’ai décidé de mettre en chanson mes premiers textes. Elle ne peut pas être (fait avec Corsini au piano et qui figure sur le premier album) a reçu une critique favorable de mes amis et j’ai décidé de continuer. De 2006 à 2011 je participais à des ateliers de formation, des scènes, bref tout ce qui était en rapport avec ce métier. En 2012 j’ai fait mon premier concert et tout est allé vite.

Il faut aussi dire que j’ai un style de Slam teinté d’humour. En 2014 j’ai voulu faire le deuxième album mais avec des sonorités autres que celles de chez nous. Je suis donc allé au Burkina sur un festival et l’accueil était impressionnant. De retour au pays c’était déjà dans ma tête « le deuxième album se fera au Burkina ». Je suis donc reparti au Burkina pour travailler l’album et là-bas l’humour est très développé. J’ai été invité par le promoteur Salif Sanfo sur le spectacle ‘’votez pour moi’’ avec mon texte Ayo. Un mois après, je suis programmé sur le festival ‘’bon Nane’’, et depuis j’ai deux vies artistiques.

Parlez-nous de votre cursus scolaire et académique.

Au lycée j’ai fait la mécanique industrielle au Cfts Ouidah. Après le Bac (série F1 et Dti), j’ai fait deux ans de Mp à l’Uac et dans la foulée j’ai réussi à un concours d’entrée au centre de formation de football en Côte d’Ivoire puis je suis revenu au pays dans le championnat national, mais les réalités du pays m’ont fait arrêter. Ensuite j’ai fait Isma et j’ai fini avec un Bts option son et un Dut.

C’est quoi la musique pour vous? C’est quoi la comédie? Et pourquoi les deux?

Pour moi la musique et l’humour c’est ma vie, je n’existe que pour ça. Je ne fais rien d’autre. Je respire art ; c’est mon quotidien.

C’était quand votre première apparition et qu’avez-vous ressenti ce jour là?

Ma première sortie officielle c’était le 16 juin 2012 au Yes papa. Un moment que j’ai toujours du mal à décrire, la seule chose dont je me souviens est que après le spectacle je n’ai pas pu dormir tellement j’étais heureux de ce rêve que j’ai pu vivre.

Combien d’album avez-vous? Combien de titres ou de spectacles?

J’ai à mon actif, deux albums et un maxi single. Le premier (conquérant) comporte 12 titres, le maxi (3 titres), et le deuxième album (voyage) comporte 11 titres. Maintenant j’ai un répertoire grand d’une trentaine de chansons. Dans l’humour, j’ai trois spectacles majeurs d’humour à mon actif et beaucoup de sketchs. Et les concerts, il faut que je fasse une pause pour faire le point.

Quelles ont été vos collaborations avec les autres artistes ? Ou combien de collaborations aviez-vous effectuées?

J’ai fait des collaborations avec Fréderic Mawata (Tchad) sur le titre Yo qui figure sur l’album conquérant ; avec Sylvette Leblanc sur le titre sans patrie, avec Odon Patrick sur le titre voyage. Ces deux titres sont sur l’album voyage. En humour, j’ai collaboré avec un humoriste burkinabé (Koro 1er) sur mon spectacle jack Bauer à Ouaga.

Quels sont vos projets à court, moyen et à long terme que ce soit dans la musique que dans la comédie?

À court terme, j’ai un double album à enregistrer (un Slam et l’autre chant). Avec les musiciens nous avons vraiment évolué sur le projet. Il y a le spectacle jack Bauer à Ouaga qui va continuer de tourner. À long terme, c’est de pouvoir inscrire le nom de notre pays dans les grandes nations d’humour sur le continent. Et pour ça je m’y atèle.

Vivez-vous pleinement de votre métier ou bien vous avez d’autres activités parallèles?

Ce métier, c’est ma vie et je l’exerce comme un fonctionnaire ; donc j’y mets tout mon cœur et le sérieux qu’il faut.

Que pensez-vous de la musique au Bénin comparativement aux autres pays? Même question pour la comédie.

Que ça soit en musique comme en humour, nous avons des artistes très talentueux, malheureusement, il n’y a pas des accompagnements qu’il faut et aussi nous n’avons pas un showbiz dynamique qui puisse permettre à l’artiste de vivre pleinement de son art. Aussi demanderai-je aux collègues de ne pas attendre l’état avant d’initier des choses. L’artiste constitue à lui tout seul une entreprise et s’il s’y prend bien il va s’en sortir.

Un mot sur la gestion au sein du fonds des arts et de la culture (fac).

Je ne peux pas me prononcer sur le sujet parce que je n’ai jamais été accompagné par une institution d’Etat de mes débuts jusqu’à présent. Je m’y suis donc fait et je travaille sans rien espéré de ces institutions. Aussi, ça fait 5ans que je suis au Faso et franchement je ne maîtrise pas le fonctionnement du Fac.

C’est qui votre idole?

En musique, mon idole est Koffi Olomidé, pour sa capacité à traverser des générations tout en étant au sommet. Et en humour c’est Luis de Funes.

Quelles sont les difficultés que rencontre Elifaz dans sa carrière artistique?

La plus grande difficulté réside dans la promotion. Faire la promotion nécessite beaucoup de moyens et c’est ce facteur qui tue beaucoup de talents. Parce que la plupart du temps, ceux qui ont le talent ne disposent pas des moyens pour promouvoir ce talent. Aussi sommes-nous dans un pays où il y a de moins en moins de producteurs.

Votre mot de la fin

Pour finir je vais remercier le journal Daabaaru pour ce regard que vous portez sur ce que je fais. Je vais remercier mes fans que j’appelle Ma Famille parce que c’est grâce à eux que je suis à ce niveau et leur promettre de toujours être à la hauteur de leurs attentes.

Réalisation : Wahabou ISSIFOU

Article Categories:
A la une · Culture

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Daabaaru