FACE AUX DEMANDES DU PRESIDENT BONI YAYI A SON SUCCESSEUR POUR LA PAIX AU BENIN : Patrice Talon dans un dilemme cornélien

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La rencontre entre le président Patrice Talon et son prédécesseur Boni Yayi continue de susciter moult réactions qui fusent de part et d’autre. En effet, après plusieurs années de mésententes et de disgrâce, les deux rivaux politiques se sont retrouvés le mercredi 22 septembre 2021, au Palais de la Marina. Une rencontre historique au cours de laquelle l’ex Chef d’Etat Thomas Boni Yayi a adressé une panoplie de demandes au président Patrice Talon pour la décrispation du climat sociopolitique dans lequel végète le Bénin. Ainsi, ces doléances sont diversement appréciées au sein de l’opinion publique dont certains qui approuvent les préoccupations du président Boni Yayi, et d’autres qui les rejettent en bloc. Des avis opposés qui enfoncent davantage le chantre de la rupture dans un dilemme cornélien sur le choix judicieux à opérer pour une véritable réconciliation nationale, sans pour autant favoriser la liberticide dans le pays.

Depuis la non participation des partis politiques de l’opposition aux élections législatives de 2019, des communales et municipales de 2020 et le scrutin présidentiel de 2021, le Bénin vit dans un climat très tendu. Des crises politiques qui ont engendré des arrestations de certains citoyens et d’autres qui ont préféré tout simplement de se réfugier en exil au risque de se retrouver derrière les barreaux. C’est dans ce cirque que le président Boni Yayi a été assigné en résidence surveillée pendant 45 jours, parce-qu’il ne concevait pas du fait que l’opposition n’avait pas été autorisée à prendre part aux échéances électorales. Des mouvements de protestation et de destruction des édifices publics s’observaient par ci et là.

Face à ces situations funestes et qui écornent impétueusement l’image du pays à l’extérieur, le souhait du peuple béninois a toujours été de retrouver son identité, celle du pays modèle de démocratie en Afrique. Comme une surprise, le président Patrice Talon et son prédécesseur Boni Yayi, deux principaux acteurs de cette crise, se sont retrouvés au Palais de la Marina pour tenter de se réconcilier et trouver des potions thérapeutiques à ces événements malheureux qui n’honorent guère le pays. Une rencontre inédite et historique au cours de laquelle Boni Yayi a formulé un flux de doléances à son successeur pour le retour de la paix au Bénin. Il s’agit entre autres de la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés politiques. Des doléances qui, à première vue, peuvent favoriser le dégel politique. Mais à y analyser à fond la sensibilité des fondamentaux que posent le président du régime de la refondation, un doute subsiste quant à l’effectivité de ces préoccupations.

Certes, tous les moyens sont bons pour ramener la paix. Mais certaines langues trouveront irresponsable et injuste pour le président Patrice Talon de libérer les gens qui ont véritablement de démêlés avec la justice et autoriser le retour des citoyens qui n’ont pas voulu répondre de leurs actes et ont préféré prendre la poudre d’escampette. C’est ce qu’a tenté d’expliquer le président du parti Restaurer La Confiance (Rlc) Iréné Agossa et candidat malheureux à l’élection du 11 avril 2021. Pour lui, il n’est pas question de libérer les gens qui ont attaqué la République, l’armée ou détourné les deniers publics, au nom de la paix. Toute personne impliquée devra répondre de son acte devant la justice.

Alors, face à ces démandes de Boni Yayi et à ces vagues commentaires opposés, le chantre de la rupture est dans un dilemme absolu. Puisqu’il devrait opérer un choix judicieux et responsable pour la décrispation du climat socio-politique sans pour autant permettre l’anarchie et le libre arbitre dans le pays où chacun fera tous les délits qu’il veut espérant être pardonné par les assentiments politiques. En tout cas, tout le peuple béninois ne souhaite que le retour de la paix au pays et tous les moyens pour y parvenir à cette fin, sans en créer un autre problème sont les bienvenus.

Daniel KOUAGOU

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