Du 21 au 22 septembre 2026, le Comité de Pilotage du Programme « Formation Professionnelle et Renforcement de Capacités pour l'Emploi » (FoRCE) a effectué une tournée dans trois centres partenaires du Nord-Bénin, dont le CFL de Natitingou, le CFPA de Djougou et le CPET Don Bosco de Parakou. À quelques jours de la clôture de la phase 1 prévue le 30 septembre 2026, la mission a permis d'apprécier les réalisations, l'impact sur les jeunes et les défis pour la suite.
Alassane ADAMOU
Apprécier le niveau d'avancement du programme, s'enquérir des réalisations dans les centres partenaires et formuler des orientations pour consolider les acquis et préparer la phase 2. Tel était l'objectif de cette mission conjointe qui a combiné la session du Comité de Pilotage et la visite de terrain.
Photo de famille de l'étape du CFL de Natitingou
Financé par la Coopération Suisse à travers la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), le programme FoRCE est mis en œuvre dans les quatre départements du Nord-Bénin avec la facilitation de la fondation Swisscontact et l'appui de l'Agence de Développement de l'Enseignement Technique (ADET). Son objectif global est de contribuer à la mise en place d'un système efficace, attractif et inclusif de formation professionnelle par apprentissage. De manière spécifique, il s'agit de développer l'offre de formation par apprentissage des métiers à fort potentiel des secteurs artisanal et agricole.
Après quatre ans de mise en œuvre, cette visite a été l'occasion de toucher du doigt les réalisations. Les membres du CoPil ont échangé avec les bénéficiaires. Certains sont déjà insérés dans le tissu économique local, d'autres sont en stage de formation pratique, et d'autres encore poursuivent leur formation. Nombre d'entre eux ont obtenu le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) ou le Certificat de Qualification aux Métiers (CQM).
Un niveau de satisfaction élevé
Pour le Comité de Pilotage, le constat est positif. « Après la visite de chaque centre, la satisfaction est totale, parce que l'impact du programme FoRCE sur les quatre centres est empreint de toute satisfaction. Nous avons vu des réalisations qui nous ont épatés, beaucoup de réalisations : les infrastructures, les équipements, la formation des apprenants, les témoignages, le degré d'insertion professionnelle », a souligné Hermann Amoussaga, point focal du programme FoRCE et représentant de la Direction de la Formation Professionnelle.

Abondant dans le même sens, Patrice Batonwero, Chargé de Programme au Bureau de la Coopération Suisse, exprime sa satisfaction sur les résultats du programme. « Globalement, nous avons une bonne impression que les ressources allouées ont été utilisées à bon escient parce que l'objectif du programme est d'améliorer l'offre de formation professionnelle pour l'adapter au marché de l'emploi. Il fallait renforcer les capacités des centres en construisant des infrastructures, en dotant ces centres d'équipements qui permettent d'améliorer leurs capacités d'accueil, et travailler sur les contenus des formations, les curricula développés », a-t-il déclaré.
La délégation s'imprègne des réalisations
Il relève toutefois des défis : « C'est de voir comment on arrive à améliorer cette relation entre les entreprises qui offrent plus de pratique et les centres de formation. L'autre défi est celui de l'insertion. Un jeune formé qui n'arrive pas à s'insérer, c'est un gros problème. La formation professionnelle n'a d'importance que lorsqu'elle aboutit à l'insertion des jeunes. »
Des recommandations pour garantir l'insertion
Charles Nouatin, Chef projet de la composante nationale du Programme FoRCE, évoque pour sa part les recommandations faites par les membres du CoPil. « Une des recommandations, c'est que ces centres commencent par inscrire, dès la fin de la formation, les apprenants sur la plateforme de l'ANPE. La deuxième chose, c'est de tenir compte des besoins du marché de leur milieu pour proposer des offres de formation. La troisième chose, c'est qu'il y ait un dispositif de suivi des apprenants pour que véritablement on assure leur insertion à 100 pour cent », a-t-il indiqué.
Dans ce partenariat, les centres ont bénéficié d'investissements majeurs. Il s'agit du renforcement des capacités d'accueil, des ateliers mieux équipés, de l'augmentation du nombre de salles de classes, de la construction de dortoirs, de l'acquisition de moyens roulants et de machines agricoles, et du renforcement des capacités des formateurs. « Le programme FoRCE est venu rehausser l'image des centres qu'il accompagne et par conséquent améliorer les conditions de formation des apprenants », se réjouit Jonas Oumarou, Représentant des quatre centres bénéficiaires.
Des bénéficiaires témoignent de leur autonomie
Mounayath Alibaba, bénéficiaire de la formation en aviculture : « Grâce au programme FoRCE, j'ai appris l'aviculture qui m'a beaucoup aidée aujourd'hui. Grâce à ce projet, j'ai pu ouvrir mon entreprise, j'ai commencé l'élevage à la maison, j'ai des clients. Quand j'ai des poulets, je lance un appel, ils viennent chercher. Je fais aussi la transformation, je fais des poulets braisés avec les poulets que moi-même j'ai élevés. »
Christophe Kouagou, bénéficiaire de la formation via le programme FoRCE, affirme : « J'ai bénéficié de deux formations. Premièrement la formation sur les énergies renouvelables et la seconde formation sur le métier de staffeur. La première m'a permis de m'insérer dans la vie active et par rapport au métier de staffeur que le projet FoRCE m'a appris tout récemment, j'ai déjà exécuté un chantier et j'ai encore trois chantiers en cours d'exécution. »
Après cette première phase centrée sur le renforcement de l'offre de formation, la deuxième phase du programme FoRCE mettra davantage l'accent sur l'insertion professionnelle, afin que chaque jeune formé puisse créer sa propre entreprise ou accéder à un emploi salarié.




