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Made in Bénin de 1960 à aujourd'hui: le coordonnateur Cci Bénin Borgou-Alibori revient sur les avancées

Made in Bénin de 1960 à aujourd'hui: le coordonnateur Cci Bénin Borgou-Alibori revient sur les avancées

Au lendemain de l'indépendance, l'ambition du Bénin était de bâtir une économie forte et résiliente, portée par ses propres capacités de production. Alors que le concept de Made in Benin occupe les débats lors des grandes rencontres, la question de sa concrétisation sur le terrain reste préoccupante. Les produits locaux parviennent-ils réellement à s'imposer face aux importations ? Les entreprises disposent-elles des moyens nécessaires pour valoriser leurs richesses ?

Un patrimoine agricole riche et diversifié

Le Bénin dispose d'un patrimoine agricole naturel particulièrement riche et diversifié reposant sur plusieurs piliers fondamentaux. Selon le Dr Abdel Wahid Babio, coordonnateur de la Chambre de Commerce et d'Industrie du Bénin (Cci Bénin), « l'agriculture béninoise s'est rapidement imposée comme le moteur central de l'économie nationale ». Le coton et le palmier à huile ont été historiquement les premières figures de proue de cette production, jetant les bases du commerce extérieur du pays. Pour le coordonnateur de la Cci Bénin du Borgou et de l'Alibori, « ce paysage s'est enrichi avec l'essor d'autres filières stratégiques telles que l'anacarde et le soja, devenues des piliers majeurs de l'agro-industrie béninoise ». Il a souligné également la place qu'occupe l'ananas béninois sur les marchés extérieurs. « Parallèlement, l'ananas béninois, notamment la variété pain de sucre, a su se tailler un excellent prestige sur les marchés internationaux », a-t-il ajouté.

Des défis structurels à relever

Malgré ce potentiel indiscutable, la transition vers une véritable industrialisation se heurte à plusieurs obstacles majeurs. Abdel Wahid Babio a notifié que plusieurs facteurs freinent encore l'essor des productions locales. Parmi ceux-ci, il souligne d'abord le poids des matières brutes. Pour lui, « la prédominance des exportations sous forme brute prive le pays d'une grande partie de la valeur ajoutée et des emplois liés à la transformation locale ». À cela s'ajoutent les contraintes environnementales et financières. Les aléas climatiques ne sont pas en marge de ces enjeux. « La dépendance aux variations météorologiques fragilise régulièrement les volumes de production et la stabilité des récoltes », ajoute-t-il. De plus, la fluctuation des cours internationaux constitue un facteur non négligeable. « Les prix fixés sur les marchés mondiaux échappent au contrôle des acteurs locaux, exposant les producteurs à une forte instabilité financière », a fait remarquer le coordonnateur de la Cci Bénin.

Face à ce constat, une orientation claire est formulée. « L'accès à des plateformes de transformation modernes et la création de nouvelles unités industrielles restent indispensables pour répondre aux normes de qualité et concurrencer les produits importés », a-t-il proposé. Au-delà des intentions, l'essor du Made in Benin ne pourra se faire sans une synergie forte entre acteurs publics et consommateurs. En modernisant ses infrastructures de transformation et en soutenant activement ses producteurs, le Bénin se donnera les moyens de convertir ses richesses brutes en prospérité durable pour toute la nation.

Fardiath HOUNTENI KPANA (Stg)

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