MARIAGE INTERRELIGIEUX AU BÉNIN : Quand la religion s’impose pour séparer ce que Dieu a uni

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L’union de deux personnes est basée en général sur ce que ces dernières ressentent l’une envers l’autre. Ce sentiment n’est rien d’autre que l’amour. Mais au-delà de l’amour réciproque, la religion s’impose pour un mariage prospère et heureux. Par ailleurs, le mariage interreligieux constitue une barrière dans la concrétisation de l’union entre les conjoints dans certaines régions. Face à cette réalité sociale, les jeunes sont appelés à prendre leurs responsabilités avant de s’engager dans la vie matrimoniale. 

Nassiratou ADAMOU (Stg)

 

Le mariage interreligieux reste et demeure un problème sociétal de nos jours. L’union devient de plus en plus difficile avec l’avènement de nouvelles religions et surtout leur prolifération.

Une pratique qui n’est pas sans conséquences au fil du temps. Johaness A. un citoyen à Parakou, raconte sa mésaventure. «La divergence du point de vue religieux était la raison de notre divorce. Ma femme s’est permise de transmettre les savoirs islamiques aux enfants et cela faisait que les enfants prenaient également position et s’attachaient plus à la religion musulmane tandis que moi j’allais à l’église», a-t-il fait savoir. Non seulement cette union s’est terminée à la longue par une séparation mais également les enfants ne sont pas souvent épargnés des conséquences. «Tout cela agit sur l’éducation des enfants. J’ai aussi perdu mon temps pendant des années. Au finish, elle est partie avec les enfants et ils pratiquent la religion musulmane avec des prénoms chrétiens», confie-t-il. Pour lui, ce sont des enfants qui subissent des conséquences de cette union.

Que disent le Coran et la Bible sur le mariage interreligieux ?

Les saintes écritures notamment le Coran et la Bible ont apporté des précisions sur le mariage interreligieux. «L’islam a été clair sur toutes les lignes que le musulman doit se marier à un musulman. L’islam interdit qu’une musulmane se marie à un chrétien», a notifié l’imam El-Hadj Mahmoud Bankoto. Il renchérit, «qu’un musulman qui veut se marier à une autre personne qui n’est pas dans l’islam n’est pas un problème, mais à une seule condition que la personne accepte de se convertir à l’islam». El-Hadj Mahmoud Bankoto suggère le mariage entre musulmans. Pour lui, cela facilitera à tout le monde de pratiquer sa religion comme cela se doit.

Tout comme le Coran, la Bible ne dit pas le contraire. « L’opinion de Dieu par rapport à cette pratique est claire. Si tu es chrétien tu te maries à une chrétienne», a expliqué le pasteur Yarou Boni Allassane. A en croire ses explications, ces genres de mariage ne réussissent pas et ont souvent de grandes conséquences sur la vie du couple et des enfants. «Imaginez dans un foyer où les deux conjoints, chacun garde sa position par rapport à sa foi, ce n’est pas évident. Comment éduquer les enfants ? Certains disent qu’ils réussissent, mais en réalité le système peut être apparent car deux personnes qui partagent des opinions divergentes en ce qui concerne la religion, il leur serait très difficile de vivre ensemble », a-t-il expliqué. Le pasteur Yarou a, par ailleurs, donné quelques conseils pour le bien du foyer. «Je pense que cette question de la religion doit être étudiée de fond en comble avant de se mettre ensemble. Trouver quelqu’un avec qui vous partagez les mêmes opinions religieuses est préférable», suggère l’homme de Dieu.

Comment limiter ce phénomène ?

Pour le sociologue Zavier François Kintossou Goï, le mariage interreligieux est le brassage entre deux personnes de différentes religions. Cette pratique outre les conséquences négatives, en a de positive. «Les conséquences du brassage inter religieux non contrôlé sont énormes mais comme conséquence positive nous avons la connaissance de la culture de l’autre, la connaissance des réalités de l’autre. Parlant de celle négative, elle n’est rien d’autre que la guerre des religions», a laissé entendre le sociologue. Pour la plupart, ce mariage non réussi a souvent des répercussions dans la société. Le sociologue Zavier François Kintossou Goï, a indiqué qu’il revient à chaque acteur d’accepter l’autre sans forcément lui dire de se départir de ses réalités religieuses. Il a d’ailleurs renchéri que les acteurs qui souhaitent le mariage interreligieux doivent s’accommoder et pouvoir laisser l’autre sur sa religion et l’accepter vis-à-vis des points de ressemblance pour le bonheur de leur foyer.

Il est vrai que l’union se base sur l’amour mais il n’est pas le seul facteur. Se mettre ensemble avec quelqu’un pour le reste de la vie va au-delà de l’amour.

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