Le samedi 24 octobre 2026, au Complexe judiciaire de Cotonou, 53 Afro-descendants venus d’Haïti, de Martinique, de France et d’ailleurs, ont officiellement reçu leur certificat de nationalité béninoise. Une cérémonie sobre et chargée d’émotion qui confirme la volonté du Bénin de faire de la mémoire un pont vivant avec sa diaspora.
Officialisation de la nationalité béninoise à une afro-descendante
C’est un acte juridique, mais c’est surtout une réparation symbolique. Ils étaient 53, venus d’horizons divers, à franchir officiellement le seuil de la Nation béninoise. La cérémonie de remise de nationalité s’est tenue sous la présidence de Florentin Gbodou, Directeur de cabinet du Ministre de la Justice et de la Législation, et Jocelyn Flenon, Directeur de cabinet du Ministère des Affaires Étrangères chargé de l’intégration des Afro-descendants, en présence de Marie Rose Sossa, Conseillère technique du même ministère.
Remise officielle
Pour ces nouveaux citoyens, le document remis vaut bien plus qu’un passeport. Il est la fin d’une quête identitaire longue de plusieurs siècles. « C’est un immense honneur d’être reconnue officiellement enfant du Bénin », a confié Judith Anglade, originaire d’Haïti. Une fierté partagée par Jean-Luc Vigne, venu de Martinique : « Je sens maintenant que j’ai retrouvé enfin mon identité. Je remercie énormément le Gouvernement béninois ». Même émotion pour Béatrice Toni, Afro-descendante française, pour qui fouler la terre de ses ancêtres est une expérience bouleversante. Elle compte désormais œuvrer pour que ses proches entament à leur tour cette démarche de reconnexion.Instituée par la loi de 2024 sur la reconnaissance de la nationalité aux Afro-descendants, cette politique fait du Bénin un pays pionnier en Afrique. Elle offre à tous ceux qui peuvent justifier d’une ascendance subsaharienne la possibilité de renouer légalement avec leur histoire.
Réception du document de la nationalité béninoise
Au-delà des 53 certificats remis, c’est tout un symbole qui se joue, celui d’un pays qui assume son histoire et choisit de transformer la mémoire de la traite en avenir commun.
Alassane ADAMOU




