L'Agence Nationale d'Identification des Personnes (ANIP) a célébré le mercredi 16 septembre 2026 à Parakou la Journée Internationale de l'Identité. Axée sur la sensibilisation, les réformes de l'état civil et la sécurité des données à l'ère numérique, la célébration a réuni le Directeur Général de l'ANIP, les élus du Borgou et des centaines de jeunes autour d'un message fort : aucun enfant ne doit être invisible pour l'État.
Alassane ADAMOU

C'est la cité des kobourou qui a abrité cette année la célébration nationale de la Journée Internationale de l'identité. Organisée par l'ANIP sous le thème « Mon identité, mon ombre jamais séparés », la journée a été l'occasion d'éclairer les populations sur l'importance de l'identité, les réformes en cours et les enjeux de protection des données personnelles.
La rencontre a connu la présence du Directeur Général de l'ANIP, Aristide Guy Adjinacou Gnahoui, des maires des communes du Borgou, des Secrétaires Exécutifs des communes, de plusieurs acteurs politico-administratifs et de nombreux jeunes, dont des étudiants.
Parakou honorée d'accueillir la célébration
À l'entame de la cérémonie, le 2e adjoint au Maire de Parakou, Moustapha Orou Gankou, représentant le Maire, s'est dit heureux du choix porté sur sa commune. Il a invité les participants à accorder une attention soutenue aux différentes communications prévues.
« Aucun enfant ne doit être invisible pour l'État »
Dans son intervention, le Directeur Général de l'ANIP est revenu sur l'origine de cette journée mondiale, liée à l'Objectif de Développement Durable 16.9 qui vise à donner une identité légale à tous d'ici 2030. Un objectif que le Bénin entend atteindre dès 2028. « Une ombre nous accompagne partout, notre identité aussi. Elle nous accompagne à l'école, dans notre vie professionnelle, dans nos démarches administratives, lorsque nous voyageons, lorsque nous ouvrons un compte bancaire, lorsque nous signons un acte. C'est pour cela que nous devons lui faire confiance », a expliqué Aristide Guy Adjinacou Gnahoui.
Aristide Guy Adjinacou Gnahoui, DG de l'ANIP
Pour le DG, l'identité est d'abord un droit fondamental : « L'identité, c'est d'abord le droit d'être reconnu, c'est pourquoi l'ANIP continue d'aller vers les populations, notamment celles les plus éloignées du service public. Notre conviction est simple : aucun enfant ne doit être invisible pour l'État. » Il a également insisté sur deux autres piliers : la fiabilité et la digitalisation au service du citoyen. « L'identité ne doit pas seulement être accessible, elle doit être fiable. C'est un enjeu essentiel de sécurité et de lutte contre la fraude. Nous accélérons la transformation numérique de nos services. De nouveaux services permettront prochainement l'enregistrement et l'obtention en ligne des actes de mariage et de décès. Dès la déclaration de décès par le médecin, le parent pourra automatiquement récupérer son acte en ligne sur nos plateformes », a-t-il expliqué. « Nous ne digitalisons pas pour digitaliser, nous digitalisons pour rendre du temps aux citoyens. Moins de déplacements, moins d'attente. Nous le savons, il y a encore trop de personnes qui attendent depuis 5h ou 6h du matin et qui ont fait des kilomètres. Plus l'identité devient numérique, plus nous devons être exigeants sur sa sécurité », a-t-il martelé.
Des communications pour édifier les populations
La journée a été meublée par plusieurs communications de fond.
Herbert Assogba, Responsable des Politiques, des Partenariats et de la Communication de l'ANIP, a présenté dans sa communication inaugurale les grandes réformes de l'état civil et de l'identification au Bénin. Adebissi Adedjouma, Directrice de la Donnée, de la Qualité, de la Sécurité et de la Lutte contre la Fraude, a levé le voile sur les nouveaux services. « L'idée est de montrer que derrière chaque donnée, il y a une histoire, une singularité, mais aussi une appartenance à une communauté plus large. Qui partage mon jour de naissance ? Qui porte mon nom ? D'où vient-il ? Autant de questions simples qui permettent de rendre la donnée plus accessible, plus concrète et surtout plus humaine », a-t-elle souligné.
Le Commissaire de Police de première classe Dossou Koko Modeste, Chef de l'Antenne Régionale Nord de la Direction de Lutte contre la Cybercriminalité, a pour sa part présenté une communication sur le thème : « Cybercriminalité au Bénin : état des lieux, défis et réponses institutionnelles ».
Des participants
La protection des données personnelles et la vérification des documents d'identité ont également été au menu des échanges. Une session de questions-réponses a permis aux participants de repartir mieux aguerris sur les enjeux de l'identité et sa protection à l'ère du numérique.




