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Prières à la place idi, immolation de la bête et partage :Ce que le fidèle musulman doit faire le jour de la Tabaski

Prières à la place idi, immolation de la bête et partage :Ce que le fidèle musulman doit faire le jour de la Tabaski

.L'imam Adam Soumaïla explique les bonnes pratiques à adopter 

La Tabaski, fête majeure du calendrier musulman, est une période de grande ferveur spirituelle marquée par la prière, le sacrifice et le partage. Toutefois, de nombreux fidèles ignorent parfois les règles essentielles qui encadrent sa célébration et les comportements recommandés pour en tirer toute la portée religieuse et sociale. Dans cet entretien accordé à Daabaaru, Adam Soumaïla, imam de la mosquée Riyad al-Solihine de Gbodjo, revient sur la signification profonde de la Tabaski, les attitudes à adopter dès le matin de la fête, ainsi que les prescriptions liées au sacrifice et à sa répartition. Lisez plutôt.

Journaliste : Que représente la Tabaski pour le musulman ?

Adam Soumaïla : La fête de Tabaski est une sunna du prophète Mohamed, héritée depuis le prophète Ibrahim. Qu'il nous souvienne qu'en son temps, quand Dieu le Tout-Puissant voulait jauger le degré de foi et de soumission du prophète Ibrahim, il lui a ordonné d'égorger son fils unique qu'il lui avait donné. Parce que, comme vous le savez, Ibrahim avait vieilli avec sa femme, un couple assez âgé qui n'avait pas conçu d'enfant. Le seul fils que le Tout-Puissant leur avait donné, du nom d'Ismaël, fut au cœur d'une épreuve : Dieu demanda à Ibrahim de l'égorger pour honorer le Tout-Puissant. Dans l'action, Dieu échangea le fils Ismaël contre un bélier, et c'est depuis ce temps-là que cet acte d'adoration est devenu répandu. Pour que le Tout-Puissant nous donne aussi une vision, le prophète Mahomet a instauré, pour sa communauté, que cela soit également un acte rituel. Mais c'est un acte facultatif. Si tu en as les moyens, tu dois le faire en tant que musulman ; si tu n'en as pas, ce n'est pas une obligation. C'est cependant une sunna forte, que le prophète a recommandée à toute personne qui en a les moyens.

Que doit faire le fidèle musulman dès son réveil le jour de la Tabaski ?

Tout fidèle musulman ou musulmane ayant une bête à immoler, que ce soit un cabri, un mouton, un bœuf, un chameau ou un dromadaire doit se réveiller en étant à jeun. Une courte période de jeûne a été recommandée pour ceux qui ont des bêtes à immoler, le temps d'aller à la mosquée, de faire la prière, de revenir et d'immoler leur bête. C'est cette bête qui leur servira de rupture du jeûne pour ce court moment de jeûne observé. Donc, le matin, le fidèle musulman doit s'apprêter et faire les préparations rituelles pour se rendre à la mosquée, faire la prière, revenir immoler sa bête, et la fête continue. Tu te réveilles, tu t'apprêtes, tu vas à la mosquée, tu fais la prière, tu reviens et tu égorges ta bête.

Parlant du sacrifice, quel type de bête est recommandé ?

Comme bête à immoler, on privilégiera d'abord le mouton, de préférence de couleur blanche. À défaut de mouton de couleur blanche, tu peux immoler n'importe quelle bête : cabri, chèvre, mouton, bœuf ou chameau. Ce sont les quatre bêtes recommandées. Le cabri doit avoir au moins un an. Le mouton doit avoir au moins six mois. Le bœuf doit avoir au moins cinq ans. Le dromadaire doit également avoir au moins cinq ans révolus avant de pouvoir être immolé. Il faut noter que ces bêtes ne doivent présenter aucun signe d'insuffisance. Par exemple, une bête qui boite ne peut pas servir de sacrifice. Une bête qui affiche clairement une insuffisance, qu'elle soit physique ou mentale, ne doit pas servir de sacrifice. Une bête décharnée ne doit pas non plus servir de sacrifice. Il faut que la bête immolée soit en bonne et due forme.

Après l'immolation de la bête, comment se fait le partage ?

Après l'immolation de la bête, le partage a été recommandé en trois parts. Quand tu égorges ta bête après l'avoir nettoyée, tu la divises en trois parties : une partie réservée à la famille, une partie réservée aux proches et amis, et une partie réservée aux non-musulmans dont les amis, les collègues de service, les voisins non-musulmans. La part destinée aux proches constitue l'aumône que l'on distribue autour de soi.

Pour finir, pendant combien de jours le fidèle musulman a-t-il la possibilité de faire le sacrifice de la Tabaski s'il n'arrive pas à le faire le premier jour ?

Hormis le jour même de la fête le mercredi 27 mai 2026, trois jours supplémentaires sont accordés. Si tu n'as pas pu entrer en possession de ta bête pour le premier jour, tu as encore trois jours devant toi pour faire le sacrifice et en avoir les récompenses. On a le 27, qui est le jour J, le 28 qui est jeudi, le 29 vendredi, et le samedi 30. Cela signifie que nous avons jusqu'au 30 mai 2026 pour faire l'immolation, pour faire le sacrifice de cette année. Il faut rappeler qu'une bête immolée a une récompense incommensurable. Le prophète nous a dit que Dieu fait grâce à celui qui a eu la chance d'avoir une bête à immoler. Chaque poil de la bête est égal à un péché effacé et à une récompense supplémentaire. Imaginez le nombre de poils dans la patte d'une bête c'est énorme.

Pour tout résumer, il faut noter que Dieu n'a pas rendu la fête de Tabaski obligatoire pour tout musulman. Elle est obligatoire pour ceux qui en ont les moyens, comme le hadj : toute personne peut aller à La Mecque si elle en a les moyens, mais si elle ne les a pas, Dieu ne l'y oblige pas. Ce sont des actes surérogatoires importants. Si tu peux, tu le fais. Si tu ne peux pas, ce n'est pas un souci. Tu le fais, tu as des récompenses. Tu ne le fais pas, tu n'as pas de péché. Ce n'est donc pas obligatoire pour tout musulman, mais c'est louable si l'on en a les moyens.

Freud ADJAKOU

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