Du 4 au 5 septembre 2026, des ateliers de renforcement de capacités des femmes transformatrices du lait de vache en des produits dérivés, se sont tenus dans des communes de Tchaourou, N'Dali, Bembéréké et Gogounou. Ces ateliers ont permis de renforcer les capacités de ces femmes sur le processus de fabrication des produits dérivés de lait de vache notamment les Dés de fromage et les chips de fromage. Ces activités s'inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de promotion de pratiques agropastorales endogènes climato-intelligentes pour une utilisation durable des ressources naturelles et la sécurité alimentaire des systèmes d'élevage de ruminants en Afrique de l'Ouest (Smart-Food.
Wilfried AGNINNIN
Photo de famille
Contribuer à l'autonomisation économique des femmes transformatrices de lait de vache à Tchaourou, N'Dali, Bembéréké et Gogounou, c'est tout le sens à donner à ces ateliers de formation. Dans chaque commune, une vingtaine de femmes ont été mobilisées pour suivre la formation. Elles auront la mission de restituer ces formations auprès des autres femmes. Ces femmes ont été identifiées sur la base de leur savoir-faire et des connaissances endogènes qu’elles détiennent.
Les femmes à l'œuvre
Pour Martial Adjeniya, ingénieur agroalimentaire et formateur des étapes de Bembéréké et Gogounou, ces formations constituent de nouvelles compétences pour ces femmes et leur permettront de conquérir de nouveaux marchés. « Ce que nous leur apportons aujourd'hui, ce sont des produits nouveaux pour un marché nouveau, pour diversifier le marché, mais également un produit qui va leur permettre de gérer leurs problèmes de conservation du lait en cas de mévente. Cette formation a consisté essentiellement à fabriquer deux produits phares que sont des Dés de fromage assaisonnés et des chips de fromage. Donc un produit prêt à la consommation qui se conserve en moyenne sur 14 jours au moins par rapport au lait de vache qui se conserve sur 3 jours », a-t-il fait savoir. Des étapes rigoureuses ont été suivies dans la fabrication des Dés de fromage améliorés. « Les étapes ne sont pas nouvelles. Il s'agit en l'occurrence de filtrer le lait, de faire la coagulation du lait, lui donner une forme. De façon plus poussée, c'est d'aller vers des produits prêts à la consommation. Sur les Dés de fromage par exemple, nous avons appris à assaisonner le lait avant coagulation de sorte à avoir des produits prêts à consommer. Quand le consommateur final prend le produit, il a juste à le découper et à juste faire la friture avant de mettre dans la sauce », a fait remarquer le formateur. Pour ce qui est des Dés de fromage, le processus est un peu plus poussé. « On leur a montré comment découper finement le fromage qu'elles obtiennent ensuite les sécher pour réduire au maximum la quantité d'eau qu'il y a dans le produit afin d'avoir des chips assez croustillantes et enfin de faire la friture à l'huile pour avoir un produit suffisamment doué et intéressant à consommer », a-t-il ajouté avant de poursuivre en ses termes, « Ça reste des produits aussi assaisonnés qui peuvent être mangés comme amuse-bouche sains par rapport aux biscuits et autres qui ont des répercussions pas forcément positives sur la santé ».
Lors de la formation des femmes
Selon Dr Janvier Egah, chargé du suivi-évaluation du projet, ces ateliers de formation visent à contribuer à l'autonomisation économique des femmes. « Notre ambition aussi c'est de les amener à savoir qu'au-delà du fromage qu'elles produisent, qu'elles vendent dans les marchés, qu'elles peuvent produire des produits prêts à la consommation. Par exemple, le Dé de Wagashi, le chips de Wagashi, vous avez constaté que ce sont des produits prêts à la consommation. Nous estimons qu'à travers cette formation, ces femmes soient aptes ou capables de produire des produits dérivés de Wagashi, et de les mettre dans les supermarchés. », a-t-il expliqué. Le projet pense accompagner ces femmes dans leurs activités en communiquant autour de ces produits dérivés afin de les promouvoir au niveau des grandes villes du Bénin et à l'international.
Fromage de lait de vache
Les participantes ont exprimé leur satisfaction pour cette formation innovante qui permettra désormais de changer des habitudes dans la fabrication du fromage Wagashi. « C'est une formation que nous avons beaucoup appréciée, car on a appris beaucoup de choses. Par exemple, je ne savais pas qu'il faut assaisonner le lait avant la coagulation et les chips de fromage. Au-delà des fromages Wagashi que nous vendons, nous pouvons désormais faire des amuse-bouches, c'est-à-dire des chips de fromage pour aussi vendre », s'est réjouie Mariam Samari, bénéficiaire de la formation venue de Beroubouay, dans la commune de Bembéréké.
En pleine expérimentation des notions enseignées à la formation
Il convient de rappeler que le Projet Smart-Food est coordonné par le Professeur Mohamed Nasser BACO, porté par l'Université de Parakou (Up), à travers le Laboratoire Société-Environnement (LaSEn), en partenariat avec l'Université Peleforo Gon Coulibaly (Côte d'Ivoire), l'Université de Kara (Togo), l'Université du Québec à Montréal, et l'Ong Vie et Environnement. Il est cofinancé par le Centre de Recherche pour le Développement International (Crdi) et la Fondation Gates.





