Au Bénin, 2026 sera l'année électorale. Les élections communales, législatives, et présidentielle se tiendront sur toute l'étendue du territoire béninois. Afin de mieux réussir son mandat pour se faire réélire ou pour aspirer à être élu, le Dr Charles Lougoudou Zato conseille aux candidats à ces différentes joutes de placer la redevabilité au cœur de leurs priorités. L'expert et pratiquant en redevabilité, expose dans un entretien télévisé sur Canal 3, comment exploiter cette astuce pour réussir la carrière politique.
La Rédaction
Une bonne redevabilité est une arme efficace pour un élu de se faire réélire et de réussir sa mission tant pour les maires que pour les députés. Le Dr Charles Lougoudou Zato, conseille qu'il faille que chaque élu soit connecté en permanence avec ses mandants pour assurer une bonne gestion de sa mission. Avant tout propos, « en termes simples, la redevabilité c'est les promesses plus les preuves », a expliqué le Dr Charles Lougoudou Zato. Une redevabilité à mettre en œuvre avant comme après les élections. A l’en croire, elle est avant tout un outil de gouvernance moderne, capable de transformer aussi bien la relation entre élus et électeurs que la qualité de l’action publique. Il est ainsi nécessaire pour chaque responsable politique de se conformer aux engagements pris avant, pendant et après les scrutins. Selon lui, c’est grâce à cette discipline que les élus parviennent à bâtir un climat de confiance durable avec leurs mandants.
Des principes applicables à tous les niveaux

Selon l’expert, la recevabilité repose sur trois bénéfices majeurs, « la redevabilité permet de créer un climat de confiance. Permet de renforcer la crédibilité. Et en troisième position, cela permet d'éviter les dérives ». Il insiste sur le fait que tout élu doit être évalué sur la base d’un programme clair, suivi d’actions cohérentes et vérifiables. À l’échelle communale par exemple, il estime indispensable que « le budget soit citoyen », afin de permettre aux populations de comprendre les choix, les investissements et les priorités de leur municipalité.
Un impératif politique
La transparence dans les procédures administratives constitue également un levier central. Le Dr Charles Lougoudou Zato évoque notamment « l’ouverture dans la passation de marchés » comme un acte de recevabilité essentiel. À ses yeux, les élections à venir récompenseront « ceux qui sauront convaincre la population par leur redevabilité », c’est-à-dire par des preuves de bonne gestion plutôt que par des discours. Pour les députés, il va plus loin en rappelant qu’ils doivent systématiquement informer leurs électeurs des décisions prises. « Il faut qu’il comprenne mon oui, ou mon non » soutient l'expert.
Quid du rôle actif des citoyens ?
La redevabilité ne repose toutefois pas sur les seuls élus. Les populations ont, elles aussi, leur part de responsabilité. « Pour les citoyens, ils doivent participer aux choses publiques », déclare-t-il. Une participation qui peut prendre la forme de réunions communautaires, de consultations publiques ou encore d’un suivi attentif de l’action des élus. Le spécialiste rappelle que plusieurs mécanismes existent déjà pour favoriser cette démarche. « Les audits, les commissions permanentes et autres permettent à un élu de faire de la redevabilité », a-t-il expliqué.
La sanction démocratique comme ultime recours
Si, malgré les mécanismes disponibles, un élu manque à ses obligations, la sanction populaire reste le moyen le plus efficace pour rétablir l’équilibre. « À la fin du mandat, si je ne suis pas satisfait, je ne voterai pas pour toi », insiste le Dr Charles Lougoudou Zato, rappelant que le vote demeure l’expression la plus puissante de reddition de comptes.
En somme, la redevabilité est autant un devoir pour l’élu qu’un droit pour le citoyen.



