SELON DEUX ÉTUDES RÉALISÉES PAR LE LARES AVEC L’APPUI DE L’IPAR SUR L’ASSAINISSEMENT AU BÉNIN, Les populations sont réticentes à investir dans les déchets

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Au Bénin à l’instar des autres pays de l’Afrique de l’ouest, la question d’assainissement reste encore un défi majeur malgré les efforts des autorités à divers niveaux pour une meilleure gestion de cette problématique. C’est donc pour comprendre les raisons qui expliquent cette situation que deux études ont été menées conjointement par le Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Expertise Sociale avec l’appui de l’Initiative Prospective Agricole Rurale (Ipar). Les objectifs, les résultats obtenus et les recommandations issues de ces recherches ont été présentés aux professionnels des médias, universitaires, acteurs politiques, agents des mairies et bien d’autres. C’était le mardi 27 mars 2024 au Chant d’oiseau à Cotonou en présence du coordonnateur du projet Waspa Amadou Gueye, des chercheurs du Lares dont le professeur Alix Servais Afouda et le Dr Moïse Chabi.

Samira ZAKARI

Évaluation des politiques d’assainissement au Bénin au regard des principes des (African Sanitation Policy Guidelines (Aspg) et analyse des déterminants socio-culturels, économiques et environnementaux de l’assainissement, en particulier de la gestion des boues de vidange et leurs influences sur les politiques d’assainissement au Bénin. Tels sont les ‘intitulés des deux études menées conjointement par l’Initiative Prospective Agricole Rurale (Ipar) basée à Dakar et le Laboratoire d’Analyse Régionale et d’Expertise Sociale (Lares) dans le cadre du projet Waspa.

Selon Amadou Gueye, chercheur à Ipar et coordonateur du projet Waspa, tout est parti du constat selon lequel l’assaisonnement reste encore un défi pour plusieurs pays de l’Afrique de l’ouest. « Lorsqu’on prend le dernier rapport de l’Afrique sur les Omd, on a autour de 208 millions de personnes qui font la défécation à l’air libre avec la majorité de ces personnes présentes en Afrique de l’ouest. Lorsqu’on regarde en termes d’assainissement sécurisé, on voit que trois africains sur quatre n’ont pas un assainissement sécurisé. Au niveau des politiques et des réglementations qui sous-tendent ces politiques, elles ne répondent pas le plus souvent aux aspirations en termes d’accès à un assainissement sécurisé », a-t-il expliqué. D’où l’élaboration du projet Waspa mis en œuvre dans cinq pays de l’Afrique de l’ouest dont le Bénin.
Ainsi différentes approches ont été adoptées pour l’atteinte des objectifs. Il s’agit entre autres de l’analyse des politiques d’assainissement au Bénin, l’enquête de terrain qui a permis de peaufiner les analyses initiales, la collecte des données qualitatives et quantitatives auprès de sources primaires notamment les ménages, les maraîchers, les mairies, les ministères et bien d’autres.

Résultats obtenus

Les résultats des études ont été présentés à l’assistance par les chercheurs du Lares dont le professeur Alix Servais Afouda et le Dr Moise Chabi. À l’en croire le professeur, « les résultats obtenus au niveau de la première étude montrent effectivement que le Bénin dispose d’un arsenal juridique et législatif extrêmement important qui prend en compte les préoccupations soulevées à l’échelle nationale et régionale tout en tenant compte de la diversité géographique. Toujours au niveau de la première étude, il faut dire que lorsqu’on regarde le document même qui est élaboré, il n’a pas pris suffisamment en compte un certain nombre de réalités liées à la culture, aux dispositifs socio-économiques en tenant compte par exemple du niveau de revenus. Donc la superposition des normes internationales ou régionales à nos réalités a fait que beaucoup d’objectifs ne pouvaient pas être atteints ». Et de poursuivre, « enfin quand on tient compte de l’Objectif de Développement Durable 6.2, on se rend compte que certains nombres de résultats ont pu être atteints prenant en compte par exemple le genre, au niveau du système éducatif quelque soit l’ordre d’enseignement, on s’adapte un peu plus en tenant compte des évolutions. Et puis lorsqu’on regarde à la fin, la mise en œuvre du programme de tout ce qui est lié à cette politique prouve que les autorités ont pris la dimension des choses. Par exemple il est mis en place à Abomey-Calavi et à Sèmè, tout un dispositif pour mieux traiter les boues de vidange ».
Cependant en dépit de ce constat positif dans l’ensemble, il n’en demeure pas moins que des efforts restent encore à faire au niveau des conditions socio-économiques et environnementales.

Au niveau de la deuxième étude qui porte sur l’analyse des déterminants socio-culturels, économiques environnementales, il faut souligner la nécessité de continuer la sensibilisation des populations au regard des problèmes notés du point de vue conception des populations surtout pour la gestion des boues de vidange. « A ce niveau, on a pu comprendre par exemple que les gens ne sont pas prêts à mettre de l’argent pour la gestion des déchets. Également des difficultés subsistent au niveau des structures de collecte et de transport des boues de vidange dans l’exercice de leur fonction. Des difficultés liées au refus des ménages à faire vidanger les fosses septiques à cause des problèmes de revenus. Il y a aussi la non adaptabilité des fosses septiques construits dans nos ménages et des perceptions socio-culturels qui ne permettent pas l’usage des fosses septiques dans certaines régions. Autant d’éléments pour qu’au regard de ce que nous avons observé sur le terrain du point de vue des infrastructures, du comportement des populations et de la perception de ces populations pour ce qui relève des questions d’assainissement et surtout de la gestion des boues de vidange, on revienne sur des éléments contextuelles prenants en compte nos réalités et qu’on disent que la diversité géographique peut permettre de contextualiser chacune des infrastructures à mettre en place pour l’atteinte des objectifs ».

Des recommandations

Au regard de ces résultats, des recommandations ont été faites à l’endroit des différentes parties prenantes. Il s’agit entre autres pour la première étude, de l’amélioration des ressources allouées à l’hygiène et à l’assainissement, l’amélioration de la prise en compte du genre et des aspects d’équité et d’inclusion sociale et le renforcement du volet « gestion des eaux usées ».

Au niveau de la deuxième étude, les recommandations portent sur la mobilisation de beaucoup plus de partenaires techniques et financiers et les Ong intervenants dans le sous-secteur de l’assainissement pour l’intensification des projets abordant la gestion des boues de vidange au Bénin , la sensibilisation des opérateurs privés, sur les réglementations en matière de gestion des boues de vidange et la promotion des services de collecte des boues de vidange amélioré et accessible à tous les ménages.

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