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Soutenance de thèse doctorale à l'uac: l’Ama-Aldd enregistre son 2ᵉ docteur à travers Gaspard Alofa

Soutenance de thèse doctorale à l'uac: l’Ama-Aldd enregistre son 2ᵉ docteur à travers Gaspard Alofa

Gaspard Alofa est désormais Docteur de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) en droit public avec la mention très honorable. Il a soutenu sa thèse de doctorat le samedi 7 février 2026 à la salle des actes de la Faculté de droit et de science politique (Fdsp) de l’UAC sur le thème : « Réflexion sur la décentralisation administrative au Bénin et au Niger de 2002 à 2024 ». Devant un jury international présidé par le professeur Arsène Joël Adeloui, l’impétrant a présenté le fruit de ses travaux de recherche avec des arguments et des exemples convaincants.

Membre de l’Amicale des Auditeurs du Master en Administration Locale et Développement Durable (Ama-Aldd), 1ʳᵉ promotion de l’Université de Parakou, le nouveau docteur Gaspard Alofa, au terme de son analyse, est arrivé à la conclusion que la décentralisation administrative au Bénin et au Niger est relativement inefficace. De ce fait, trois grands domaines méritent d’être réformés pour une décentralisation rénovée. « D’abord, au plan politique, il est suggéré la dépolitisation effective de l’administration locale en procédant à une réelle démarcation entre l’intérêt public national et l’intérêt public local, sans que les deux ne soient en contradiction. Cette dépolitisation devra s’étendre aux règles juridiques qui accompagnent le processus de la décentralisation en faisant du maire une autorité directement élue au suffrage universel, ce qui contribuera à limiter les conflits perpétuels entre le conseil et le maire pouvant déboucher sur la destitution de celui-ci », a-t-il proposé.

Sur le plan administratif, il estime qu’il est souhaitable de libérer les compétences afin qu’elles soient exercées réellement par les collectivités territoriales. Pour ce faire, la tutelle devra être exercée directement par un organe neutre qu’on pourrait appeler « conseil de tutelle », composé d’une diversité d’acteurs, dont des administrateurs, universitaires et magistrats. Au plan matériel, deux aspects pourraient être revus, à savoir l’aspect financier et l’aspect humain. Pour le volet financier, il est « souhaitable de décentraliser davantage la chaîne fiscale en permettant à chaque collectivité territoriale de voter les bases et les taux d’imposition qui tiennent compte du niveau de vie de leurs populations respectives ». Quant au volet humain, il est souhaitable que la fonction publique territoriale soit valorisée avec l’adoption de mesures particulières. Ces mesures peuvent promouvoir la compétence des jeunes au plan local et susciter un engouement, de sorte qu’il ne soit plus préférable pour eux de s’intéresser à la fonction publique d’État au détriment de la fonction publique territoriale.

Il faut noter que le jury était composé des professeurs Arsène Joël Adeloui, président (Bénin), Cyrille Gougbedji (examinateur interne, Bénin), Nadjombé Gbeou (examinateur externe, Togo), Hamadou Abdoulaye (examinateur externe, Niger) et Césaire Kpenonhoun (directeur de thèse). À noter que l’Ama-Aldd est une association régulièrement enregistrée qui regroupe tous les auditeurs de la première promotion. Sous le leadership de son président, Mora Abdel Baky Lafia, elle donne ses avis scientifiques sur des questions de développement par l’animation des cafés scientifiques.

Wilfried AGNINNIN

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