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Stabilisation et prévention de l'extrémisme violent à travers le programme Msec: le Bénin et l’OIM misent sur la sécurité et la résilience des communautés

Stabilisation et prévention de l'extrémisme violent à travers le programme Msec: le Bénin et l’OIM misent sur la sécurité et la résilience des communautés

Renforcer la sécurité des populations, rapprocher les services publics des communautés frontalières et prévenir durablement l’extrémisme violent, tels sont les défis auxquels répond le programme du Mécanisme de Stabilité des États Côtiers (MSEC). Réunis le mardi 27 octobre 2026 à Cotonou, à l’occasion d’un atelier consacré au bilan de sa première phase et au lancement de la deuxième, le Gouvernement béninois, l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et leurs partenaires ont dressé le bilan de trois années d’interventions dans les zones vulnérables du nord du Bénin. Avec 66 micro-subventions approuvées, des infrastructures réalisées, des acteurs de sécurité formés et des communautés accompagnées, le programme entend désormais consolider ses acquis et renforcer son impact sur la stabilité des territoires dans le Nord du Bénin. 

S.A.A

Photo de famille des participants 

La stabilisation et la sécurisation des zones exposées à l’expansion de l’extrémimse violent depuis le Sahel  ne se limitent plus à la seule présence des forces de défense et de sécurité. Elle suppose également des services publics accessibles, des populations impliquées dans la prévention des menaces et des conditions de vie susceptibles de réduire les vulnérabilités. C’est autour de cette approche que s’est tenue cette rencontre nationale. Organisé par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), en partenariat avec l’Agence Béninoise de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (ABeGIEF), cet atelier a rassemblé près d’une soixantaine de participants. Parmi eux, des responsables d’agences gouvernementales, des cadres de plusieurs ministères, des représentants d’organisations internationales et de partenaires techniques et financiers, des autorités préfectorales et communales ainsi que des acteurs communautaires. La cérémonie a été marquée par la présence du ministre délégué auprès du président de la République, chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, et du ministre des Enseignements maternel et primaire, Armand Natta. Les représentants diplomatiques de l’Allemagne et du Royaume des Pays-Bas étaient également présents, témoignant de l’engagement des partenaires internationaux en faveur de la stabilité des régions frontalières.

En effet, financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas et le Bureau des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni, le MSEC est mis en œuvre par l’OIM. Sa première phase, couvrant la période d’avril 2023 à avril 2026, a accompagné les efforts du Gouvernement béninois pour renforcer la stabilité, la cohésion sociale et l’accès aux services essentiels dans les zones frontalières vulnérables du nord du Bénin.

Lors des échanges 

Dans son intervention, la cheffe de Mission de l’OIM au Bénin, Fatou Diallo N’Diaye, a rappelé la vocation stratégique du programme et les principes qui guident ses interventions. Elle a notamment insisté sur le ciblage des communes confrontées à une situation sécuritaire tendue, le renforcement de la présence de l’État et de la confiance entre les populations et les institutions publiques ainsi que la nécessité de produire des changements tangibles dans des délais adaptés à l’urgence des besoins. L’approche retenue vise à soutenir les institutions béninoises et à répondre rapidement aux besoins des communautés, sans dissocier les impératifs sécuritaires des préoccupations de développement local. La relation de confiance entre les populations, les institutions publiques et les autorités chargées de la sécurité constitue, dans cette perspective, un levier essentiel de prévention.

De même, cette orientation rejoint les préoccupations exprimées par l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Bénin, Dr Stefan Buchwald. Il a présenté le MSEC comme l’un des programmes stratégiques prioritaires destinés à promouvoir la sécurité dans la région. Le diplomate allemand a insisté sur trois principes fondamentaux à savoir : cibler les communes confrontées à une situation sécuritaire particulièrement tendue, renforcer la présence de l’État et la confiance des populations dans l’action publique puis produire des changements concrets à court terme. « Les relations positives entre les populations, les institutions publiques et les autorités de sécurité contribuent de manière essentielle à prévenir l’infiltration des communautés par des groupes criminels et terroristes », insiste-t-il.

Des participants 

La nécessité d’associer les réponses sécuritaires au développement local a également été mise en avant par l’ambassadeur du Royaume des Pays-Bas au Bénin, Joris Jurriëns. Pour le diplomate, la sécurité et la stabilité constituent des intérêts communs au Bénin et aux Pays-Bas mais aussi un enjeu pour la prospérité de l’Afrique de l’Ouest. Face aux menaces que représentent le terrorisme et l’extrémisme violent, il a estimé qu’une réponse exclusivement militaire ne saurait suffire. La lutte contre ces phénomènes requiert, selon lui, « une approche holistique qui combine les réponses militaires avec présence d’État et développement structurel ». Le diplomate a, par ailleurs, mis en avant le rôle du MSEC dans le rapprochement entre les acteurs civils et militaires. Il a cité les interactions observées dans le cadre des activités liées à l’opération Mirador, à la suite d’une visite à Natitingou, comme un exemple de collaboration entre les forces armées et les acteurs civils au service des populations.

Des participants 

Le bilan présenté au cours de l’atelier met en évidence l’ampleur des interventions engagées durant la première phase. Au Bénin, 66 micro-subventions ont été approuvées, représentant un volume d’activités de 6,4 millions de dollars américains. Dans le domaine sécuritaire, le programme a notamment contribué à doter la Police républicaine de cinq véhicules, d’une trentaine de motos et de divers équipements de protection. Quatre cents policiers ont également bénéficié de formations portant sur la police communautaire et les premiers secours. Ces actions visent à renforcer les capacités opérationnelles des acteurs de sécurité tout en favorisant une meilleure interaction avec les populations. Le bilan concerne également les services sociaux de base. Des actions médicales gratuites ont bénéficié à 7500 personnes. Le programme a permis la distribution de 2750 tables-bancs, l’installation de 90 lampadaires, la construction de deux écoles communautaires et de deux laboratoires, ainsi que l’équipement de huit centres de santé et de trois centres de formation professionnelle. À ces réalisations s’ajoute la réhabilitation de plusieurs infrastructures communautaires. Sur le terrain, les interventions ont notamment concerné les communes de Kèrou, de Malanville et de Matéri, dans les départements de l’Atacora et de l’Alibori.

Le programme a également soutenu des coopératives de femmes, aménagé des espaces maraîchers et renforcé les capacités de leaders communautaires en matière de médiation des conflits. Il a également appuyé le bornage de 30 kilomètres de couloirs de passage afin de favoriser le dialogue entre agriculteurs et éleveurs et de prévenir les différends liés à l’utilisation des terres. Ces initiatives accordent une place importante aux communautés dans la recherche de solutions adaptées à leurs réalités. En renforçant les mécanismes locaux de dialogue, le programme entend favoriser une meilleure compréhension entre les populations et les institutions. 

Pendant les travaux de l'atelier 


À cet égard, la coordination assurée par l’ABeGIEF, en sa qualité de point focal national, apparaît comme un élément central du dispositif. Pour la deuxième phase du MSEC, quatre priorités ont été mises en avant à savoir : consolider les acquis et garantir leur appropriation locale, renforcer la coordination et la complémentarité des interventions, faire de la jeunesse et de l’inclusion communautaire des leviers de stabilité, puis améliorer le suivi-évaluation et la mesure des effets. Au-delà de la présentation des résultats, les travaux de Cotonou doivent permettre au Gouvernement et à ses partenaires de définir les priorités stratégiques pour les trois prochaines années et d’examiner les possibilités d’extension du programme à de nouvelles communes ou à d’autres départements. Le Gouvernement béninois a, pour sa part, exprimé sa reconnaissance aux partenaires et réaffirmé son engagement à accompagner la mise en œuvre de la nouvelle phase, en cohérence avec les priorités nationales de sécurité, de développement local et de gestion intégrée des espaces frontaliers. L’enjeu est désormais de transformer les acquis de la première phase en résultats durables, en plaçant les communautés au cœur des efforts de prévention et de stabilisation.

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