La Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) a rendu publics, le samedi 17 janvier 2026, les résultats provisoires des élections législatives du 11 janvier dernier. Selon les chiffres officiels, l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) arrive en tête avec 41,15 % des suffrages, suivie du Bloc Républicain (BR) avec 36,64 %. Le parti Les Démocrates (LD) obtient 16,16 %, la FCBE 4,86 % et Moele-Bénin 1,21 %. Ces résultats se traduisent par une répartition de 60 sièges pour l’UP le Renouveau et 49 pour le Bloc Républicain à l’Assemblée nationale. Ils confirment surtout le net recul du parti Les Démocrates par rapport aux législatives de 2023. Les électeurs qui avaient, par le passé, exprimé un vote d’émotion semblent avoir révisé leur position, au regard du fonctionnement interne du LD et de son incapacité à se comporter comme un véritable parti de gouvernement.
À la lecture de ce double scrutin, le parti de l’opposition Les Démocrates confirme un effondrement politique préoccupant. Avec seulement 16 % des suffrages au plan national et pas moins de treize circonscriptions électorales où il n’a pas atteint le seuil des 20 %, le score est loin des attentes. Cette contre-performance s’explique en grande partie par une gestion interne jugée approximative, notamment dans les choix stratégiques opérés par son président, Boni Yayi, lors de la désignation des candidats aux différentes élections. À plusieurs reprises, les militants les plus méritants ont été écartés au profit de choix imposés, générant frustrations, divisions et crises internes.
Cette situation n’est pas sans rappeler les erreurs observées lors de la présidentielle de 2021, alors même que le parti disposait encore d’une large coalition politique. Visiblement, de nombreux militants ont fini par tourner le dos au LD, par déception ou par lassitude.
Faut-il alors craindre une Assemblée nationale monocolore, composée uniquement de l’UP le Renouveau et du Bloc Républicain ? La réponse est non. La prochaine législature sera marquée par une réelle diversité d’opinions politiques. En effet, plusieurs députés nouvellement élus sur les listes de l’UP-R et du BR sont d’anciens cadres ou militants du LD. Ces derniers, estimant que leur ancien parti ne leur offrait plus un cadre d’expression adéquat pour défendre leurs idéaux politiques dans un esprit républicain, ont fait le choix de rejoindre ces deux grandes formations.
Leur élection, conjuguée à l’effondrement du LD, semble aujourd’hui leur donner raison. Il appartient désormais à l’UP le Renouveau et au Bloc Républicain de favoriser une expression plurielle au sein de l’hémicycle, afin que les contributions de ces ex-militants du LD soient pleinement entendues et valorisées.
Dans des circonscriptions électorales comme la 1ère, la 2ème et la 3ème, longtemps considérées comme des fiefs du LD, le parti a subi des défaites significatives. Cela démontre qu’il n’y bénéficiait pas de l’ancrage populaire qu’il croyait. S’il avait su conclure un accord de coalition parlementaire avec au moins l’un des grands partis, le LD aurait pu obtenir des députés dans certaines circonscriptions au regard de ses scores. Mais, faute de stratégie politique cohérente, cette opportunité a été manquée.
En définitive, la réforme du système partisan continue de produire ses effets, en structurant progressivement la vie politique autour de deux grandes formations appelées à se renforcer, à condition de maintenir le cap du travail et de la cohésion.
Il convient enfin de saluer la maturité des électeurs béninois, qui ont su voter utile et indiquer clairement à chaque parti sa place sur l’échiquier politique national.
La Rédaction



