ANIMATION DE LA VIE POLITIQUE AU BENIN : Top 10 des hommes politiques ayant fait l’actualité en 2019

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ANIMATION DE LA VIE POLITIQUE AU BENIN

Top 10 des hommes politiques ayant fait l’actualité en 2019

Trois événements majeurs ont retenu les attentions au cours de l’année qui s’achève, il s’agit des élections législatives et leurs cortèges de violences, de l’évaluation des enseignants, et de la révision de la constitution. De même, d’autres situations non moins importantes sont venues tenir en haleine les béninois avec plusieurs personnalités politiques en scène. Ainsi, de janvier en décembre, dix se sont vraiment illustrées d’une manière singulière. La rédaction de Daabaaru revient sur quelques moments chauds de l’année à travers ces dix personnalités parmi tant d’autres. Lisez-plutôt.

Edouard ADODE

Au plan politique, l’actualité a été sérieusement mouvementée au Bénin. On peut déjà retenir dans le top 10 de cette année les personnalités telles que le président Patrice Talon, l’ancien président Boni Yayi, Sébastien Ajavon, Komi Koutché, le ministre Mahougnon Kakpo, Joseph Djogbénou, Sacca Lafia, Sabi Sira Korogoné, Claudine Prudencio, et Candide Azannaï qui ont fait couler assez de salive et d’encre dans diverses affaires.

Le Président Patrice Talon

L’année 2019 a commencé par la polémique autour des 20 000 emplois qui auraient été créés en 2018. Ce chiffre a vivement suscité assez de discussion au cours du premier trimestre de l’année. Juste après ce temps de polémique, place a été faite aux questions des législatives qui ont fait le chou gras de la presse nationale et internationale. Ainsi, suite à l’application des nouvelles dispositions légales en matière législative, le chef de l’Etat a tenté en vain de trouver le consensus face à l’impasse politique qui se pointait à l’horizon. Par la suite, ces élections se sont déroulées bon gré mal gré avec à une assemblée unicolore installée sous une forte présence militaire. Patrice Talon s’est également illustré par ses prises de position sur certaines questions internationales.

Thomas Boni Yayi

Il a été l’homme le plus vu en 2019. Boni Yayi a été la vedette de la Résistance à Talon. Bien avant les législatives, il tirait la sonnette d’alarme pour signaler le danger que constituaient ces élections pour lesquelles tous les partis de l’opposition étaient exclus. Ainsi, il a marqué l’actualité par sa sortie au marché Dantokpa accompagné du couple Soglo. Ce fut le grand jour où l’ancien président a visiblement voulu faire parler ses triceps. Par la suite, il fut contraint à quitter le pays après une cinquantaine de jours en résidence surveillée. Après un bon moment passé hors du Bénin, il a fait son come-back avec des émissaires de la Cedeao le 20 novembre où il a été accueilli dans une ferveur extraordinaire. Ce jour-là, il posa un lapin à Talon qui espérait le recevoir au palais de la Marina en compagnie des émissaires de la Cedeao. Ce retour fut donc bref et précipité.

Sébastien Ajavon

L’année 2019 n’a pas été de tout repos pour le président de l’Union Sociale et Libérale (Usl). Vivant à l’hexagone depuis la fameuse affaire de 18Kg de cocaïne pure, Sébastien Ajavon a fortement été cité dans la presse nationale en 2019. Déjà le 29 mars, la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples a rendu un arrêt en sa faveur ordonnant à la Criet de suspendre sa décision de condamnation de l’homme d’affaires. Une décision qui restera non exécutée jusqu’à ce jour avant que l’Etat béninois ne soit condamné par la même cour le 29 novembre à verser 60 millions d’euro à Ajavon. Mais cette dernière décision est vouée au même sort que celle d’avril. De même, depuis la France Ajavon ne cesse de se prononcer sur les sujets brûlants de l’actualité dans son pays, et piaffe d’impatience de retrouver sa terre natale.
Ce fut une triste année pour son parti qui est tombé dans l’informel au regard des nouvelles lois qui régissent la vie politique au Bénin.

Komi Koutché

A l’instar de Sébastien Ajavon, Komi Koutché a eu le sommeil très agité au cours de 2019 même vivant aux Etats-Unis. Déjà dans le premier trimestre de l’année, l’ancien argentier national était sous les feux de la rampe de l’actualité avec son arrestation à Madrid. Une grosse information qui a agité la presse nationale comme internationale. Ainsi, pendant plusieurs mois, le suspens était maintenu sur la question de son extradition vers le Bénin. Au finish grâce aux services de son emblématique avocat Lux Chabaneix, il fut relâché et retourna à Chicago où il multiplie depuis lors des sorties médiatiques pour agiter l’opinion nationale.

Sacca Lafia

C’est l’homme politique ayant eu plus de sueur froide au cours de l’année. Nul ne peut oublier ses fameuses mises en garde faites à l’endroit des éventuels fauteurs de trouble dans le cadre des campagnes électorales en avril dernier. Ses phrases qui ont été publiées par les organes de Daabaaru, ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux et autres médias pendant longtemps. Ses éléments de la police républicaine ont eu du pain sur la planche pendant ces élections et même après les élections face aux populations révoltées. Inutile de rappeler les tristes événements de Tchaourou, de Savè, de Kandi et de Cadjèhoun.

Mahougnon Kakpo

Pour le ministre Mahougnon Kakpo, l’année 2019 lui a été de tous les soucis. Puisqu’entre lui et les enseignants, le torchon a longtemps brûlé autour des évaluations imposées à ces derniers afin de jauger leurs connaissances. Ce fut un moment de grandes tôlées. Au finish, après l’évaluation des aspirants, celle diagnostique a eu du plomb dans l’aile avant d’être effective. Le Borgou a d’ailleurs été l’épicentre du boycott avec des centres de composition fortement militarisés pour la première session. Par la suite, sous la menace de radiation, une seconde chance fut donnée aux enseignants boycotteurs avec la présence effective du ministre à Parakou pour superviser cette phase de rattrapage.
Mahougnon Kakpo continue d’ailleurs d’alimenter l’actualité au Bénin puisque la base de données constituée a empiré la situation des établissements secondaires qui sont jusqu’à présent sans enseignants. Entre temps, le même ministre était à couteau tiré avec les apprenants de l’Efms de Parakou à cause de sa décision de fermeture de la filière des élèves aides-soignants.

Joseph Djogbénou

Au départ ministre de la justice dans le gouvernement de Patrice Talon, Joseph Djogbénou a connu une promotion exceptionnelle en devenant président de la cour constitutionnelle. Mais avant son départ, il a été un acteur phare du vote du code pénal du Bénin dans des conditions très décriées. Une fois à la cour constitutionnelle, l’ancien avocat de Patrice Talon, est revenu sur plusieurs décisions de son prédécesseur remettant ainsi en cause le principe d’irrévocabilité des décisions de la cour constitutionnelle qui a priori ne sont susceptibles d’aucun recours. Il est considéré par l’opposition comme l’inventeur du certificat de conformité, la pièce qui a constitué un rubicon pour les partis de l’opposition lors des dernières législatives.
Djogbénou a été le président des institutions étatiques le plus soupçonné de connivence avec le chef de l’Etat Patrice Talon.

Candide Azannaï

L’homme fort de la Résistance. Candide Azannaï a fait assez de promesse d’heures chaudes à Patrice Talon dans le cadre des dernières législatives. Le philosophe de Jonquet a multiplié sorties sur sorties pour dénoncer les conditions d’organisation de ces élections. Il a même promis installé son parlement, après l’installation de la 8e législature, une promesse non réalisée jusqu’à présent.
Candide Azannaï bien étant de l’opposition, il a eu du mal à convaincre tous les leaders de l’opposition de sa sincérité dans la lutte, il est parfois considéré comme une taupe au sein de l’opposition. Il était toujours aux côtés de Boni Yayi durant ses heures de peine.

Claudine Prudencio

Dans ce top 10, Claudine Afiavi Prudencio est retenue parce qu’en 2019, son parti Union Démocratique pour un Bénin Nouveau (Udbn) était presqu’à la porte de l’opposition. Mais l’honorable a tenu bon en affirmant coûte que coûte à chaque sortie, son amour pour le pouvoir de la Rupture même si apparemment, elle est moins considérée par la mouvance présidentielle.
Elle a été secouée par la vague de démission de certains de ses partisans après le renvoi de certains pour mauvaise conduite vis-à-vis du parti.

Sabi Sira Korogoné

L’homme de l’initiative de Nikki. 2019 est pour le jeune Korogoné une année de sa plus grosse déception. Lui qui a été en prison pour avoir mal exprimé son mécontentement, s’est affiché comme un jeune opposant qui ne démord jamais et prêt pour le sacrifice suprême. Mais depuis sa cellule à la prison civile de Cotonou, Sabi Sira Korogoné ne cachait pas sa déception face à la division qui caractérise l’opposition. Il a eu le sentiment d’avoir été sacrifié pour rien. Ce qui a fait qu’après sa sortie, le jeune opposant s’était obligé de se désolidariser des vieux de l’opposition qui luttent contre Talon dans un climat de suspicion. Il est désormais un cavalier solitaire dans la lutte.

Ces dix personnalités retenues par la rédaction de Daabaaru ne représentent qu’une infirme partie de cette kyrielle d’hommes politiques de l’année.

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