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Célébration de l'indépendance à travers un simple dépôt de gerbes: Parakou mérite une célébration digne du nom

Célébration de l'indépendance à travers un simple dépôt de gerbes: Parakou mérite une célébration digne du nom

Depuis quelques années, la fête de l'indépendance est célébrée dans la plus grande sobriété. Une brève cérémonie de dépôt de gerbes à la place Hubert Maga, puis au mausolée du même illustre disparu, et c'est tout. Pas de défilé militaire, ni de défilé civil, encore moins de grande liesse populaire. Pendant ce temps, à Cotonou, les manifestations officielles mobilisent forces armées, corps paramilitaires, diplomatiques, corporations, autorités politico-administratives et populations dans un rituel patriotique de grande ampleur. Cette asymétrie interpelle et laisse un goût inachevé dans le rang des populations et même des autorités de la ville de Parakou.

Parakou n'est pourtant pas une commune comme les autres. Elle figure, aux côtés de Cotonou et de Porto-Novo, parmi les communes à statut particulier du Bénin. Elle est d'ailleurs la capitale du septentrion, carrefour commercial entre le Sud et le Nord, entre le Bénin et les pays voisins du Sahel avec à la clé une activité économique soutenue. Ce statut devrait se traduire, dans les faits, par une reconnaissance symbolique à la hauteur de son rang. Or, en matière de célébration de la fête nationale, Parakou demeure traitée comme une simple commune ordinaire ou intermédiaire, loin de l'éclat réservé à Cotonou, capitale économique, ou même de la solennité protocolaire accordée à Porto-Novo, capitale politique.

L'importance du défilé militaire et civil

Le défilé militaire et civil n'est pas un simple exercice folklorique. Il est le moment où la nation se donne à voir à elle-même : les corps constitués, les élèves, les scouts, les groupements associatifs, les artisans, les étudiants, les forces de défense et de sécurité y affichent une cohésion qui dépasse le protocole. Priver Parakou de ce moment, c'est priver toute une région de ce miroir national, c'est laisser penser que la fête de l'indépendance se vit pleinement seulement là où siège le pouvoir central.

La formule de la rotation nationale

Il y a de cela quelques années, le Bénin organisait ses manifestations officielles de l'indépendance dans une ville autre que Cotonou, selon une logique de rotation censée valoriser les régions. Cette pratique n'est plus d'actualité. Rien n'empêcherait d'inscrire la ville de Parakou dans un cycle plus régulier, ou à tout le moins de lui accorder, chaque année, une cérémonie dotée d'un défilé propre, à l'échelle de son statut. Cela permettra de renforcer, concrètement, plusieurs dynamiques économiques, de cohésion nationale et bien d'autres.

Réclamer pour Parakou une cérémonie à la mesure de Cotonou n'est donc pas une simple question de prestige régional. C'est une demande de cohérence : un statut particulier appelle un traitement particulier. C'est une revendication légitime, loin d'être un caprice. Les populations attendent des actions concrètes du Président Romuald Wadagni.

Wilfried AGNINNIN

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