DÉPERDITION SCOLAIRE AU BÉNIN : Les raisons profondes d’un phénomène qui prend de l’ampleur

2 ans ago | Written by
36 524 vues
0 0

La déperdition scolaire prend de plus en plus d’ampleur au Bénin. Considérée comme l’ensemble des difficultés qui empêchent l’apprenant inscrit dans un lycée ou collège d’achever ses études dans le délai prescrit, les causes de la déperdition scolaire sont multiples. Malgré les efforts du gouvernement et des organisations pour freiner ce phénomène, il a toujours la peau dure. Les acteurs doivent donc intensifier des actions de sensibilisation pour renverser la tendance. 

Léa TAOUEMA (Stg)

De plus en plus, le taux de déperdition scolaire au Bénin ne cesse d’augmenter dans les établissements. Des apprenants abandonnent les bancs pour plusieurs raisons.

Les réelles motivations

Plusieurs raisons justifient la déperdition scolaire. L’école semble ne plus répondre aux besoins de son homme et par ricochet n’est plus une issue pour gagner sa vie. Selon le responsable du Collège d’Enseignement Général (Ceg) de Datori dans la commune de Cobly Parfait Sabi Sambiéni, les raisons sont multiples. Il énumère, « La pauvreté des parents. Le manque de moyens pour répondre aux besoins des enfants est la première cause d’abandon des bancs par les enfants. Aussi, le désintérêt à aller à l’école parce que beaucoup d’élèves pensent que l’école n’est plus une issue pour gagner sa vie. Ils préfèrent voyager sur le Nigéria, le Ghana travailler pour acheter des motos et des vélos pour revendre ou pour faire zem, et gagner de l’argent ». Il met également un accent sur l’abandon des classes au profit des métiers. « De plus, aujourd’hui il y a des Ong qui prennent en charge les jeunes apprentis et la durée de formation est courte. Ce qui fait que les élèves abandonnent les classes pour des métiers », a-t-il ajouté. À tout ceci, l’on peut noter également au niveau des filles, le mariage précoce ou forcé, les grossesses sur les bancs et la baisse du niveau des élèves. L’année scolaire écoulée, après six mois de cours, Nikki a enregistré 430 abandons au niveau des dix établissements publics que compte la commune. Selon nos sources, les garçons étaient les plus nombreux.

Responsabilité des chefs d’établissements et parents

Face à cet état de chose, les responsables d’établissements et parents d’élèves doivent conscientiser les apprenants pour leur maintien à l’école. C’est ce que révèle le directeur Parfait Sabi Sambiéni. « La sensibilisation permanente à l’endroit des élèves sur les avantages à s’instruire d’abord, la sensibilisation à l’endroit des parents à continuer par envoyer les enfants à l’école même s’ils pensent que l’école n’a plus d’issue. Également, il faut la protection des apprenants vulnérables, la dénonciation des cas de mépris des droits des enfants, l’exonération de la contribution des cas des apprenants démunis, l’appel aux Ong qui parrainent et soutiennent les enfants démunis », a-t-il proposé. Parfait Sabi Sambiéni a, pour finir, demandé aux parents de « continuer à envoyer les enfants à l’école, les appuyer, les soutenir moralement et financièrement ».

De l’autre côté, les parents doivent assumer leurs responsabilités en ce qui concerne tous les besoins d’un élève pour qu’il n’abandonne pas les bancs. C’est ce que pense Kounnato Issifou un parent d’élèves. « Pour moi, pour maintenir mon enfant à l’école, je dois le suivre rigoureusement c’est-à-dire suivre son cursus scolaire normalement. Aussi, je dois lui fournir tout ce dont il a besoin, documents au programme, petit déjeuner, vérifier à tout moment son bulletin, discuter avec lui pour savoir s’il a des difficultés, ne pas lui permettre d’avoir des mauvais camarades. De plus, je dois l’encourager à tout moment et lui montrer l’importance des études », a-t-il exprimé.

Outre les chefs d’établissements et parents, l’État et ses partenaires doivent également jouer convenablement leurs rôles. Ils doivent intensifier la sensibilisation et multiplier les actions auprès des élèves surtout des zones reculées et frontalières du pays. La déperdition scolaire, c’est une affaire de tous et un engagement collectif.

Article Categories:
A la une · Éducation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Daabaaru