ÉDITO : Des velléités de rébellion au Bénin ?

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ÉDITO

Des velléités de rébellion au Bénin ?

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement était l’invité de Carine Frenk sur la Radio France Internationale (Rfi) le mardi 29 octobre dernier. Au cours de l’entretien téléphonique que le ministre a accordé à la radio française, il s’est prononcé sur plusieurs points relatifs aux conclusions du dialogue politique. Ainsi en répondant à la question suivante, « pourquoi introduire le parrainage pour les candidats à l’élection ? Beaucoup comme le constitutionnaliste Joël Aïvo redoute un nouveau mécanisme d’exclusion » ; le ministre Orounla a semblé traiter de « rebelles » ceux qui formulent cette réserve. « Nous n’avons pas inventé le parrainage, il existe un peu partout, donc ces craintes sont des velléités de gens qui ne veulent pas accorder le crédit de la bonne foi ou qui veulent rester dans la rébellion permanente, dans la contestation permanante… », a répondu le ministre.

Cette réponse fait croire que le professeur Aïvo et bien d’autres personnalités non citées qui ne sont pas dans le même dynamisme que le chef de l’Etat, sont dans une rébellion. Cette allégation du porte-parole du gouvernement semble réduire les opposants en rebelles de la Nation.

Cependant, bien que le professeur Aïvo ait souvent la dent dure dans ses analyses sur les actes que pose le gouvernement de la rupture, il serait péremptoire d’assimiler les agissements de l’éminent constitutionnaliste à des actes de rébellion. Les réserves formulées par le professeur entrent en ligne de compte des exigences de la démocratie qui repose a priori sur la diversité des opinions.

Alors, cette réaction de maître Orounla pourrait traduire une velléité d’un pouvoir autocratique prônant l’unicité des idées tout comme à l’ère du Marxisme-léninisme du feu Général Mathieu Kérékou. Un régime militaire n’acceptant aucune idée d’opposition et traitant par conséquent tous les opposants de rebelles ou de traites, avec une fin malheureuse donnant naissance au renouveau démocratique. Ainsi, au-delà de tout, Joël Aïvo doit être considéré comme un miroir qui permet à la rupture de corriger ses éventuels faux pas pour une gouvernance efficace. Celui-là autrement dit, est le premier ami du pouvoir de la rupture.

Au demeurant, le Bénin a plus que jamais besoin de la voix de tous ses fils et filles sur le chantier de sa reconstruction.

Edouard ADODE

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