Le Projet Régional de Prévention et de Réponse à l’Extrémisme Violent dans le Corridor Atlantique à travers le Pnud et sur financement du Danemark poursuit ses séances de formation dans divers domaines au profit des communautés bénéficiaires. À cet effet, il a organisé du 26 au 30 octobre 2026, une formation professionnelle de courte durée et de renforcement de capacités des jeunes et femmes bénéficiaires du projet des communes de Pèrèrè et de Gogounou sur l’entrepreneuriat et le développement de micro-entreprises. Tenue à Pèrèrè et à Gogounou, cette formation vise à créer des opportunités locales et améliorer les conditions de vie tout en réduisant l’attrait des discours extrémistes, renforçant la cohésion sociale et contribuant à une paix durable. Le projet soutient ainsi la résilience économique locale des communautés vulnérables en favorisant l’autonomisation économique de 100 femmes et jeunes dans chacune de ces deux communes. Voici ci-dessous les impressions de quelques participants à la formation.
Wilfried AGNINNIN
Arouna Mama Chabi, Maire de Pèrèrè
« À la fin de cette activité, je voudrais exprimer mes sentiments de joie et surtout de reconnaissance à tous les partenaires, le Pnud, l’Ambassade du Danemark qui ont activement participé à la réalisation de ce projet et aussi remercier le gouvernement qui a facilité tout cela. Je voudrais maintenant dire que, vu notre situation géographique, Pèrèrè est une commune frontalière du Nigéria. Et quand un projet vient renforcer les capacités des acteurs à la base, pour nous, c’est une très bonne chose parce que les extrémistes recrutent souvent au sein d’une jeunesse désœuvrée, d’une jeunesse délaissée, au sein d’une jeunesse qui n’a plus de boussole. Or, avec ce projet, nous avons constaté le renforcement de capacités de ces jeunes qui mènent des activités à la base. C’est une grande joie pour nous parce que ce faisant, cette activité permet de prévenir les dangers futurs. Cela permet à ces jeunes de pouvoir mener des activités dans la quiétude, dans la paix, dans la cohésion sociale. De telles activités viennent renforcer notre vivre ensemble, cela vient encourager les jeunes à aller vers des activités génératrices de revenus. Vous avez vu que ce sont des jeunes qui avaient un métier mais qui voulaient vraiment ce renforcement. C’est un projet qui est venu à point nommé. C’est pourquoi nous souhaitons que cela ne s’arrête pas en si bon chemin. Que le Pnud, avec d’autres partenaires, puisse continuer à nous soutenir pour que notre jeunesse puisse sortir de la précarité ».

« Je tiens sincèrement à remercier le Pnud et l’Ambassade du Danemark. Cette initiative va permettre aux femmes et aux jeunes de ma commune de pouvoir s’auto-employer ; parce que, vous savez, nous avons beaucoup de jeunes qui ont appris des métiers mais qui ne sont pas en mesure d’acquérir le matériel qui peut leur permettre de s’installer. Avec l’appui du projet qui a déjà commencé par cette formation, je pense qu’ils vont avoir du matériel à leur disposition et cela va leur permettre d’avoir ce qu’il faut pour pouvoir entretenir leurs familles ».
Chabi Yérima Mèmouna, Technicien Spécialiste de maïs à la cellule communale de Gogounou/Atda 2
« Le premier jour, j’ai eu à sensibiliser les artisans qui pensent que seul leur métier peut les aider à sortir de la misère ou de la pauvreté. Je leur ai dit qu’il faut aussi pousser sa curiosité en s’intéressant à l’agriculture, l’élevage, la pêche, associer cela à son métier. C’est pour gagner beaucoup parce que, lorsque nous sommes artisans, cela ne nous empêche pas d’avoir une petite superficie à côté pour la consommation de la famille, on peut faire du maraîchage ; cela va nous aider. J’ai fait cette sensibilisation, les gens ont bien compris, ils sont motivés. Nous avons quatre coopératives qui ont été sélectionnées par le projet et d’ici quelque temps, elles vont bénéficier d’appuis. Les femmes étaient contentes car il faut dire que plusieurs coopératives avaient vraiment besoin de renforcement de capacités. Mais avec cette formation qui a été faite, elles ont été renforcées. Nous avons choisi une formatrice qui était vraiment douée dans ce domaine. Et c’est elle qui a formé les quatre coopératives. Vraiment, les dames étaient contentes parce qu’il y avait certaines notions, certaines pratiques qu’elles ne connaissaient pas et elles ont compris que cela allait dans leurs intérêts. Elles ont apprécié la formation ».
Suanon Baba Orou Arouna, représentant du Ccec Pèrèrè
« Je suis très ravi de cette formation parce que les femmes, en dehors de leurs activités principales, n’ont plus d’autre activité génératrice de revenus. Grâce à cette formation, elles ont acquis beaucoup de connaissances, notamment par rapport à la transformation de l’arachide en galette et ses dérivés ; la transformation de noix de karité en beurre et en pommade ; la transformation du manioc en gari et en tapioca ; la transformation de cossettes d’igname en couscous communément appelé “Wassawassa”. Elles étaient très contentes parce qu’elles n’avaient pas cette connaissance par rapport à ces transformations. Elles m’ont dit que si, par an, elles peuvent avoir ces genres de renforcement de capacités, cela va beaucoup les aider au niveau de leurs familles respectives. Avant, elles avaient des difficultés. Si leurs maris disaient qu’ils n’avaient rien à donner, elles restaient bredouilles. Maintenant, avec cette formation et les connaissances qu’elles ont pu acquérir, elles peuvent se faire de l’argent et aider leurs foyers respectifs. Cette formation va donc apporter beaucoup de choses à la communauté et on va sentir cela au niveau des foyers et au niveau de la scolarité des enfants parce que parfois les enfants sont renvoyés de l’école parce qu’ils n’ont pas payé la scolarité ou qu’ils n’ont pas tous les documents ou manuels pédagogiques ; si les maris n’en ont pas, les femmes peuvent en donner ».




