LUTTE CONTRE LES CRIMES ÉCONOMIQUES AU BÉNIN : De l’Ige de Yayi à la Criet de Talon, qu’est-ce qui a changé ?

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LUTTE CONTRE LES CRIMES ÉCONOMIQUES AU BÉNIN

De l’Ige de Yayi à la Criet de Talon, qu’est-ce qui a changé ?

À l’ère du renouveau démocratique au Bénin, les crimes économiques de tout genre se multiplient dans un pays économiquement agonisant. Néanmoins, depuis quelques années, il est noté une volonté manifeste du côté des gouvernements visant à endiguer le mal. Ainsi, sous le président Yayi, le Bénin a connu la fameuse Inspection Générale de l’État (Ige). Aujourd’hui, la rupture parle de la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (Criet). Ces deux instruments étatiques de lutte contre la gangrène économique, présentent à maints égards des ressemblances et des dissemblances. Cependant, la Criet semble déjà présenter les signes de faiblesses notées entre temps dans le fonctionnement de l’Ige.

Édouard ADODE

S’il y a des maux qui sucent le sang du Bénin tel un sangsue, il s’agit bien évidemment de la corruption, le blanchiment d’argent, le détournement de derniers publics. Ils s’emplifient au jour le jour, laissant le Bénin chétif et agonisant comme un enfant atteint de marasme. Cependant, l’antidote de ces maux semble être encore très loin.
Plein de détermination au début de son règne, l’ancien président Boni Yayi à créé l’Ige. Cette institution qui était chargée de l’audit des structures étatiques, avait suscité assez d’admiration au sein de la population. Plus d’un des béninois voyaient en elle une solution infaillible à ces maux, puisque le mode de fonctionnement de cette institution était a priori une prévention desdits maux. L’institution dirigée par le célèbre inspecteur Alidou Koussé sous la supervision du chef de l’État, s’est très tôt transformée en instrument de chantage contre les opposants au pouvoir. Ce qui a très tôt dépouillé l’Ige de toute sa crédibilité et faisant d’elle un chien de garde du chef de l’État. Par conséquent, les cadres n’avaient plus peur de cette institution, car il suffisait simplement de chanter les louanges du chef de l’État pour rester intouchable par l’Ige.

Quid de la Criet ?

Même si formellement la Criet a une base juridique plus assise que l’Ige, puisqu’elle est instituée par une loi, or l’Ige avait pour base un décret, les deux interviennent sur la thématique des infractions économiques. Certes, la Criet a un champs d’intervention plus large que l’Ige d’antan, et à priori une indépendance relevant du pouvoir judiciaire. Cependant, après quelques jours de fonctionnement, la Criet semble déjà présenter les mêmes faiblesses que l’Ige. Les gros clients de cette instance juridique sont d’une coloration qui semble confirmer la chose. Certes, on y voit également quelques petits délinquants économiques, mais ce qui semble retenir plus l’attention des béninois est le cas des gros bonnets.
La Criet a assez d’atouts qui lui permettront de survivre, si et seulement si, elle peut se démarquer de la pression des politiciens. Elle a l’obligation de garder son indépendance constitutionnelle pour ne pas subir le même sort que l’Ige.

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