PREPARATIFS DU NOUVEL AN : Les grands sacrifices des dernières heures

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PREPARATIFS DU NOUVEL AN

Les grands sacrifices des dernières heures

Vers la fin de chaque année, chacun se prépare à sa manière pour aborder sous de meilleurs auspices le nouvel an. Cette année les béninois ne dérogent pas à cette règle qui pour certains, reste un superflu. Selon les obédiences religieuses, on se livre à des rituels individuels, familiaux et même collectifs. Ainsi, dans les églises, les couvents, sur les carrefours, au bord de la mer, dans les forêts et autres lieux, les rituels augmentent au grand bonheur des leaders religieux. Divers pèlerinages et croisades de prière s’organisent un peu partout sur le territoire national. Même si ces différents rituels ont la même finalité, les raisons qui les sous-tendent sont diverses et multiples.

Édouard ADODE

Bien commencer la nouvelle année. Tel est l’ultime but de divers sacrifices qu’on note un peu partout au Bénin en cette période de fin d’année. Au moment où les carrefours sont jonchés d’objets hétéroclites issus des bains rituels nocturnes, les temples des visionnaires et autres devins reçoivent chaque jour un flux important de patients ou de clients, les séances de prières se multiplient dans les églises et les centres de prières. D’autres préfèrent faire de longs voyages pour le même but. Ainsi, des pèlerinages annuels sont observés un peu partout. « Nous allons au pèlerinage à plage de Sèmè tous les 24 et 25 décembre de chaque année pour prier et remercier Dieu pour tous ses bienfaits dans nos vies. C’est une recommandation du fondateur de notre église », confie Pamphile Agbévo fidèle chrétien de l’église du christianisme céleste à Parakou. Il continue en ces termes, « souvent arrivé là-bas, il y a des révélations individuelles sur l’année qui s’annonce par des visionnaires qui ne vous connaissent même pas. Ces révélations peuvent être accompagnées des travaux à faire pour éviter un mauvais sort dans l’année. Et c’est efficace ». Tout comme Pamphile, bon nombre de béninois vont consulter des devins pour savoir les sacrifices à accomplir pour traverser le nouvel an. « Tous ceux qui ont déjà leur Fâ doivent faire recours à leur prêtre de Fâ pour faire d’une part la consultation sur la nouvelle année, et d’autre part laver leur Fâ. C’est un rituel très important », a expliqué le prêtre de Fâ Célestin Gnangnon. Cependant, cet avis n’est pas partagé par Crespin Lihouhinto, chrétien dans une église évangélique de Parakou. Pour lui, inutile de vouloir connaitre la situation de la nouvelle année, car selon ses dires, chaque année vient avec ses joies et ses peines. « Le mieux est de prier simplement Dieu comme tous les jours pour qu’il nous aide à affronter convenablement les défis à venir », a-t-il laissé entendre.

Bien commencer une nouvelle année

Pour le pasteur des Assemblées de Dieu, Aimé Prudence Djido, la première des choses à la fin d’une année est de faire son bilan personnel et celui du couple pour ceux qui sont en couple afin de déterminer ce qui a marché et ce qui a moins marché au cours de l’année pour de nouvelles perspectives. « En général, pour commencer quelque chose de nouveau, il faut faire le bilan de l’ancien. On doit faire le bilan dans sa vie personnelle, on doit faire le bilan dans sa vie en couple, on doit faire le bilan dans vie en famille, on doit faire le bilan dans son travail, où est-ce que nous en sommes et prendre de nouvelles résolutions. Pour commencer une nouvelle année, il faut commencer avec ces nouvelles résolutions, il faut aussi planifier», a-t-il faire savoir. Il a également signifie que les divers programmes de prière organisés dans les églises sont de bonnes choses pour implorer la grâce de Dieu sur le nouvel an. Dans la même veine, Hounnon Atchèkpé Kpèyéton de Bohicon précise pour sa part, qu’il a une panoplie de rituels qui s’impose à tout adepte de la divinité Thron Kpéto pour finir l’année en beauté et bien commencer la nouvelle. « Après tous les rituels, les adeptes doivent aller à Zogbéji pour laver les malheurs et les malchances de l’année qui s’achève pour entrer dans la nouvelle année avec un bon aura », a-t-il indiqué.

Le symbolisme de la nuit du 31 décembre

Ainsi, la nuit 31 décembre revêt une importance très capitale pour les uns et les autres. Comme le constate Franck Alladayé un fidèle catholique à Parakou, « la messe de la nuit du 31 décembre, les églises sont remplies de monde. Je vois même des têtes que je n’ai pas l’habitude de voir ordinairement ». Le pasteur fait le même constat et justifie, « la nuit du 31 décembre marque la fin de toute une année, donc c’est une fin d’un cycle de 12 mois et tout le monde se dit, c’est la fin de l’année. C’est le temps où on va à l’église pour rendre témoignage, rendre grâce, remercier le Seigneur pour tout ce qu’il a fait pendant douze mois, être en vie, avoir la protection, ce n’est pas rien. Par conséquence c’est une nuit différente, et cette nuit là les églises sont bondées ». « C’est un grand rendez-vous », a-t-il fait remarquer par la suite. Le prêtre de Fâ reconnait également la particularité de cette nuit. Il conseille donc des bains rituels cette nuit à zéro heure.

Cependant, d’autres personnes préfèrent rester chez elles et prier en famille cette nuit pour bien commencer l’année nouvelle. « À partir de 21 heures au plus, je suis avec ma petite famille, ensemble nous faisons le bilan, chaque enfant dit ce qui l’a marqué positivement et négativement au cours de l’année qui s’achève et on fait des projections pour la nouvelle année. Maintenant, quand il sonne zéro heure, nous prions ensemble, on chante et je sors une liqueur que tout le monde boit un peu un peu », raconte Adinsi Sètondji, père de famille vivant à Parakou.

Ainsi, chacun se prépare à sa manière pour mieux aborder la nouvelle année. L’un ou l’autre chacun espère selon sa foi, de connaitre une année de paix et de prospérité. Vivement que la satisfaction recherchée soit au bout des divers sacrifices pour le bonheur des uns et des autres.

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