RETOUR DU PHÉNOMÈNE DES ENFANTS TALIBÉS À PARAKOU : Les acteurs appelés à prendre leur responsabilité

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Après une période de disserte, les ‘’enfants talibés’’ sont de retour dans les rues de la cité des Kobourou. A longueur de journée, ils font le tour des restaurants, hangars et autres lieu de vente de nourriture, à la recherche de quoi manger. Les enfants ‘’talibés’’, âgés entre 7 et 15 ans voire 18, sont souvent rencontrés au cœur de la ville, notamment à la sortie Nord de Parakou. Ils appartiennent aux maîtres d’écoles coraniques, qui les envoient dans les rues à aller quémander. Avec des tenues débrayées et récipients en bandoulière, ils harcèlent les clients au niveau des gargotes et les feux tricolores de la ville, indisposant ainsi les vendeuses et les usagers de ces lieux. Pour une ville à statut particulier, il serait important, voire indispensable, qu’une solution soit trouvée par les acteurs concernés, afin de soigner l’image de la cité des Kobourou.

Wahabou ISSIFOU

Les “talibés” sont des enfants en situation d’apprentissage du Coran. Ils sont envoyés par leurs familles, chez un maître coranique afin de suivre une éducation islamique. Ces derniers sont initiés à la vie communautaire, à l’acquisition du sens de l’humilité, à la vie ascétique et à l’endurance à toute sorte d’épreuve. Ils semblent être utilisés de nos jours, à des fins commerciales par les maîtres coraniques. Et dans cet exercice du donner et du recevoir, ce sont les maîtres qui se remplissent les poches sur le dos des enfants. Un phénomène qui viole au nez et à la barbe des autorités, les dispositions légales des droits de l’enfant au Bénin.

Ces innocents sont contraints de s’exposer aux intempéries de la nature, aux risques des accidents de circulation, aux enlèvements, et même à l’exploitation des enfants. Ils ne savent de ce fait, à quel saint se vouer. Les enfants ‘’talibés’’ ne bénéficient d’aucun soutien de la part des autorités. Pourtant, le Coran ne prescrit pas la mendicité. Les jeunes ‘’talibés’’ sont souvent contraints d’aller mendier sous l’ordre de leur maître coranique. Selon les informations, les maîtres coraniques ne reçoivent aucune subvention de la part des parents de ces enfants.
Les personnes responsables de ce phénomène doivent être punies. Les autorités doivent à cet effet, réglementer les centres coraniques traditionnels pour la protection des droits de l’enfant. Le gouvernement doit prendre l’initiative de les récupérer de la rue, en les plaçant dans les Centres de Promotion Sociales (Cps) pour leur rééducation et formation en entrepreneuriat. La pratique de la mendicité forcée des enfants doit commencer par faire objet de poursuite judiciaire, car la situation devient très inquiétante, et si rien n’est fait, le chao sera inévitable. Les parents de ces enfants doivent être sensibilisés avec le concours des Cps, des Organisations Non Gouvernementales (Ong) et autres associations humanitaires.
La crise économique, la pauvreté des parents, l’ajustement structurel et ses conséquences sur les populations les plus pauvres, la démographie galopante et l’urbanisation accélérée, constituent des facteurs qui génèrent et reproduisent à grande échelle la mendicité enfantine dans les villes. Et comme l’a dit l’écrivain Cheikh Hamidou Kane, dans son roman ‘’l’Aventure ambiguë’’, « il faut insister sur le rôle des chefs religieux dans la modernisation des écoles coraniques ».

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