À Sokotindjin, dans la commune de Ségbana, Grace Ong a organisé, du 4 au 6 septembre 2026, la troisième édition du Àpàà, un cérémoniel lié à la consommation de la nouvelle igname en milieu Boo. L'initiative, qui associe également le Massada, le Gbò Gban, la lutte traditionnelle et le football, vise à contribuer à la sauvegarde et à la transmission d'un patrimoine culturel ancestral. Une célébration qui a permis de réunir populations, autorités, acteurs culturels et amoureux des traditions autour de plusieurs manifestations.
Le Àpàà, une tradition à préserver
La maasada
En milieu Boo, l'igname occupe une place particulière. Elle n'est pas considérée comme un simple produit agricole. Sa première consommation, notamment sous forme d'igname pilée, est accompagnée d'un cérémoniel communément appelé le Àpàà. Depuis trois ans, Grace Ong s'investit dans la valorisation de cette pratique culturelle et cultuelle, dont la pérennité apparaît aujourd'hui comme un véritable enjeu de transmission aux générations futures.
Du Massada au Gbò Gban
Les activités ont démarré par une visite de courtoisie à Sa Majesté Kibanin, chef traditionnel de Sokotindjin. À cette occasion, des femmes ont offert des noix de karité au roi, un geste communément appelé le Massada en milieu Boo. Le lancement officiel des manifestations s'est ensuite déroulé au marché de la ville. Les participants ont par la suite pris la direction du terrain de l'École primaire publique où se sont tenues les compétitions de lutte traditionnelle et de tir à l'arc, communément appelé le Gbò Gban. À travers cette programmation, Grace Ong entend associer à la célébration du Àpàà des activités capables de rassembler différentes générations autour de la culture et du sport.
Une pratique à la fois culturelle et cultuelle
Les populations
Pour le président du conseil d'administration de Grace Ong, Dr Oumarou Banni Guene, la sauvegarde du Àpàà répond à la nécessité de préserver une pratique ancestrale aujourd'hui menacée de disparition. « Le cérémoniel du Àpàà est une pratique à la fois culturelle et cultuelle qui permet aux agriculteurs, aux paysans producteurs de l'igname de témoigner leur reconnaissance aux ancêtres, aux divinités qui leur facilitent l'exploitation de la terre et la production de l'igname » a-t-il laissé entendre. Une vision partagée par le maire de Ségbana, Abdou Razack Kora. Après avoir donné le top des activités, l'autorité communale a salué l'initiative de Grace Ong et appelé les fils et filles de la commune à s'impliquer davantage dans la sauvegarde de ce patrimoine. À l'en croire, « la fête des nouvelles ignames n'est pas seulement une fête autour d'un produit agricole, elle est une fête de notre mémoire, de notre patrimoine culturel, de notre identité et de notre vivre ensemble »Un appel à la revalorisation du patrimoine Boo.
Photo de famille
Au terme des différentes activités, les festivaliers ont salué l'initiative de Grace Ong. Ils ont également appelé les autorités à renforcer les actions en faveur de la sauvegarde et de la revalorisation du patrimoine culturel Boo, dont certaines pratiques sont aujourd'hui en voie de disparition. Cette troisième édition du Àpàà, couplée au Massada, au Gbò Gban, à la lutte traditionnelle et au football, a connu la présence du directeur départemental des Sports et de l'Engagement civique de l'Alibori, Nassifoudou Garba, du directeur exécutif de l'Association pour la Promotion de l'Intercommunalité dans le Département de l'Alibori (Apida), Zourkaïnéry Adamou Baparapé, des responsables d'Ong sœurs, notamment Sabi Zakari Orou de l'Ong Feleka et Boni Assane Biaou de l'Adhd.

Hermann HOUNSOU




