UTILISATION DU TÉLÉPHONE PORTABLE EN CIRCULATION : Un acte d’incivisme qui expose les usagers de la route . Les propositions de Eric Hodonougbo, spécialiste de la sécurité routière

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On le voit partout et à tout moment. N’importe qui, utilise son téléphone portable, n’importe quand pendant qu’il conduit. Malgré les efforts des autorités en charge de la sécurité routière, cet acte dangereux presque devenu la norme dans la société est pourtant la cause de plusieurs cas d’accidents de la route. Quelles sont les conséquences et comment lutter contre ce comportement des usagers de la route ? Eric Hodonougbo, promoteur d’une auto-école à Parakou a accordé une interview au quotidien Daabaaru à ce sujet. Lisez-plutôt.  

Auriol AKPAKI (Stg)

Daabaaru : Selon vous, comment l’utilisation du téléphone portable peut-elle être dangereuse pour une personne qui l’utilise en conduisant ? 

Eric Hodonougbo : Lorsque vous avez votre portable en main et que vous décrochez un appel et qu’on vous annonce un événement malheureux par exemple, alors que vous êtes peut-être à vive allure, vous ne pourrez pas tenir l’équilibre. Vous allez tomber dans le décor et mourir ou causer d’accident à autrui. Il en est de même si on vous annonce une bonne nouvelle. Le taux d’adrénaline monte en vous et vous ne pouvez plus être concentré. Quelqu’un qui utilise son téléphone au volant ou en conduisant, ne peut pas conduire avec deux mains. Donc, sur une voie ensablée par exemple, le risque d’accident devient imminent. De la même manière, lorsqu’on conduit, on doit avoir son attention uniquement sur la route. Mais on sait tous que le téléphone portable capte généralement toute notre attention déjà lorsqu’on ne conduit pas. Alors que dire de celui qui conduit et qui utilise son téléphone ? Il ne pourra pas éviter les obstacles ou freiner quand il le faut. C’est pareil même pour ceux qui utilisent des oreillettes ou écouteurs. Ce n’est pas bon. C’est dangereux.

Que dit donc le code de la route par rapport à l’utilisation du téléphone portable en conduisant ?

D’abord, il faut savoir que selon le code de la route, une personne doit avoir un âge d’au moins 16 ans avant de conduire un engin sur la voie publique. Quand nous prenons le permis de conduire, normalement celui qui doit conduire même un vélo, sur la voie publique, doit avoir un permis correspondant et un âge au moins de 16 ans. L’utilisation du téléphone portable en conduisant sur la voie est strictement interdite. Si tu reçois un appel ou un message, tu immobilises d’abord ton engin avant de t’occuper de ton téléphone.

Qu’est-ce qui explique donc cette persistance à vouloir utiliser son téléphone portable en conduisant ?

Les gens n’arrivent plus à se débarrasser de leur téléphone portable. Beaucoup de personnes n’arrivent plus à vivre normalement s’ils n’ont pas leur téléphone à côté. Le téléphone capte toute l’attention au point où, on passe sa propre sécurité et celle des autres au second plan. C’est très dangereux. À cela s’ajoute le fait qu’il y a beaucoup d’auto-école qui ne sont pas qualifiées et donc sont incapables de former correctement les usagers sur la conduite à tenir sur la voie lorsqu’on conduit. Ce qui peut aussi expliquer les cas d’incivisme et les infractions sur nos voies publiques. De même, il faut aussi avouer qu’il manque beaucoup de sensibilisations à l’égard des populations.

Quelles solutions proposez-vous pour enrayer ce comportement des usagers de la route ?

Les règles de la circulation doivent être connues de tout le monde. Il faut sensibiliser les gens. Je souhaiterais que les grandes chaînes de télévision telles que l’Ortb initient plus d’émissions pour instruire sur beaucoup de thématiques plus liées au civisme, à la responsabilité, au code de la route, à la sécurité routière et bien d’autres. Ainsi, ces chaînes pourront participer à l’éveil des citoyens. Les autres médias locaux également doivent accroître leur implication dans ces domaines là. Car le premier moyen de s’informer c’est par nos médias locaux. Dans les différents établissements d’enseignement, il faut qu’on fasse intervenir les dirigeants d’auto-école ou des spécialistes du code de la route pour enseigner aux élèves et étudiants le minimum à savoir avant de conduire un engin sur une voie publique. Enfin, les autorités étatiques doivent également exiger que toute personne avant d’entrer à l’université obtienne son permis de conduire. Je crois qu’ainsi on pourra faire une avancée significative dans la sécurité routière dans notre pays.

 

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Daabaaru