CHRONIQUE LITTÉRAIRE : Le documentaliste Didier Voitan parle de l’influence du livre

11 mois ago | Written by
11 298 vues
0 0

 

Outre les différents aspects de la société qui influencent les comportements et la vie de nombreuses personnes, le livre s’est avéré être un élément aux influences multiples. Dans ce nouveau numéro de votre rubrique ”Chronique littéraire” du jeudi 30 mars 2023, le documentaliste et spécialiste des questions du livre, Didier Jaurès Voitan dévoile les différents mécanismes par lesquels un livre influence grandement ses lecteurs. L’entièreté de la chronique est à découvrir ci-dessous.
Florent YAMA (Stg)

CHRONIQUE LITTÉRAIRE

Didier Jaurès VOITAN, Documentaliste-Informatiste, spécialiste des questions du livre
Titre: le livre et ses influences
Il n’est plus un secret pour personne que le livre exerce une grande influence sur son lecteur. Par un mécanisme psychologique, le livre a le pouvoir de donner une éducation, une imagination, une intelligence. L’histoire de l’humanité constitue pour nous un repère dans ce sens et elle nous renseigne à suffisance sur le pouvoir de transformation de grands personnages du monde par le livre. Des porte-flambeaux de la lutte contre le racisme, en passant par les précurseurs des luttes pour la décolonisation puis l’indépendance des pays africains sans oublier les panafricanistes et ardents défenseurs d’une Afrique nouvelle, il y a eu toujours en substance des écrits engagés. Telles de véritables sources de motivation, les livres influencent les pensées, entretiennent et nourrissent l’imaginaire des lecteurs. Les livres sont la connaissance et la connaissance est le pouvoir.

Nous partageons avec vous quelques exemples du pouvoir d’influence du livre. “L’art de la guerre” de SUN TZU, un grand classique qui depuis des lustres continue d’inspirer les grands meneurs d’hommes et les stratégies militaires des grandes puissances comme les Etats-Unis, la Russie sans oublier la Chine. Dans “Le Prince” de Machiavel par exemple, on apprend, selon certaines indiscrétions, que ce livre a laissé ses empreintes sur beaucoup d’Hommes d’Etats qui à un moment ou un autre en ont fait leur vade-mecum ou si voulez leur livre de chevet.
Toutefois, reconnaissons sur le sujet, qu’il n’y a pas que de bonnes influences, il y en a aussi de mauvaises….de très mauvaises mêmes. hélas! La dualité, c’est que le bien et le mal ont aussi investi l’univers des livres telles des novelas de nos jours. En effet, dans le vaste champ de la documentation, l’on retrouve les livres recommandés et ceux qui sont moins conseillés.

Nous n’allons pas dresser ici une liste des documents d’influences négatives mais appeler les apprenants à une prise de conscience aigüe sur le choix des livres qu’ils lisent. Attention ! ‘’L’enfer est pavé de bonnes intentions’’, dit-on. Il n’est plus question donc de lire tout ce qui nous passe par la main ou tout ce qui nous effleure la rétine. Comment distinguer le bon grain de l’ivraie ? S’il est clair chers lecteurs qu’on ne peut juger le contenu d’un livre à sa couverture ni à travers son titre, il faut reconnaître que tout livre qui dérange l’âme, qui conduit à la haine de l’autre et de soi-même, est mauvais. Les lecteurs doivent pouvoir savoir les reconnaître et les éviter au maximum.

Loin de nous toute idée de censure, nous optons plutôt pour une documentation responsable et sélective. Les Saintes écritures nous renseignent sur le sujet avec ce verset : « tout est permis mais tout n’est pas utile ; tout est permis mais tout n’édifie pas » 1 Corinthiens10 :23.
Des livres nocifs ont fait et font encore des tyrans au destin effroyable. Ces livres ont façonné des dictateurs, tortionnaires, des criminels, des hors-la loi….. Un cas plausible: Adolphe Hitler ou le démon incarné. Rien ne présageait de cette fin tragique d’Hitler. Tout jeune, nous révèlent ses récits d’enfance, notre personnage ne lisait que pour son plaisir, pour assouvir son désir fou de réussir sa vie. Mais un jour, le jeune Hitler serait tombé sur un livre ésotérique dont il s’est entiché et finalement, l’a conduit à entrer dans une secte. Dès lors, commencèrent les pratiques de magie et exercices démoniaques qui l’introduisirent dans les labyrinthes d’une inextinguible haine contre ses semblables, matérialisée par son livre au titre funeste : “Mein Kampf” (Mon combat). La suite, on la connait tous. Plus besoin de vous dire qu’il a été l’artisan des pires atrocités que l’humanité ait connues. Les cours sur la Seconde Guerre Mondiale nous en disent long. A l’image de ce sombre personnage, combien de lecteurs ont été négativement influencés rien qu’à travers la lecture d’un livre qu’ils ne devraient pas lire? Dans le lot de ces livres dont le lectorat jeune doit se méfier figurent : des romans d’espionnage, policiers et bien d’autres séries noires qui n’ont d’autres effets que de pousser les lecteurs à la violence, à la sexualité à travers l’apologie du crime, du vol, du viol, du sexe et autres comportements délictueux.
Difficile de déterminer dans l’univers du livre quels sont les livres les plus dangereux à déconseiller, à ne pas mettre sur le marché ou sur les plateformes d’ebook car cela dépend largement de l’interprétation et de la perspective de chaque individu, de l’intérêt de chaque écrivain, de chaque éditeur du livre, de chaque lecteur.
Malheureusement, les jeunes, pour ceux qui lisent encore, en font leur choix de prédilection. De vous à moi, qu’est-ce qu’un adolescent de 15 ans en pleine crise identitaire gagnerait-il à lire un livre dont le titre est: excusez de peu l’attaque à la pudeur le “Vagin de A à Z.” ou “le slow sexe” ? S’il est aisé de comprendre que le gynécologue en fasse un ouvrage de référence, il faut en revanche reconnaître que pour un garçon immature d’à peine 15 ans, ce serait pour le moins un attentat intellectuel. “Sciences sans conscience n’est que ruine de l’âme” nous dira François Rabelais.

Fort heureusement, beaucoup de livres à influences positives sur l’Esprit, l’âme, le corps sans oublier la pensée foisonne sur les rayons de livres dans nos bibliothèques et dans nos librairies.
Nous exaltons en conclusion à travers cette chronique une documentation responsable avec en toile de fond la promotion de bonnes valeurs. C’est à vous de jouer maintenant chers lecteurs! Faites le bon choix, celui d’une documentation éducative, productive, responsable, consciente, utile et édifiante. C’est ce que je crois.

Article Categories:
A la une · Actualité · Littérature

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Daabaaru