COMMUNALES ET MUNICIPALES DU 17 MAI 2020 : L’attente des populations face aux candidatures féminines

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COMMUNALES ET MUNICIPALES DU 17 MAI 2020

L’attente des populations face aux candidatures féminines

« Malgré les importants progrès réalisés en matière d’égalité entre les sexes, la politique demeure le pré-carré, le domaine des hommes » dixit Massan d’Almeida. Les hommes continuent d’occuper majoritairement les postes clés à tous les niveaux dans les sphères décisionnelles, dans tous les secteurs et dans la politique. Ceci, malgré le travail de sensibilisation et de plaidoyer réalisé pour permettre aux femmes d’être citées au rang des hommes. A quelques mois des prochaines communales et municipales au Bénin, les populations se prononcent sur la situation de la femme en politique et dévoilent leurs attentes des femmes candidates qui seront positionnées. Lisez les réactions de quelques citoyens rencontrés à Parakou à cet effet.

Ferdinand Athanase, professeur certifié de mathématiques,

« La participation de la femme à l’animation de la vie politique est un défi pour faire naître et grandir des projets qui changent et transforment des vies… le rôle de la femme dans le foyer, ce rôle que la société africaine lui impose ne permet pas de répondre aux exigences de la politique. Au plan social, elle exige la réduction du temps passé avec la famille. Autrement une femme en politique a tendance à abandonner ou à faillir à l’éducation et à la prise en charge quotidienne des enfants ; à poser des actes qui peuvent porter atteinte à la cohésion du foyer, à être exposée à la convoitise de ses paires ou de ses supérieurs. Mais pour les prochaines joutes, il faut un bon positionnement des femmes sur les listes et qu’elles réalisent réellement leurs promesses, c’est ce que nous attendons d’elles ».

Houssou Alves, commerçant

« La participation de la femme à l’animation de la vie politique est nécessaire. Mais malheureusement c’est le contraire qu’on constate…ce qui empêche la femme de participer à l’animation de la vie politique est le faible taux de femme intellectuelle, le faible taux de scolarisation des filles et la peur qui domine les femmes… Des prochaines candidates, ce que nous attendons d’elles, c’est de défendre la cause féminine, de montrer combien de fois la gente féminine est nécessaire ».

Justine Bakpè, mécanicienne à Parakou

« La femme qui participe à la politique, c’est une bonne chose à soutenir puisque, nous femmes, sommes peu dans les prises de décisions…ce qui empêche la femme de participer à la politique est d’abord la peur, la peur de s’exprimer pour se causer des ennuis puisque la politique aujourd’hui peut détruire facilement ta vie, surtout avec nos politiciens d’aujourd’hui…Qu’est-ce que nous pouvons leur demander ? Si ce n’est que leur dire de ne pas nous oublier, de nous motiver à suivre leurs pas ».

Olive ODO

« Je pense que la femme à un rôle primordial a joué dans l’animation de la vie politique parce que la majorité des bonnes décisions viennent des femmes. Disons sur un échantillon de 100, on peut avoir 90 femmes qui donnent de bonnes décisions que ce soit dans le foyer que dans l’administration….
En réalité, dans l’Etat actuel où nous sommes, rien n’empêche à la femme de participer à l’animation de la vie politique. Ce qui justifie l’absence cruciale de la femme dans la vie politique, vient d’une part des hommes et d’autre part de nous-mêmes les femmes. Je m’explique. Les hommes sont bornés. Au Bénin précisément nos hommes ont une arrière-pensée comme quoi, la femme est faite pour rester à la maison. Elle n’a pas le droit de diriger. Et si on prend nous-mêmes les femmes, nous ne nous entendons pas. On préfère voter pour un homme, un mari, un cousin, un ami que de voter pour une femme comme nous.
J’aurais bien souhaité que la femme participe plus. Mais avec ce que les gens disent, les dés sont déjà jetés, les listes sont déjà faites et nous ne savons pas en réalité comment sont positionnées les femmes. On ne fera que subir parce qu’il semble que les femmes ne sont pas positionnées. On n’a pas les preuves puisque les listes ne sont pas dévoilées ».

Amina Adjin

« Je pense que c’est une bonne chose parce que par là, la femme peut être indépendante, elle peut s’exprimer librement, elle peut faire changer d’avis à d’autres qui ont les difficultés à se prononcer sur des choses. C’est pour l’épanouissement même dans la vie courante.
La femme est un être qui aime réussir dans tout. Elle n’aime pas faire et puis on va critiquer. Elle aime qu’on dise toujours que ce qu’elle fait est bon, pas de reproche. C’est la première chose. La seconde chose c’est le mari lorsqu’on est en couple. Elle suit la décision de l’homme.
Je souhaite que beaucoup de femmes se présentent comme ça la femme ne sera plus bafouée ».

Boni Bata Abdoul Salim

« Naturellement en Afrique et au Bénin surtout, il est clair que la femme n’a pas le dernier mot sur l’homme surtout. En plus, elles ne sont pas très représentatives, il faut qu’elles soient en plus grand nombre.
La femme mariée a des contraintes à la maison, avec les enfants. Aller à des réunions, revenir tard la nuit. C’est ce qui l’empêche plus de participer à la vie politique. En dehors de cela, elles fléchissent vite, elles ne sont pas résistantes comme l’homme, elles lâchent vite. Elles sont lésées.
Il faut que les femmes qui seront positionnées tiennent bien. Il ne faut pas qu’elles disent que c’est fini et aller croiser les bras. Qu’elles donnent leur avis. Là où il faut parler il faut qu’elles parlent. »

Propos recueillis et transcrits par Huguette LAWANI et Débora YAROU (Stg)

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