DE L’ENSEIGNEMENT À LA COIFFURE : L’histoire de Mouinatou, l’enseignante devenue coiffeuse

11 mois ago | Written by
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Abandonner un métier d’État pour s’adonner à un métier de l’artisanat. Si ça peut paraître insolite, c’est ce qu’a pourtant choisi Mouinatou Traoré, devenue aujourd’hui coiffeuse après avoir passé une courte carrière dans l’enseignement secondaire. Interrogée par le journaliste Wahabou Issifou du quotidien Daabaaru, la maîtresse coiffeuse résidant à Kérou, a dévoilé les contours de ce revirement dans sa vie. Voici leur entretien.

Florent YAMA

Daabaaru : Mouinatou Traoré, dites-nous, quel est votre parcours académique et quelles sont vos expériences professionnelles

Mouinatou Traoré : J’ai grandi à Kouandé, j’ai passé toute mon enfance dans cette commune. J’ai eu le Baccalauréat en 2010 au Collège d’Enseignement Général (Ceg) de Kouandé avant de m’inscrire à l’École Normale d’Instituteurs (Eni) de Kandi pour l’obtention du Certificat d’Aptitudes Pédagogiques (Cap) primaire, puis ensuite à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac) pour une licence en éducation (éducation et formation). De 2015 à 2018, j’ai fait la vacation au Ceg Matéri, et dans le même temps en apprentissage de la coiffure ».

De l’enseignement à la coiffure, comment cela s’est-il passé et quels ont été les avis de votre entourage ? 

Mes échecs aux différents concours pour rentrer dans la fonction publique m’ont envoyés de l’enseignement à la coiffure. La coiffure était pour moi avant tout un don, une passion. Je savais tresser avant de penser à aller me perfectionner. Je suis une passionnée de la coiffure, et mes réalisations le prouvent. Mon entourage, sans aucune exception m’a soutenu. Ils sont tous fiers de moi pour mon choix. L’apprentissage s’est passé plutôt très bien du fait que j’ai ce don, je savais déjà tresser. C’était juste la professionnalisation.

Quel est votre chiffre d’affaires et la coiffure vous permet-elle de joindre les deux bouts ? 

Ça dépend, je ne peux pas dire avec exactitude. Il y a des fois la pente monte, et des fois aussi le contraire. Alhamdoulilah ! Je me débrouille dedans. Grâce à la coiffure aujourd’hui je me fais presque tout.

Un conseil à l’endroit de la jeunesse ? 

Si je vais donner un conseil à la jeunesse d’aujourd’hui, je dirai de se tourner vers l’entrepreneuriat. On dit souvent « la roue tourne », sachez qu’elle a déjà tourné à l’heure-là. Changez de cadence. L’État ne peut pas prendre tout le monde, et on ne peut pas toujours croiser les bras pour attendre ».

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