GESTION ASSOCIEE DE L’ALLAITEMENT A UNE GROSSESSE IMPRÉVUE : Un fait complexe mais bien possible

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GESTION ASSOCIEE DE L’ALLAITEMENT A UNE GROSSESSE IMPRÉVUE

Un fait complexe mais bien possible

Il n’est pas rare de constater dans la société, des femmes allaitantes dans un nouvel état de grossesse. Une situation qui quand elle survient, le nourrisson se voit très tôt sevrer par la maman à cause de certains préjugés de l’entourage. Mais contrairement à ces idées soutenues par certaines personnes par manque d’information, il est bien possible de tomber grosse tout en ayant un enfant allaitant selon les spécialistes

Samiratou ZAKARI

Sevrer ou continuer d’allaiter un enfant à la survenance d’une nouvelle grossesse imprévue ? C’est une question qui taraude à l’esprit de bon nombre de femme dans la société. Ainsi pour fuir le regard de leur entourage ou par ignorance, certaines femmes décident délibérément d’aller vers l’option de sevrage avec pour argument « la mère en état fera une fausse couche ou un accouchement prématuré ». Aussi, certaines femmes interrogé dans la ville de Parakou ont confié qu’allaité un enfant tout en étant enceinte favoriserait les risques de malnutrition chez le nourrisson. Une option qui est déconseillée par les spécialistes en lactation.

Avis d’un spécialiste

Pour Carole Hervé, consultante en allaitement maternel et en lactation, il est bien faisable d’allaiter un enfant quand on est enceinte, car pour elle c’est un phénomène qui est prévue par la nature. Cependant, la lactation baissera naturellement et le lait deviendra progressivement du colostrum à partir du 4e mois de grossesse afin d’assurer les besoins du bébé à naître. Elle a fait remarquer que le lait sera moins abondant avec un changement de goût.

Ainsi l’enfant se sèvrera progressivement de lui même en allant chercher dans d’autres aliments solides les substances qu’il ne retrouve plus dans le lait. Pour certaines mères et dans certaines cultures le lait de la maman en état devient mauvais pour le nourrisson car les selles de ce dernier deviennent plus liquides. Mais contrairement à cette allégation la consultante affirme que colostrum est diurétique et n’est pas du tout mauvais.

De quoi se nourrit le bébé à naître pour sa croissance dans le ventre de sa mère ?

Selon Latifatou Méré, l’octogénaire et maman à Parakou, le bébé dans le ventre de sa maman à tous les éléments nutritifs dont il a besoin pour sa croissance dans l’organisme de sa mère. A l’en croire, l’allaitement du nourrisson n’affecte en rien la croissance du bébé.

Des propos qui sont confirmés par Carole Hervé en ces termes. « La nutrition du bébé est assurée par le placenta et contrairement à ce qu’on peut entendre, il n’y a pas de risques de faire une fausse couche ou d’accoucher prématurément même si allaiter fait sécréter de l’hormone ocytocine, responsable également de contractions de l’accouchement ». Elle ajoute que, « l’ocytocine est également l’hormone de l’attachement, de l’amour, du bonheur et du bien-être. Chacun en produit tous les jours ».

La grossesse rime généralement avec des signes comme la fatigue. Des symptômes qui souvent en présence d’un nourrisson sont attribués à l’allaitement de ce dernier. Mais il est important de savoir que l’allaitement ne fatigue pas mais plutôt la grossesse qui peut rendre faible certaines et aussi le fait de s’occuper tout seul de l’enfant. Car même si l’allaitement pompe de l’énergie, il faut se lever et préparer le biberon pour l’enfant et le calmer quand il fait une crise dans la nuit ce qui fatigue davantage la maman. « Des études ont démontré qu’une mère qui allaite dort en moyenne vingt minutes de plus que celle qui donne un biberon », a déclaré la spécialiste en invitant les mamans à allaiter sans crainte leur enfant.

Il arrive également que la maman soit dans l’obligation d’allaiter deux enfants à la naissance du nouveau. Ce phénomène est appelé co-allaitement et a d’énormes avantages.
Quand une situation du genre survient, il n’y a aucun souci à se faire. La consultante en lactation se veut plus précis. « Le lait devenu du colostrum subvient aux besoins du nouveau-né, il est prioritaire. Le grand s’en contentera de ses compléments alimentaires plus solides. Comme le grand pompe bien le lait, le colostrum sera produit plus rapidement et en plus grande quantité. Ainsi, si le tout petit a du mal à téter, le lait coulera plus facilement et l’allaitement sera donc facile pour le petit ».

Voilà donc qui lève tout doute sur ce fait qui longtemps constitue un casse-tête pour bon nombre de femmes surtout celles qui ont fraîchement commencé la maternité.

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