MONTEE DES EAUX DU FLEUVE OKPARA DANS LA COMMUNE DE TCHAOUROU : L’éternel calvaire des populations de Kika . Piroguiers et certains jeunes gens en raffolent

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MONTEE DES EAUX DU FLEUVE OKPARA DANS LA COMMUNE DE TCHAOUROU

L’éternel calvaire des populations de Kika

. Piroguiers et certains jeunes gens en raffolent

Comme à chaque saison pluvieuse, les populations de Kika dans la commune Tchaourou vivent encore cette année leur calvaire face à la montée des eaux du fleuve Okpara. Ainsi, les eaux de ce fleuve ont une fois encore englouti le pont qui relie le village de Kika à Kpassa. Par conséquent, se déplacer d’un côté du fleuve à un autre constitue la croix et la bannière pour ces populations. Au même moment, cette difficulté se présente comme une opportunité d’affaire pour certains jeunes gens.

Edouard ADODE

Depuis quelques jours, le village de Kpassa est coupé de Kika dans la commune de Tchaourou, et pour cause le pont qui relie les deux villages s’est retrouvé comme à chaque saison pluvieuse immergé par les eaux du fleuve Okpara qui a pris un volume important.

Ainsi, au lieu que l’eau ne coule sous le pont, elle coule désormais sur le pont avec des flots au brut des vagues de la mer. Compte tenu de la force du courant d’eau, il est impossible aux motocyclistes de traverser ce fleuve en conduisant leur engins sur le pont ou en les trainant. « il y a une moto qui a été traînée par les eaux et on n’a pas encore retrouvé jusqu’à présent », a confié Imourane un jeune rencontré au bord du fleuve. Pour les piétons, il faudra s’armer de courage et faire preuve de solidité dans les jambes pour essayer de patauger dans ces eaux qui sont au dessus du pont.
Face à cette situation qui prévaut chaque année, les populations sont obligées de mettre leur vie en danger pour traverser ces eaux furieuses afin de pouvoir vaquer à leurs activités génératrices de revenus.

Une aubaine pour piroguiers et jeunes gens

Alors comme palliatif à ce problème cyclique, les pirogues de fortunes circulent sur ces eaux pour transporter les personnes et les biens d’un côté du fleuve à un autre moyennant rémunération. « Nous prenons cent francs par tête et 300 francs par moto », a confié Nicolas Hounsou un piroguier rencontré sur les lieux. A côté de ceux-ci, on y rencontre des équipes de jeunes gens qui proposent leur service aux populations. Ceux-ci se mettent à quatre pour transporter les motos d’un bord à l’autre moyennant 200 f francs. De même, ils tiennent la main des piétons qui le veulent jusqu’à la fin de la traversée pour prendre 50f cfa. Pour les piétons les plus peureux, ils sont transportés au dos comme des bébés par ces jeunes gens.

Dans ces activités saisonnières, chacun y trouve son compte. « À la fin de la journée chacun peut rentrer avec 3 000f ou 5 000f comme ça », a fait savoir Aziz Salim l’un des jeunes gens qui exercent ces métiers occasionnels.

Néanmoins, il est noté une solidarité des piroguiers à l’endroit des élèves et écoliers qui traversent ce fleuve. « Les élèves ne payent pas l’argent pour traverser, on les prend gratuitement », a souligné Nicolas Hounsou.

Des risques

Même si la montée des eaux de l’Okpara constitue une opportunité d’affaire pour certains, elle est également un grand danger pour les populations. Ces transports se faisant sans aucun contrôle et sans gilets de sauvetage, ces populations côtoient ainsi la mort au quotidien.

Au vue de l’état de certaines pirogues et la surcharge que font les piroguiers, ces embarcations peuvent chavirer à tout moment.

Alors, il est urgent que les autorités à divers niveau puissent anticiper pour éviter le scénario de Karimama ou de Bopa à ces populations qui vont à la recherche de leur pitance. La police fluviale doit être dépêchée sur les lieux pour prévenir du pire.

Il serait aussi intéressant que l’Etat pense à élever le niveau de ce pont afin que les populations de Kika cessent de souffrir le martyr à chaque saison pluvieuse.

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