UTILISATION INTENSIVE DU BOIS DE CHAUFFE AU BENIN : Le grand fléau qui ravage la faune et la flore

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UTILISATION INTENSIVE DU BOIS DE CHAUFFE AU BENIN

Le grand fléau qui ravage la faune et la flore

. Nécessité d’adopter le gaz domestique

La flore du Bénin est caractérisée par des mosaïques de savanes et de forêts, des jachères et des champs cultivés. Cette végétation jadis protégée et conservée est désormais surexploitée à des fins commerciales et domestiques malgré l’apparition de nouvelles sources d’énergie notamment le gaz domestique. Les restaurants, maquis, hôtels, concessions et des familles continuent d’utiliser le bois de chauffe. Le phénomène est plus remarquable lors des grandes manifestations où se sont de gros morceaux de bois qui servent de combustibles au grand dam des forêts. Cette pratique n’est pas sans conséquences sur le réchauffement climatique que subit la planète en ce moment. La faune est aussi en voie de disparition. Il est donc impérieux que des solutions idoines soient trouvées pour la protection et la préservation de l’environnement et ses composantes.

Wahabou ISSIFOU

« Je n’utilise pas le gaz parce que ma marmite est grosse et je n’ai pas d’argent pour acheter les gaz à grands foyers. Avec 3.500f ou 5000f, j’ai de bois qui durent des semaines avant de finir ». Ce sont là, les propos d’une vendeuse de ’’Toubani’’ à Parakou. Pour elle, l’utilisation du bois de chauffe lui permet de rentabiliser. C’est sans oublier les conséquences que cette pratique a sur l’environnement.

L’utilisation du bois de chauffe dans les ménages, restaurants, hôtels et lors des grandes manifestations au Bénin demeure aujourd’hui un problème crucial auquel les responsabilités sont partagées.

Pour Sanni Orou Pibou, directeur départemental du cadre de vie et du développement durable Borgou-Alibori, l’utilisation du bois de chauffe est une vieille pratique qui par réflexe malgré les solutions alternatives, continue par exister. Elle n’est pas sans conséquences.

Les conséquences désastreuses d’une pratique ancestrale

Selon la capitaine Sahadath Adam, responsable de la section communale des eaux et forêts et chasse de la commune de Parakou, les conséquences sont multiples. « Au niveau de la forêt, ça crée la déforestation qui a pour conséquence la disparition de la faune puisque dès qu’il n’y a pas de forêt la faune disparait. Il y a aussi l’exposition des sols aux aléas climatiques qui va favoriser le ruissellement des eaux… Au niveau de l’environnement cela crée la production du gaz à effet de serre. Vous savez que les bois de feu dégagent le Co2 dès qu’il y a la fumée… », a-t-elle expliqué. Ces propos seront renchéris par ceux du directeur départemental du cadre de vie et du développement durable Borgou-Alibori, Sanni Orou Pibou, qui pense que le dégagement de la fumée qui charge l’air est également une forme de pollution. « Ensuite sur le plan de la conservation et même des sols, la coupe du bois conduit à la dégradation du couvert végétal ce qui fait que les sols sont exposés aux intempéries, rayons du soleil …. Ensuite lors des précipitations, il y a des gouttes d’eaux qui tombent directement sur le sol et donc, il y a des formes d’érosions. A partir de cet instant, les agronomes vous diront  que la fertilité du sol est affectée. Ensuite, les coupes de bois dans les rivières ont détruit les forêts galeries, du coup ce sont les cours d’eaux qui prennent un coup, c’est-à-dire à ce niveau, les micros organismes disparaissent avec toutes les conséquences que cela induit… », a-t-il ajouté.

Au delà des conséquences sur la flore, la faune et l’environnement, il faut noter également que l’utilisation intensive du bois de chauffe agit sur la santé. Le rougissement des yeux, les maladies pulmonaires et bien d’autres. Ces dames, ces restauratrices et ceux-là qui s’occupent de la transformation du bois en charbon sont bien conscients des conséquences mais se refusent de changer.

Pourtant des solutions avantageuses existent

Certaines dames pensent que l’usage du gaz domestique leur revient plus cher. A ce niveau, c’est sans compter la pénibilité du travail que donne l’utilisation du bois de chauffe. Les travaux ne sont pas négligeables vu le nombre de fois que ces dames s’exposent à la fumée et au feu, le nombre de fois qu’elles sont obligées de laver et de relaver le dos des marmites avec l’énergie que cela nécessite. Au vue de toutes ces tracasseries, « Aujourd’hui, évidemment dans le cadre de la lutte contre la détérioration de la couche d’ozone, il y a des mesures d’accompagnement qui sont proposées par les gouvernements successifs », dixit Sanni Orou Pibou. Au niveau de la direction départementale du cadre de vie et du développement durable Borgou-Alibori, il y a un service des changements climatiques et de la police environnementale qui s’en occupe. « Nos actions ne sont que des actions de sensibilisation envers les populations, les tenanciers de bars et restaurants pour leur expliquer les avantages à utiliser le gaz domestique au détriment du bois de chauffe. », a-t-il fait savoir. Pour lui, ces dames n’intègrent pas le fait que lorsque c’est à une échelle donnée, il y a des gaz plus grands et cela améliore les conditions d’hygiènes de préparation, ce qui contribue à la conservation des ressources naturelles telles que la flore et la faune.

Bien vrai que certains ménages ont déjà adopté l’usage du gaz domestique, mais comparativement à ceux qui ne le font pas, la différence est énorme. Et il est grand temps que les habitudes changent.
L’autre chose est qu’il faut que la disponibilité du gaz soit garantie à plein temps afin de permettre aux populations de pouvoir complètement abandonner l’utilisation du bois de chauffe.

Il est impératif que l’utilisation du gaz domestique entre dans les pratiques quotidiennes de toute la population, autrement avec le temps, toute la végétation risque de disparaitre.

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