VIE DE COUPLE Les affres de la violence conjugale sur les enfants

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VIE DE COUPLE

Les affres de la violence conjugale sur les enfants

Ensemble des agressions, des menaces ou des contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, la violence conjugale est un fléau qui court les rues. Ce phénomène entraîne des répercussions sur l’entourage, en l’occurrence sur les enfants, qui en tant que témoins deviennent à leur tour des victimes. Pour avoir entendu ou vu ou encore vécu cette scène horrible des parents, ces enfants vivent presque toute leur vie sous la domination et l’agressivité avec de graves répercussions sur leur personnalité.

Huguette LAWANI (Stg)

La plupart des enfants victimes de violences conjugales gardent secrètes les scènes dramatiques qu’ils observent chez leurs parents, ainsi ils sont laissés en état de choc ou de stress. « Dans le passé, fondé une famille n’a jamais été une de mes préoccupations, simplement parce que je haïssais tous les hommes puisque à force de battre ma mère à tout moment, mon père a fini par la laisser dans un état dramatique pour une autre femme. A cet instant précis, j’ai perdu confiance en moi et en amour….», a tristement relaté Rébecca G. Tout comme elle ces moments ont été un dur cauchemar pour Yvette Agalati institutrice, « cette situation que j’ai vécue à l’enfance ne m’a pas permis de réaliser mes rêves, celui d’être une néphrologue. Je ne pouvais plus étudier puisque j’étais chargée négativement dans la tête à cause des séquelles, c’est vrai que je m’en sors aujourd’hui un peu, mais cette situation n’a pas manqué de laisser ses impactes puisque je suis à deux enfants de pères différents et sans mari ». Pour confirmer ces propos Clément Yargo, spécialiste des conflits conjugaux, directeur du centre International de la paix, des devoirs humains de la solidarité universelle, a clarifié, « l’enfant a besoin de la paix et cette paix il la trouve aux côtés de ses parents. La paix chez l’enfant, c’est l’affection et l’attention parentale. Quand l’enfant ne retrouve pas la paix auprès de ses parents à cause de la violence qui sévit dans le foyer, il perd confiance en lui-même et devient un fardeau pour la société ».

Comme le souligne le spécialiste de conflits conjugaux, tous ces événements ne sont pas sans conséquences sur le développement de ces enfants et sur leur éducation. Hugh Bocks dans son article « symptômes de traumatisme chez les enfants ” a indiqué que « ….ces enfants rencontrent très souvent des difficultés scolaires. En classe, ils ont du mal à rester concentrés et attentifs. Ils refusent de faire leurs devoirs scolaires et rencontrent des difficultés pour retenir les leçons et réaliser les exercices ».

Ce manque général d’intérêt pour les études va amener ces enfants à une chute de leur ambition et ainsi être mal considérés par leurs supérieurs. Simplement parce qu’ils ont tendance à se replier sur eux-mêmes, à s’isoler en refusant de s’ouvrir aux autres et de faire confiance.

De plus, ils réagissent en général de manière impulsive et vont résoudre leurs problèmes par la violence ou l’agressivité. « Gravement traumatisés par ce qu’ils ont vécu, ils restent des victimes tristes, anxieux, dépressifs avec un faible estime d’eux-mêmes », a fait savoir le directeur du centre international de la paix, des devoirs humains de la solidarité universelle.

A la longue, ces enfants devenus adultes, n’exerceront rien d’autres que la violence dans leurs comportements. « Quand j’ai eu l’âge d’avoir de petit ami, tous les hommes me fuyaient, j’étais non seulement arrogante mais aussi intolérable à travers mon indiscipline. Aujourd’hui, j’ai pu surpasser cette situation grâce à mon mari qui m’a rassurée, avec patience il m’a amenée à voir la vie autrement, il est tout pour moi », a indiqué Rébecca.

Pour Clément Yargo, «…. en partant déjà de son rendement scolaire, de son comportement envers ses camarades pour aboutir plus tard dans la vie professionnelle et privée , ces victimes n’ont plus recours à autre méthode pour régler les problèmes du quotidien, pour elles, seule la violence règle tout puisque c’est ce qu’elles ont toujours vécu ».

Tout n’est que problème de responsabilité bafouée et d’inconscience au niveau des parents, qui ne se soucient en rien du devenir de leurs enfants oubliant que « les coups de lanière laissent des traces mais les coups de parole brisent les os et la séquelle reste pour toujours », disait Clément Yargo, pour interpeller les parents à prendre conscience de leurs actes. L’attitude des parents à forcément d’influence sur la progéniture, comme le dit Victor Hugo « un enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Chaque enfant est le représentant de chaque famille dans la société.

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