CUEILLETTE PRÉCOCE DES NOIX DE CAJOU : Une pratique qui tue la qualité des amandes au Bénin

3 ans ago | Written by
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Il est loisible de constater au Bénin, que les propriétaires de champs d’anacardier cueillent les noix de cajou sans laisser les pommes tombées d’elles-mêmes. Une pratique qui a, sans doute des répercussions sur la qualité des amandes de cajou. La principale raison évoquée par les propriétaires, et qui fondent ce phénomène, reste et demeure, des cas de vols souvent enregistrés dans les plantations d’anacardier. Comment faut-il remédier à cette pratique qui tue la qualité des amandes de cajou au Bénin ?

Wilfried AGNINNIN

Les bonnes pratiques de récolte des noix de cajou ne sont pas respectées au Bénin par les producteurs d’anacarde. Malgré les formations données par les faîtières de cette filière, et les nombreuses sensibilisations sur les bonnes pratiques de récolte des noix de cajou, rien n’a pratiquement changé. Dans les champs d’anacardier, chaque propriétaire est muni de son bois qui lui sert à cueillir les pommes et les noix. Certains montent même sur l’arbre d’anacardier et le secoue afin de faire tomber les pommes. Selon les producteurs, cette pratique est due aux cas de vols enregistrés dans les champs. « On n’a pas le choix. Si tu ne cueilles pas très tôt, ce sont les voleurs qui viendront les cueillir à ta place. Ils viennent dans la nuit profonde, pendant que vous dormiez à la maison », a fait savoir Raymond B., un jeune propriétaire de champ d’anacardier à Tchaourou.

L’ancien Directeur Général (Dg) de la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (Fénapab) Issiakou Moussa est bien informé de cette pratique. Selon lui, les producteurs devraient laisser les pommes de cajou tomber et procéder au ramassage. Cependant, l’autorité évoque deux raisons qui sont à la base de cette pratique. Il s’agit notamment, des cas de vols des noix dans les champs et les acheteurs ambulants qui sillonnent à la recherche de ces produits.

Pour prévenir les voleurs et sécuriser sa ferme d’anacardier, Séverin A. a décidé de passer les nuits dans son champ pendant cette période de récolte. « Depuis que mes acajous ont commencé par tomber, j’ai commencé par dormir au champ pour pouvoir surveiller les personnes qui vont essayer de voler mes acajous », a-t-il expliqué.

Les Conséquences

Pour le technicien expert anacarde, Issiakou Moussa, les conséquences de la cueillette des noix d’anacarde sont énormes. « Il faut dire que cette pratique a des conséquences. Si le producteur va monter sur l’arbre et secouer pour que les fruits tombent, ce n’est plus seulement les fruits mûrs qui vont tomber, mais aussi les fruits non mûrs. Les fleurs aussi vont tomber. Au finish, ce sont les producteurs qui perdent », a-t-il expliqué. A l’en croire, le revenu du producteur en terme d’argent baisse. Issiakou Moussa de la Fénapab, évoque également comme conséquence, la détérioration de la qualité des noix. Selon lui, « la conservation de ces noix serait très difficile, parce que ses taux d’humidité sont très élevés, l’amande n’est pas bien formée à l’intérieur de la coque, et même si on mange l’amande, elle est acide. Une usine qui va acheter ces genres de noix, va rouler à perte ».

Quelques dispositions prises par les faîtières de la filière

Selon Issiakou Moussa, des formations sont données par la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (Fénapab) aux producteurs sur les bonnes pratiques de la récolte des noix d’anacarde. Le technicien agricole recommande aux propriétaires de champs, le gardiennage pendant la période de récolte qui dure environ 3 mois. Les producteurs doivent privilégier la vente groupée à travers leur coopérative. Selon lui, les paysans ne doivent pas céder leurs produits aux acheteurs ambulants dans les champs d’anacardier et au bord de la voie. A l’en croire, la plupart de ces acheteurs ont des bascules souvent déréglés. Le formateur au niveau de la filière anacarde au Bénin, Issiakou Moussa, a invité les producteurs à laisser les pommes tombées d’elles-mêmes avant de procéder au ramassage. Cela permettra d’assurer la qualité des noix.

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Comments

  • Tres belle analyse de la part des responsables de la filiere cependant concernant les cooperatives pour l’achat des noix d’acadjou si le gouvernement pouvait mettre en pratique et veillez a son survu sa permetra au producteur de beneficier car ces acheteurs ambulant taquinent les producteurs par les balances dereglé cependantnous savons tous q’apres le coton c’est l’acadjou qui est plus commercialisé au benin donc il faudra penser a sa réogornisation

    N'tcha hilaire 17 mars 2021 13 h 27 min Répondre

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