ELECTION DE LA RWANDAISE LOUISE MUSHIKIWABO A LA TETE DE LA FRANCOPHONIE : Un handicap pour l’organisation ou un défi pour l’Afrique ?

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ELECTION DE LA RWANDAISE LOUISE MUSHIKIWABO A LA TETE DE LA FRANCOPHONIE
Un handicap pour l’organisation ou un défi pour l’Afrique ?

Le dix-septième sommet de la francophonie qui s’est déroulé à Erevan en Arménie les 11 et 12 octobre dernier s’est consacré à l’élection de Louise Mushikiwabo comme la toute nouvelle secrétaire générale de l’organisation. La ministre des affaires étrangères de Paul Kagamé succède ainsi à la Canadienne Michaëlle Jean qui a été lâchée par le Canada et la province de Québec. Cette désignation a été sans surprise. Elle est une confirmation du dynamisme d’une nation et notamment du chef d’Etat Paul Kagamé. Néanmoins, au vue de l’état de démocratie et des questions des droits de l’homme dans le pays de la nouvelle secrétaire de l’Organisation Internationale de la Francophonie (Oif) en plus du désintéressement du chef de l’Etat Rwandais vis-à-vis de l’usage de la langue française dans son pays, on se demande si Louise Mushikiwabo pourra avoir les coudées franches pour défendre valablement les idéaux de Oif dont elle aura la lourde responsabilité de représenter dans les quatre prochaines années.
Edouard ADODE

Sans un doute et sans surprise, la Rwandaise Louise Mushikiwabo est désignée comme secrétaire générale de l’Oif. Ainsi, après une parenthèse canadienne de quatre ans, l’Afrique revient à la tête de cette organisation qui regroupe tous les pays du monde ayant le français en partage. La diplomate rwandaise a donc la lourde charge de représenter l’Oif pour les quatre ans à venir. Elle ne cache d’ailleurs pas son ambition pour l’Oif. Comme elle l’a affirmé dans son discours après son élection le vendredi dernier, «… je suis convaincue que notre organisation est à la croisée des chemins. Le monde dans lequel nous vivons, est un monde imprévisible, un monde qui est en déficit d’humanité quelque part, mais aussi un monde où les opportunités sont immenses. Et pour moi, ma mission, mon plan, mon ambition, c’est de placer l’organisation commune qui est la francophonie, à l’endroit qu’il faut ». Cette reconnaissance de la tâche qui l’attend est vraiment intéressante par rapport aux nombreux défis de l’Oif sur les plans culturel, politique, humanitaire et sportif.
Mushikiwabo, entre honneur et défis
Cette désignation se présente comme un honneur à l’Afrique qui détient une grande partie des pays de l’organisation. Ce résultat ne saurait être possible sans le dynamisme diplomatique du président Kagamé dont le leadership doit faire école dans le rang de certains chefs d’Etats africains. Ce président constitue un modèle de leader pour le continent noir. Il a su mettre le Rwanda sur les rails de développement après une longue période sombre de génocide. Pour les quatre prochaines années, la francophonie sera certainement impactée par le Rwandais avec un accent particulier sur la culture et le sport. Car, il est tant que la francophonie cesse d’être uniquement un instrument politique.
Cependant face aux questions des droits de l’homme, le Rwanda semble être loin des vœux de la communauté internationale. De même, il n’est plus un secret pour personne que ce pays a développé un penchant à la langue anglaise au détriment du français qui perd la côte au fil du temps au sein de sa population. Paul Kagamé s’exprime rarement en français à cause de son amour pour l’anglais. A priori, ces éléments ne sont en réalité pas de nature à favoriser à la nouvelle secrétaire de l’Oif la défense des idéaux de l’organisation. Ce qui fait d’ailleurs dire à bon nombre d’observateurs, qu’elle n’aura pas les coudées franches pour assumer les responsabilités liées à ce poste. Elle doit alors faire l’effort de se départir des éventuelles pressions intérieures de son pays, pour servir valablement l’Oif selon l’esprit des pères fondateurs de l’organisation pour l’honneur de l’Afrique comme l’avait fait le sénégalais le Abdou Diouf.
Cette désignation de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Oif peut être considérée comme un appel de pied de la France à Kagamé qui s’éloigne de plus en plus du pays colonisateur vers des d’autres horizons.

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