LUTTE CONTRE LA VENTE DE L’ESSENCE FRELATEE PAR LE GOUVERNEMENT TALON : Un canular ?

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La commercialisation de l’essence de contrebande est une filière qui évolue au Bénin. Si la proximité du Bénin avec le Nigéria facilite le transport de cette denrée, cela hypothèque les luttes que mènent des gouvernements successifs pour enrayer la vente de l’essence frelatée qui absorbe de milliers de jeunes. Ainsi en dépit des sanctions prévues par la loi, le fléau prend d’ampleur et cause ainsi de nombreux dégâts. Le gouvernement de la rupture a déployé toute son énergie ne serait-ce que pour restreindre cette filière au Bénin, mais elle subsiste en dépit de tout.

Daniel KOUAGOU (Stg)

 

La vente de l’essence frelatée communément appelée  «Kpayo» se fait dans la quasi-totalité des localités du Bénin. Ces petits stands installés souvent aux abords des rues permettent aux clients de s’approvisionner de ce liquide précieux pour leurs véhicules à vil prix comparativement à celui des stations d’essence officielles. Les gouvernements successifs ont tenté d’enrayer le fléau mais en vain. Le gouvernement actuel du Bénin a également mené plusieurs actions dans ce sens. Ainsi, les députés ont adopté en juin 2018 la loi 2018-15 portant code pénal en République du Bénin. Dans ce projet de loi introduit par le gouvernement béninois depuis 2001, stipule en son article 929 que « le commerce des carburants notamment : essence super, essence tourisme, pétrole, gas-oil, mélange deux temps, ainsi que celui des lubrifiants aux abords des rues dans les agglomérations, et tout endroit autre que dans les dépôts et installations de la Société Nationale de Commercialisation des produits Pétroliers (Sonacop) ou des distributeurs agréés sont rigoureusement prohibés ».
L’instauration de cette arme juridique avait suscité une lueur espoir en son temps quant à la suppression du commerce de l’essence de contrebande.

Mais hélas !
Après deux ans de la promulgation de cette loi par le chef de l’État Patrice Talon, le fléau continue toujours par exister et prend d’ampleur.
Mais la persistance de cette filière pourrait s’expliquer par plusieurs paramètres.

En effet ! Face aux problèmes de l’insertion professionnelle, nombre de jeunes optent pour la vente de l’essence de contrebande pour subvenir à leurs besoins fondamentaux. Il n’est secret pour personne que l’accès à l’emploi après les études est presqu’une équation insoluble. Aussi la proximité avec le Nigéria favorise le trafic.
Ainsi la commercialisation de cette denrée fait des fortunés et des malheureux avec ses feux ravageurs qui causent d’énormes dégâts matériels que humains.
Par ailleurs, en dépit des sanctions prévues par la loi, les commerçants de l’essence frelatée semblent ignorer le risque qu’ils encourent en continuant dans ce secteur illégal.
Même si le phénomène semble avoir la peau dure, la responsabilité du gouvernement est également engagée d’autant plus que plusieurs stations d’essence sont fermées sans une solution alternative.

Pour en finir véritablement avec ce secteur d’activité illicite, iI va falloir que le gouvernement béninois multiplie des actions dans la lutte contre la vente de l’essence Kpayo, tout en créant des services stations dans toutes les localités. Aussi, l’État doit-il créer des conditions favorables pour les myriades de jeunes qui se heurtent dans la nature pour les orienter dans d’autres secteurs.

 

Daniel KOUAGOU (Stg)

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